‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 233 sur 247 · L'autel nous offre un avant-goût de la félicité qui nous · texte numérisé non relu

L'autel nous offre un avant-goût de la félicité qui nous

attend au ciel.

.")" En prenant l'étolo r

Redde mihi, Domine, stolam immortalitatis *, quam perdidi in pr;evaricatione primi parenlis; et quamvis indignus accedo ad tuum sacrum mysterium, merear tamen gaudium sempiternum^.

1. L'évèque, dans l'ordination, appelle cette même étole, stola candida, stola innocontix .

2. Faites, Seigneur, qu'en portant généreusement le joug de votre croix, je recouvre le droit que j'ai perdu à l'héritage du ciel; que je participe dès à présent aux fruits de votre résurrection , comme aux pouvoirs de votre pontificat.

GO En se revêtant de la chasuble ' :

Domine, qui dixisti : Jugum meum suave est et

omis meum levé, fac ut istud portare sic valeam, quod consequar tuam gratiam 2. Amen.

1. Sicut casula tegit omnes vestes, easqite continet et claudit in se, sic caritas. quse per eain significatur. continet et perficit cxteras virtutes. (Catech. caerem. ) La fonction la plus sainte exige la vertu la plus haute, et le plus grand acte de dévouement demande la charité la plus parfaite : Attendat sacerdos ut signum sine signifieato non ferai. (Inn. III, De Miss, i, 64.)

2. Faites, Seigneur, que je porte votre joug avec amour, de manière à le trouver léger et à obtenir à la mort voire grâce suprême qui est le ciel.

PRÉLUDE^ 1® Ar BAS DES DEGRÉS^

■\- In nomine Palris et Filii et Spiritus Sancti. Amen^.

Introibo ad altare Dei*. i^. Ad Deum qui laetificat juventutem meam^.

Judica me, Deus^, et discerne causam meam de gente non sancta : ab homine inique et doloso crue me'. ^. Quia tu es, Deus, fortitudo mea : quare me repulisti, et quare tristis incedo, dum afïligit me inimicus^?

Emitte lucemtuam, et veritatem tuam : ipsa me deduxerunt, et adduxerunt in montem sanctum tuum, et in tabernacula tua 'J. ^ . Et introibo ad altare Dei; ad Deum qui laetificat juventutem meam.

COMM ENTAI KE AIJHKGÉ 439

Confitebor tibi in cithara, Deus, Deus meus : quare tristis es, anima mea, et quarc conturbas me"'? R. Spera in Deo, quoniam adhuc confitebor illi : salutare vultus mei, et Deus meus '^

Gloria Patri et Filio, et Spiritui sancto : i^. Sicut erat in principio, et nunc, et seniper, et in stecula s.Tculorum, Amen ^-.

Introibo ad altare Deî : ^. Ad Deum qui loetificat juventutera meam ^'^.

1. Les premières prières du prêtre rappellent celles des justes de l'Ancien Testament dans l'attente du jMessie, et celles du Sauveur dans l'attente de son Sacrifice.

2. Descendu au bas des degrés, le prêtre fait l'inclination ou la génuflexion. Qu'il pense à l'abaissement du Verbe incarné ou à l'humble état de victime auquel il s'est réduit en venant sur la terre.

3. En faisant le signe de la croix, il convient de se dire qu'on va renouveler le sacrifice du Calvaire, et de reconnaître qu'on ne peut accomplir une telle action que par I autorité du Père, en la personne du Fils et en la vertu du Saint-Esprit. Désirer d'avoir la pensée de la croix dans l'esprit pendant toute la Messe comme on l'a devant les yeux.

4. Antienne. Elle exprime le premier sentiment du Sauveur en entrant dans le monde. (Heb., x, 7.) Ce doit être celui du prêtre au moment où il va monter à l'autel. — Altare Doi : l'autel de la terre est le même que celui du ciel, la même Victime étant offerte sur l'un et sur l'autre. C'est un Dieu, immolé à un Dieu, un Horamc-Dieu sans cesse en état de victime devant la divine Trinité.

