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Du droit de famille

En novembre 1838, un jeune homme, quittait pour la première fois sa ville nalalo et venait à Paris dans l'intention d’y suivre les cours de la Faculté de droit. Séparé de sa famille, entrant dans une vie nouvelle où lui manquait tout appui, il se sentit bien souvent découragé. Ce qui le sauva, ce qui décida de son avenir, ce fut en grande partie l’enseignement du professeur au cours duquel il avait été inscrit pour le Code Napoléon. Cette parole, que distinguaient à la fois la netteté et la profondeur, le captiva, et peu à peu lui inspira la volonté d’enseigner, aussi lui, cette belle science du droit.

Le professeur, c’était M. Oudot; le jeune homme, c’était moi.

Pendant plus de vingt ans, l'affection la plus dévouée et la plus sincère a existé entre nous. Les services qu'il m’a rendus ne sont pas de ceux qu’on oublie jamais. Aussi aije pleuré sa mort comme peu de temps après j'ai pleuré celle de mon père.

Je viens aujourd'hui accomplir en partie un dernier vn*u de mon maîira bien-nimé; je lui demande seulement de me pardonner le retard subi par celle publication.

Le testament de M. Oudot(18 août 1802) contenait le passage suivant :

« Toutes mes espérances... sont dans une trentaine de « cartons contenant un ouvrage sur le Code Napoléon. « J’ai la conscience que la publication de cet ouvrage se- « rait utile... Puissent ces travaux de toute ma vie n’étre « pas perdus !

« Le Code contenant les dispositions applicables à toutes a les branches du droit, et le Code du droit de famille, sont a à peu près en état de paraître. Que ces deux parties ne « soient pas perdues! Que j’aieau moinscetteconsolation.

« C’est dans mon cher collègue Démangeai que j’espère ; « c’est à lui que je confie le soin de publier ces deux ou « trois volumes... »

Il va sans dire que je n’ai pas hésité une minute à faire ce qui m’était ainsi demandé. Mais il ne m’a été possible qu’en novembre 18GG, de me consacrer à ce travail, et aujourd’hui je publie seulement ce que M. Oudot appelait le Code du droit de famille.

Un mol sur la part très-modeste qui me revient dans cet ouvrage. Le manuscrit (contenu dans deux cartons) se

vu

composait do parties fort dissemblables. Tantôt le travail était achevé : il n'y avait qu’à remettre les feuillets à l’imprimeur. Tantôt, au contraire, les idées avaient été simplement indiquées; la phrase n’était point faite. Mon attention constante a été qu’il n’y eût pas défaut d’harmonie trop sensible entre les parties qui appartiennent à M. Oudot, pour la forme comme pour le fond, et celles qui ne lui appartiennent que pour le fond. Plaise à Dieu que je n’aie pas maladroitement défiguré l’œuvre du maître !

Paris, 2 juillet I8G7.

Ch. DEMANGEAT.

C.e que nous appelons droit de famille si- trouve téglé par un certain nombre de dispositions éparses dans le Code Napoléon, particulièrement dans le Livre premier de ce Code. Livre intitulé Des Personnes.

Nous allons «l'abord déterminer avec soin .«pfels sont, à vrai dire, les objets du droit de famille, puis étudier successivement ces différents objets.

Nous traiterons ensuite devlroits et obligations de famille considérés : 1" au point de vue de Y acquisition ; 2° au point de vue des modalités; 3“ au point de vue de Y extinction.

Avant tout. qu‘est-ce que la famille?

Le mot famille, pris tlans son sens le plus large1, désigne la collection des personnes unies par les liens suivants :

1° Lien de cohabitation entre l'homme et la femme:

■ 2“ Lien de parenté:

3“ Lien d'alliance;

t° Lien d'amitié. — soit d amitié pure et simple, soit d'amitié fortifiée par les relations d'adoption entre vifs, de tutelle ollicieuse «ni d adoption testamentaire.

1. Sur le» acceptions diverses du mol latin familin, vov. Ulpien, L. 11)5, U., Ile

lerûor, siguif. (l. IG).

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