III. Jésus-Christ est pontife, l'KgUse est son temple
Le sublime et divin sacerdoce de Jésus-Christ exige que tout ce qui en#e en contact avec lui soit sanctifié : d'abord les objets inanimés qui se rattachent, à des degrés différents, au service du culte; puis, et à plus forte raison, les hommes, tous les hommes, attendu que le Christ, comme pontife, a offert le sacrifice sanglant sur la croix pour le genre humain tout entier. Cette sanctification et cette consécration, c'est dans le baptême qu'ils les reçoivent; et c'est dans ce sens que l'Apôtre, en parlant des chrétiens, s'écrie : « Vous êtes une race choisie, un sacerdoce royal, un peuple saint. »
Toutefois de la masse des baptisés quelques-uns sont choisis, élus par sort divin (xX^ipc;), et investis par une consécration particulière que leur confèrent les apôtres et leurs successeurs, du pouvoir d'exercer les fonctions sacerdotales, et d'offrir le sacrilice non sanglant de l'autel. Ce sont eux qui, avec les successeurs (les apôtres, forment le sacerdoce proprement dit ; c'est à eux que se rattachent, par une ordination spéciale aussi, d'autres minis- Ircs d'un ordre inférieur, pour former tous ensemble la hiérarchie du ministère. Ainsi l'homme est initié par l'ordination au sacerdoce particulier, et parle baptême au sacerdoce général.
Hais ce ne sont pas seulement ces commencements de lu vie sacerdotale de l'homme qui sont marqués par les mystérieuses consécrations que Jésus-Christ lui-même a instituées ; la vie tout entière est successivement consacrée et transformée par de semblables mystères. L'homme est affermi dans la foi par la confirmation ; son âme, rendue infirme par le péché, trouve sa guérison dans ia pénitence; dans le sacrement de l'autel, où Dieu lui-même lui donne sa chair en pâture et son sang en breuvage, l'apaisement de sa faim et de sa soif; dans l'extrême-onction, les consolations qui lui adoucissent le dernier passage ; enfin, le lien naturel qni unit l'homme et la femme est également consacré, et avec lui, la famille sanctifiée.
Maintenant, si nous faisons l'application de ces considérations
en regard du but qu'il s*agit d'atteindre, pour y trouver la base d'une systématisation rationnelle, nous verrons toute Féconomie du droit ecclésiastique se développer naturellement dans trois grandes divisions principales, correspondant aux trois grands pouvoirs conférés à TÉglise. Conformément à ce plan, nous allons présenter successivement, au point de vue des trois pouvoirs conférés à rÊglise : IMes principes généraux de son droit; 2" le développement de ses rapports avec TËtat et avec les diverses confessions politiquement autorisées; 3" enfin l'indication des sources de la science.
Ce premier ouvrage terminé, si Dieu veut bien nous en donner le temps et la force, nous en entreprendrons un second, où nous essayerons de traiter les questions particulières, eu les rattachant, dans le même ordre, aux principes généraux que nous allons exposer.