5. Juventutcin : allusion à l'iiomme nouveau que la grâce de Notre-Seigneur a formé en nous (Col. m, 9), et qui ne doit pas vieillir, donec occurrainus oinnes in mcnsuruin letalis pli'iiitudinis Christi. (Eph., iv, 13.)

6. Ps. XLiie, qui n'a été inséré au Missel romain que par saint Pie V, mais qu'il est d'usage de réciter au commencement de la Messe, depuis le sixième siècle.

7. Sentiment du Fils de Dieu, venu ici-bas pour nous racheter et pour mettre un terme aux funestes effets de la prévarication du premier homme. Demander nous-mème de mourir entièrement aux inclinations vicieuses du vieil homme ou de notre nature déchue.

8. Dieu, qui est en Jésus-Christ pour réaliser son dessein de se réoncilier le monde, est en nous aussi, quoique nous ne sentions pas sa présence, pour nous soutenir par sa vertu et nous donner part à son œuvre.

9. Le temps des ombres et des figures est passé. Le Verbe incarné est la lumière véritable, le véritable Agneau de Dieu. C'est lui qui doit être immolé sur la sainte montagne et qui peut nous donner entrée dans les tabernacles éternels. Puisse l'Esprit-Saint éclairer nos esprits et nous faire voir à l'autel les réalités divines dont l'image est sous nos yeux !

10. La joie qu'éprouve un saint prêtre d'offrir à Dieu un digne Sacrifice ne l'empêche pas de trembler et de gémir dans la vue de son indignité. Notre-Seigneur lui-même n'a-t-il pas voulu éprouver celte tristesse au début de sa Passion ?

11. Néanmoins la confiance doit l'emporter. Notre Dieu est notre Sauveur. — Adhuc : c'est-à-dire comme avant la chute, dans l'état d'innocence.

12. Fin et fruit du divin Sacrifice. C'est dans l'immolation de l'Homme-Dieu que la sainte Trinité trouve la satisfaction réclamée par sa justice et sa gloire la plus parfaite.

13. On répète pour la troisième fois ce verset, qui exprime la principale idée du psaume. Penser ici à l'autel du ciel. On y parviendra sûrement, si l'on est renouvelé, régénéré par la grâce du Dieu Sauveur. Saint André

Avellin expira au pied de l'autel en prononçant ce verset (1608).

Adjiitorium nostrum in nomine Dominl, it). Qui fecit cœlum et terrnm*.

Confiteor^ Deo omnipotenti, beataeMariœsemper virp^ini, beato Michaeli archangelo, beato Joanni Baplistœ, sanctis apostolis Petro etPaulo, omnibus sanctis, et vobis, fratres, quia peccavi nimis, cogitationc, verbo et opère : mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa ^. Ideo, etc. i^. Misereatur ^.

— Confiteor Dco...

Misereatur vestri... Indulgentiam^... r). Amen.

Deus, tu conversus vivificabis nos®, iij. Et plebs tua lœtabitur in te.

Ostende nobis, Domine, niisericordiam tuam ; R'. Et salutare tuum da nobis '.

Dominus vobiscum ; r. Et cum spiritu tuo*^.

1. On dirait qu'après avoir exprimé le désir de monter à l'autel, le prêtre s'effraye à la vue de la grandeur et de la sainteté de Dieu, comme s'il entendait le Psalmiste s'écrier : Quis ascendet in monlcm Domini ? (xxxiii, 3), ou le Seigneur lui dire, ainsi qu'à Moïse : Solve calceamenta de pedihus tuis : terra enim in qua stas, terra sancta est. (Ex., m, 5.| C'est dans ce sentiment qu'il invoque le secours du ciel (Isai.,LXvi, 2 ), jet qu'il fait le signe de la croix, pour témoigner sa conGance dans les mérites du Sauveur crucifié.

