‹ Du Foie InfectieuxChapitre 13 sur 69 · INFECTIONS BILIAIRES (ICTÈRES INFECTIEUX · texte numérisé non relu

INFECTIONS BILIAIRES (ICTÈRES INFECTIEUX

C’est en continuant l'étude des systématisations des cirrhoses et de leur pathogénie qu'est née l’étude des infections bibaires, que Hanot dans sa thèse soupçonnait déjà lorsqu'il donnait à la cirrhose hypertrophique avec ictère, comme origine, une n/lammation d'origine infectieuse des plus fins canalicules biliaires.

Bien antérieurement, pour les hépatites aiguës, et il faudrait presque remonter à Hippocrate et à ses successeurs, on

avait vu des maladies aiguës désignées comme ataxo-adyna-

=: 99 miques, malignes, putrides, s'accompagner d’un ictère intense et tuer rapidement le malade.

Le microscope aida à constituer la classe des hépatites aiguës avec lésions rapides des cellules se traduisant cliniquement par de l'ictère, des troubles gastro-intestinaux et nerveux, des hémorrhagies et de la fièvre.

Parmi ces hépatites, les unes évoluaient à la façon d'une maladie aiguë infectieuse d'emblée sans affections primitives antérieures ; ce furent les êctères graves primitifs dont l'étude commence à Rokitansky (1843), Budd (1845), Ozanam (1846-1849) et divise bientôt les observateurs : les uns, ne voyant dans l’ictère qu’une maladie locale, l’atrophie aiguë ou l'hépatite parenchymateuse diffuse (Lebert, 1854: Bamberger, 1855; Frerichs, 1858), les autres en faisant une maladie infectieuse générale à localisation hépatique (Monneret, Genouville (1859), Hérard, Blachez, Trousseau).

D’autres ictères, s'accompagnant des mèmes signes, mais avec le plus souvent de l’hypertrophie du foie, survenaient comme mode de terminaison dans des maladies chroniques du foie avec ou sans ictère et constituaient alors une véritable asystolie du foie (Rendu), une asphyxie hépatique (Jacoud), tuantles malades par insuffisance hépatique.

Ces ictères furent nommés par analogie avec les premiers ictères graves secondaires.

Lesictères graves, d’abord isolés, furent, grâce à la bactériologie, rapprochés des autres variétés d’ictères et on leur donna la désignation générique d'ictères infectieux, divisés d’après leur évolution en sctéres infectieux bénins et en ictères infeclieux graves, en laissant toutefois l'atrophie jaune aiguë,

comme terme extrême de la série.

De cette classe d’ictères infectieux se détacha une variété d'ictères infectieux appelés en France zctères à rechute et décrits d’abord par Mathieu, puis par Landouzy, qui créa la dénomination de {yphus hépatique pour des cas semblables à ceux décrits par Mathieu.

Plus tard les Allemands attribuèrent à Weill le mérite de la découverte et firent de l'ictère à rechute, la maladie de Weil.

Il nous faudrait poursuivre l’histoire des ictères pour monirer comment, par la recherche de la pathogénie des ictères infectieux et du rèle des microbes, on est arrivé à constituer les enfections biliaires. C'est en joignant aux travaux de ses devanciers ses recherches personnelles que Dupré a pu faire sur cette question une longue et très complète monographie.

Le microbisme du duodénum étant de mieux en mieux connu; Duclaux, Netter, ayant montré que les microbes du duodénum pouvaient envahir le cholédoque, la pathologie des infections biliaires est alors tout entière dans les énfections biliaires ascendantes d'origine intestinale.

Les suppurations hépatiques, les angiocholtes, les cholécystites, les hépatites aiquës infectieuses, deviennent des plus faciles à expliquer, et les travaux de Klebs, Eppinger, Hlava, Balzer, Boinet et Boy-Tessier, Charrin et Roger, Le Gall, Girode, Dupré, Letienne, etc., etc., constituent à l’origine microbienne des démonstrations qui semblent irréfutables.

Mais, comme le dit Chauffard « que de faits peu concordants, souvent peu précis, que de constatations négatives, que de faits où l'examen des coupes du foie, les cultures mêmes, n'ont donné aucun micro-organisme ! »

Il est des cas qu’on ne peut expliquer que par l’action des

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toxines intestinales détruisant la cellule hépatique. A ces toxines on peut joindre les toxines intrinsèques, seules capables de provoquer ces cas d’ictère catarrhal infectreux survenant sous forme d'épidémie dans des familles, des maisons (Kelsch, Henning), ou bien sous forme sporadique chez des malades exerçant des professions les exposant à des émanations putrides, tels: les bouchers (Fiedler, Vierordt, Nauwerck, Chauffard, Syeirz, Perret), les égoutiers (Landouzy (1883), Stirl, Ducamp, Lancereaux), maladies que nous croyons pouvoir être provoquées par l’inhalation de certains produits saprophytes ou par l'absorption de ces saprophytes eux-mêmes (1).

Au milieu de toutes ces causes multiples d'infections biliaires, 11 faut être éclectique et voir à côté des agents microbiens multiples capables de provoquer des infections biliaires, le rùle considérable joué, comme l'a inontré Bouchard, par les auto-intoxications complexes et Les intoxications agissant soit comme cause prédisposante soit comme cause adjuvante.

Or, rien n'est plus capable de produire des auto-intoxications que les maladies infectieuses d’une part, et les troubles de nutrition d’autre part, que ces troubles soient liés à une diathèse (syphilis, cancer, tuberculose, etc.), à un vice de régime (a/coolisme), à des empoisonnements professionnels (plomb, cuivre, mercure), ou à toute autre cause capable de

modifier la vitalité des cellules.

(1) Ayant été frappé de certains faits survenus dans l'épidémie dite des perruches infectieuses (Archives de médecine, mai et juin 4892), j'ai, avec un des stagiaires de M. le docteur Hanot, M. Leroy des Barres fils, continué quelques recherches sur le saprophytisme, recherches publiées dans un travail sur le choléra (Archives de médecine, fév. 1893).

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