Ipso enim sciebat quid esstt facturus. (Joan., vi, G
ces, ses louanges, ses supplications qu'il offrait à la Majesté divine : c'étaient encore les sentiments et les œuvres que ses membres devaient, qu'il devait leur suggérer dans la suite du temps; c^étaientnos pénitences volontaires, nos privations, nos mortifications, nos bons propos, nos dispositions saintes. C'étaient les travaux des Apôtres, le sang des martyrs, les épreuves des confesseurs^ les tribulations des justes, le dévouement de tous ses ministres. C'était l'abnégation des religieux, l'austérité des anachorètes, les macérations des pénitents, la vie humble et mortifiée des vierges, les austérités, l'obéissance, les supplications de tous. En un mot, c'étaient tous les sacrifices intérieurs et extérieurs dont sa croix allait donner l'idée et que sa grâce ferait accepter et pratiquer par tous les vrais fidèles jusqu'à la fin des siècles'. Le fils de Dieu voyait dans l'avenir tous les actes de religion, de patience, d'humilité, de pénitence, de charité^ de zèle que sa grâce produirait dans les chrétiens, et les unissant aux siens, il les faisait agréer à son Père, comme les fruits d'un même esprit et les éléments d'un même sacrifice.
Nous n'entendons pas, assurément, que les mérites des membres aient rien ajouté au mérite du chef. Qui ne sait qu'ils en découlent et qu'ils lui doivent toute leur valeur? Mais ils en montrent la richesse, de même que les ruisseaux font connaître l'abondance de leur source. Les vertus des chrétiens^ ayant pour principe l'esprit du Sauveur, témoignent du zèle qu'il a pour la gloire de son Père, de l'ardeur et de l'énergie de sa charité. Il
1. Qaod est spiritus noster, id est anima nostra ad membra nostra, hoc est spiritus sanclus, ad membra Chiisli, ad corpus Christi, quod est Ecclesia. (S. Aug., Scrm. cclxxvii, 4.)
ne lui suffit pas de bénir seul, d'aimer seul l'auteur de tous les biens : il veut des milliers de cœurs et des milliers de lèvres pour l'aimer et le bénir avec lui^. Il ne se contente pas d'immoler son corps et son âme en réparation des crimes commis contre la Majesté divine : il lui faut des millions d'âmes et des millions de corps à immoler avec lui dans un même holocauste. C'est ainsi qu'il est l'unique adorateur et l'unique victime, sans que nous laissions d'adorer et d'expier comme lui. On voit quelle est l'unité que Jésus-Christ a mise en son Eglise, et quelle union doit régner entre ses membres et lui ^. Nul ne va au Père que par lui ; nul ne l'honore sans lui ou indépendamment de lui. Pour ce qui est des vertus et des œuvres surnaturelles, c'est lui qui possède tout : il est le principe de tout^; nous ne faisons avec lui qu'une seule et même personne"*. Il agit en notre nom et nous agissons au sien. Nous prions, nous adorons, nous expions; et c'est son esprit qui prie, qui adore et qui satisfait en nous. Il meurt pour nous et nous mourons en lui ^. Il s'offre, il se consacre, il s'immole à Dieu, et nous sommes offerts, consacrés, immolés avec lui. En réalité, il n'y a pour Dieu qu'un seul hommage, un seul culte, un seul sacrifice, celui de l'Homme-Dieu notre prêtre et notre victime ; et c'est ce sacrifice, pris
1. Magnificate Dominum mccum, et exaltemus nomcn ejus in idipsum. (P8., xxxin, 4.)