2. Cette formule de confession, où l'on peut voir un souvenir de la pénitence publique, n'est pas très ancienne. Un Concile du quatorzième siècle l'a adoptée de préférence à toutes les autres. Elle ne suffirait pas sans doute pour rendre la grâce au pécheur qui l'aurait perdue ; mais elle a,

comme tous les sacramentaux, une vertu spéciale pour effacer les péchés véniels et augmenter la pureté de 1 àme. o. Le prêtre ne se borne pas à se dire pécheur devant Dieu : il se déclare tel publiquement devant ce que le ciel a ■de plus saint, et en présence des fidèles. Il confesse qu'il a commis des péchés de toute sorte, cogitatione, verbo et opère, et qu'il les a commis volontairement, par sa faute. A l'exemple du Publicain, il se frappe la poitrine, pour témoigner la sincérité de son repentir.

4. Souhait et prière, inspirés par la loi de charité qui oblige les chrétiens à aimer tous leurs frères et à désirer pour eux la vie éternelle.

5. Sorte de bénédiction que le prêtre accompagne du signe de la croix. La rémission des péchés est l'effet de la toute-puissance de Dieu aussi bien que de sa miséricorde.

6. « D'un seul regard vous nous rendez la vie. n La vie de la grâce doit suivre la rémission des péchés.

7. Verset du Psaume lxxxiv qui a pour but d'appeler le Messie sur la terre et que le prêtre applique à la venue du Sauveur sur l'autel. C'est le Fils de Dieu fait homme qui

est désigné par ces mots : misericordia et salutare .

8. Il faut que Notre-Seigneur soit dans les fidèles, pour les unir à son Sacrifice, et il faut que le prêtre n'ait qu'un même esprit avec lui, afin d'offrir dignement la sainte Victime. Dicturus Oremiis, sacerdos prsemittit Dominus vobiscum, dit Innocent III, quia nisi Dominus sit nohiscum. crare non possunius. (De off. miss., ii, 48.)

2° EN MON'TANT A l'aUTEL

Oremus ^. Aufer a nobis ^, quaesumus Domine, iniquitates nostras ; ut ad sancta sanctorum puris mereamur mentibus introire^, Per Christum Dominum nostriim. Amen,

Oramus te, Domine, per mérita sanctorum

("OMMENTAIRE ABRÉGÉ 443

tuorum, quorum reliquia* hic sunt ', et omnium sanctorum; ut indulgere digneris omnia peccata mea ^. Amen.

1. En disant Ori'nius\e prêtre élève les mains, parce qu'il est naturel de les porter rers Dieu quand on l'implore. C'est de cette manière que Notre-Seigneur pria sur la croix.

2. Remarquer ce mot a nohis, pluriel : vous avez à prier Dieu pour tous.

3. L'autel est la figure du vrai Saint dos saints, où l'oblation du Sauveur se doit consommer dans l'éternité. (Heb., IX. 12.)

4. Le prêtre baise l'autel à l'endroit où sont les reliques, pour témoigner sa vénération pour les saints et son union avec eux. L'usage de renfermer des reliques dans l'autel, ou de joindre à l'Agneau immolé les ossements de ceux de ses membres qui se sont immolés comme lui d'une manière sanglante, remonte au premier siècle. (Cf. Apoc, vi, 9.)

5. Remarquez ici le mot mea. Après avoir invoqué la miséricorde de Dieu sur tous les fidèles, vous devez l'employer pour vous-même en particulier.

r" PARTIE DE L.\ MESSE. DE L'IXTROIT A l'oFFERTOIRE*

introït 2

Kyrie, eleison. Kyrie, eleison. Kyrie, eleison. Christe, eleison. Christe, eleison. Christe, eleison. Kyrie, eleison. Kyrie, eleison, Kyrie, eleison^.

Gloria in excelsis Deo : et in terra pax hominibus bon.ne voluntatis^.

Laudamus te. Benedicimus te. Adoramuste. Glo-

rificamus te^. Cratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam ^.

Domine, Deus rex cœlestis, Deus Patei' omiiipotens'^. Domine Fili unigenite, Jesu Christe. Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patiis®.

Qui tollis peccata muqdi 9, miserere nobis. Qui tollis peccata mundi, suscipe deprecationem nostram. Qui sedes ad dexteram Patris, miserere nobis.

Quoniam tu solus sanctus; tu solus Dominus; tu solus altissimus, Jesu Christe '"; cum sancto Spiritu, in gloria Dei Patris, Amen.

1. Cette première partie est souvent appelée Messe des catéchumènes, parce qu'on permettait aux catéchumènes d'y assister, pour entendre les leçons qu'on y chantait, les instructions qu'on y donnait, et la profession de foi par laquelle elle se termine. Supra, p. 264.

2. L'Introït est à la Messe ce que l'Invitatoire est à l'Office. Il met l'esprit au point de vue où il faut être pour entendre ce qui est propre au jour, à la fête, au mystère. Presque toujours il est tiré du Psautier; mais au lieu d'être un psaume entier, comme à l'origine, il n'a plus que deux versets : le premier rappelant une perfection, un dessein, une disposition de Dieu à notre égard ; le second exprimant les sentiments que ce souvenir suggère à l'Eglise et à l'âme fidèle. Vient ensuite le Gloria Patri. pour rendre grâces de l'une et de l'autre ; puis la répétition du premier verset, sur lequel il importe de réfléchir. Cependant un certain nombre d'Introits sont empruntés aux Prophètes ; comme celui de Noël : Puer natus est nobis, et de l'Epiphanie : Ecce ad^enit. D'autres sont tirés des Livres sapientiaux; comme à la Pentecôte, Spiritus Domini, aux fêtes des

COMMENTA IKE ARREOÉ 445

Docteui's et des Confesseurs : In mcdio Ecclesise... Os Juati. D'autres, du iS'ouveau Testament, comme à l'Ascension : Viri Galilxi: à la fètc de saint Pierre : Nunc scio vere; à celles du Saint Nom de Jésus : In nomine Jesu; du Précieux Sang : Bedemisii nos; de saint Jean-Baptiste : Ne timeas, Zacharia. Il en est même qui ne font pas partie de la Sainte Ecriture, comme à la Trinité : Benedicta sit : aux fêtes de la sainte Vierge : Sahe, sancta païens, et de plusieurs saints : Gaudeamus omnes. Ces derniers Introtls ne sont pas de saint Grégoire le Grand, comme les précédents. Il est à remarquer que ce saint Pontife a tiré les passages des livres saints qu'il a rais au Missel ou à l'Antiphonaire de la Version italique, et non de la Vulgate de saint Jérôme, qui n'était pas encore suivie dans le chant des offices. L'Eglise de Rome continua même à se servir de l'ancien Psautier ; et par là elle évita les dissonances qui nous choquent quelquefois entre les leçons d'un même passage au Missel et au Bréviaire,

3. Le Kyrie est probablement un reste de la liturgie grecque, qu'on suivit d'abord dans les saints Mystères. On le voit en usage en Italie, deux siècles avant saint Grégoire. (Epist., Lxiv, lib. 7.) Cet appel à la miséricorde divine répété neuf fois, et adressé successivement aux trois divines Personnes exprime bien les gémissements, les soupirs, les vœux, les espérances de l'humanité avant la venue du Messie et le sacrifice du Calvaire. Le prêtre, en le disant, se place devant la croix afin d'implorer d'une manière plus touchante la miséricorde infinie de Dieu,

4. L'hymne des anges répond au Kyrie en annonçant la naissance du Sauveur et son immolation prochaine. (Luc, II, 13j 14.) Il est cité par saint Athanase comme faisant déjà partie de la liturgie. Au premier verset tiré de l'Evangile, l'Eglise en a ajouté d'autres pour exprimer les sentiments que lui inspire la présence du Dieu fait homme. Rien de plus simple ni de plus solennel.

5. Nous joignons nos louanges et nos adorations à la gloire infinie que le Verbe incarné a rendue à son Père dès son origine. Un fervent religieux, que sa dévotion portait à honorer spécialement le Verbe fait chair, répétait cent fois dans le jour ces paroles : Laudanius te: benedicimus te... quoniam tu soins sanctus... Prononçons-les avec respect, eu faisant d'esprit et de cœur l'inclination indiquée.

6. L'Incarnation est à la fois la plus grande grâce faite à l'homme et le plus glorieux hommage rendu à Dieu. Dieu et l'homme ont recouvré par la Rédemption plus qu'ils n'avaient perdu par le péché. C'est pourquoi nous disons : propter magnavi gloriam iuam. On pourrait dire : propter magnam misericordiain tuant, mais l'amour que noois avons pour Dieu nous porte à faire passer sa gloire avant notre intérêt, quel qu'il soit.

1 . Après avoir honoré l'unité en Dieu, l'Eglise confesse la Trinité, et invoque successivement chacune des trois personnes.

8. Jésus-Christ, Notre Seigneur, est Dieu par son essence, Fils de Dieu par sa propriété personnelle, et Agneau, ou Victime de Dieu par son union volontaire avec notre nature.

.9. Qui tollis peccata : ces mots répétés expliquent le titre d'Agneau de Dieu. Ils nous disent ce que notre Sauveur a fait pour nous, et quelle confiance nous devons avoir en lui.

10. Solus : ratione essentise, iiiter creaturas ; par conséquent sans préjudice du Père et du Saint-Esprit qui lui sont cousubstantiels : Hsec sanctitas £t celsitudo nulli naturx competit, prseter divinam Chris ti naturam.

Dominiis vobiscum. ^. Et cum spiritu tuo^. Oremus ^.

É P I T U E 3 GRA.DUiEL^

C (> M M K N T A I K K A R U K Tr K V'j'

1. Le Dominus vohisciim iiiditjuo uiio nouvelle série de prières, ou de cérémonies liturgiques. Cotle fois, le prêtre se tourne vers les fidèles en le prononçant, afin de faire plus d'impression sur eux et d'obtenir qu'ils s'unissent d'esprit et de cœur aux oraisons qu'il va dire en leur nom.

2. Oremiis : parole d'exhortation destinée à réveiller la ferveur. La prière suit naturellement la louansçe. Celle que l'on fait ici a pour objet de demandci- à Dieu une grâce relative au mystère ou au saint que l'on célèbre. On observe qu'elle a d'ordinaire un rapport marqué avec V Introït • comme la Secrète avec l'Offerloire, et la dernière Oraison avec la Communion. On rappelle Collecte, soit parce qu'elle se fait au nom du peuple rassemblé, pro collecta plehe, soit parce qu'elle est comme l'expression abrégée des vœux que chacun doit former au fond du cœur. Saint Gélase est l'auteur de plusieurs de ces Collectes; mais c'est saint Grégoire qui en composa le plus grand nombre. Elles disent beaucoup en peu de mots; et leur concision, en harmonie avec l'austérité des premiers temps, n'exclut ni la clarté, ni la variété, ni même une certaine élégance. En général c'est au Père éternel que la prière s'adresse, comme c'est à lui que le Sacrifice est offert. D'abord on lui rappelle, pour le toucher, un de ses attributs ou un de ses bienfaits ; ou bien on lui représente le besoin qu'on a de son secours; puis on expose la faveur dont on sent le besoin, avec le molif le plus propre à nous le faire obtenir; et enfin on termine par ces mots : Per Dominum nostrum Jesum Christum (Rom., v, 1), pour reconnaître que notre Sauveur, son divin Fils, est seul capable de lui faire agréer nos demandes; et pour protester que nous mettons toute notre confiance dans le mérite de son Sacrifice.

3. Une lecture des écrits des Apôtres ou des livres des Prophètes succède à la prière. Par là l'Eglise semble nous avertir que, si nous voulons que Dieu nous écoute, il ne faut pas nous contesnter de lui parler, mais que nous devous aussi

prêter l'oreille à ses enseignements et pratiquer sa loi. (Joan., XV, 7.) Comme les prophètes ont précédé et prédit Notre-Seigneur, comme les Apôtres marchaient devant lui dans la Judée pour l'annoncer et préparer les esprits à profiter de sa parole (Luc, x, 1), la lecture de l'Epître a toujours précédé celle de l'Evangile, dont elle est l'annonce et la préparation naturelle. On doit la faire avec respect, honorant Dieu dans sa parole, et regardant les instructions des écrivains sacrés, comme autant d'oracles qui nous sont envoyés du ciel pour nous sanctifier : Tanquam litteras de vielle cœli melleas et de lumine Dei luminosas (S. Aug., Conf., IX, 4), et tanquam epistolas omnipotentis Dei ad creaturam suam. (S. Greg., Hb. IV, Epist. lxxxiv.)

4. Le Graduel suit l'Epître comme le Répons suit la Leçon au Bréviaire. Il a pour but de nous faire réfléchir sur l'instruction contenue dans l'Epître, de nous porter à louer Dieu des vertus du saint, à demander pardon de nos défauts, à ranimer notre confiance et nos saints désirs. Le mot hébreu, alléluia^ est un signe de l'union des chrétiens avec l'ancien peuple de Dieu; comme les termes grecs, conservés ou latinisés, marquent l'union de l'Eglise latine actuelle avec l'Eglise primitive et avec celle des Grecs unis.

Munda cor meum ac labia mea, omnipotens Deus 1, qui labia Isaiee Prophetae calcule mundasti ignito^, etc.

Jubé, Domine, benedicere.

Dominus sit in corde meo, et in labiis meis, ut digne et competenter annuntiem Evangelium suum. Amen "'.

Dominus vobiscum. ï$. Et cum spiritu tuo.

Initiuni, on Sequentia -J- sancti Evangelii secundum A^. *, ^. Gloria tibi, Domine.

^. Laus tibi, Christe^.

Per evangelica dicta deleantur nostra delicta ^,

1. On lit cette prière, en termes presque identiques, dans la liturgie de saint Jacques. En la récitant devant la croix, le prêtre s'unit aux dispositions du Sauveur s'offiant à son Père pour aller prêcher la doctrine du salut au milieu du monde.

2. Les lèvres d Isaie étaient profanées pour avoir servi à un autre usage qu'à procurer la gloire de Dieu. (Is. , vi, 6, 7.) — Calculas ignitus : figure des flammes célestes qui devaient purifier et embraser les Apôtres. Supra, p. 318, 352.

3. Dominus : Que ce ne soit pas seulement sa grâce qui nous accompagne; mais que lui-même soit dans notre cœur et sur nos lèvres, afin que nous n'ayons qu'à lui prêter une langue pure et une volonté docile.

4. En prononçant ces mots, le prêtre fait le signe de la croix sur ses lèvres, sur son front et sur sa poitrine, afin d'obtenir par la vertu de la croix la grâce d'avoir toujours l'Evangile dans le cœur et sur les lèvres, et surtout celle de n'en jamais rougir.

5. L'Evangile vient après l'Epître, comme terme et couronnement des révélations divines. (Heb., i, 1. Cf. Euseb. Hist.. H, 15.) 11 se lit avec une solennité particulière. Tâcher de saisir le rapport qu'il a avec la fête ou le mysière qu'on honore; et en prononcer les paroles avec l'attention et le respect qu'elles méritent. Supra, p. 211.

6. Action de grâces à Xoti'e-Seigneur pour la publication de l'Evangile : qui dextruxit quidein inortem, illuiiiinavit autem vitam et iiicorruptionein per Evangelium. (Il Tim., I, 10.)

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