‹ Du Foie InfectieuxChapitre 30 sur 69 · CT RE · texte numérisé non relu

CT RE

tales, Infiltration embryonnaire totale surtout péri-canaliculaire, Amas nodulaires infectieux irrégulièrement disséminés dans le lobule. Sclérose capillaire avec cellules de leur endothélium à figures karyokinétiques. Cellules tuméfiées à plusieurs noyaux, la plupart cachées par les cellules embryonnaires.

EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE. — Kuehne et Gram : coccus ovoïdes dans les capillaires, Kuehne : filaments et bâtonnets dans les capillaires et les nodules embryonnaires.

Obs. 90. — Salle Aran, n° 18 (Hanot et Luzet). — Tuberculose pulmonaire chronique avec cavernes. — Foie gras. — Ulcérations tuberculeuses de l'intestin grélechez un syphilitique.

D.., vingt ans. Tonnelier. Entré le 26 décembre 1889. Décédé le 15 mars 1890.

AUTOPSIE. — Foie. — 2100 grammes: hauteur, 30 centimètre; largeur, 20 centimètres ; épaisseur, 7 centimètres. — Coloration jaune avec zones rosées plus ou moins abondantes suivant les endroits. Lisse et ne donne pas la réaction de l’amyloïde avec la teinture d’iode.

Intestin grêle. — Trente à quarante ulcérations de la grosseur d’une lentille. Il y a aussi des ulcérations dans le gros intestin. Injection de la muqueuse très prononcée depuis le duodénum jusqu’à la valvule iléocæcale. Cette injection se retrouve dans ie cæcum.

EXAMEN HISTOLOGIQUE. — Foie tuberculeux ; tubercules au début avec sclérose légère pérituberculeuse. Rares blocs de matière amyloïde dans les capillaires.

Foie. — 1/1 Leurz. — Lobulation normale, pas de sclérose, pas d’élargissement des espaces portes, ni d’épaississement des veines sus-hépatiques. Dilatation des capillaires de la partie moyenne du lobule. Onne voit pas de tubercules à ce grossissement (25 D).

4/4 Lerrz. — Rien d'autre que ce qu’on voit au grossissement précédent. Ordination trabéculaire normale à peu près partout, cependant par places les travées deviennent plus étroites par augmentation de diamètre des capillaires et le foie prend l’aspect que l’on trouve entre les nodules dans l’évolution nodulaire ; il n'existe cependant pas d’évolution nodulaire.

4/7 Leirz. — Espaces portes. — Ronds, normaux, peu d’envahissement scléreux des couches cellulaires environnantes. Pas de multiplication des canaux biliaires, pas de phlébite, pas de multiplication des noyaux.

. Veines sus-hépatiques. — Parfaitement saines.

Ça et là dans la partie moyenne du lobule on trouve des plaques de

sclérose très peu étendues, que l’on découvrait déjà avec 1/4 Leitz.

UE

Il existe là une multiplication plus ou moins considérable de noyaux ronds.

Les cellules hépatiques sont séparées des travées atrophiées, granuleuses et finissent même par disparaitre.

Dans ces plaques on voit quelquefois, pas toujours, des noyaux arrangés en séries régulières (néo-canalicules biliaires). Au centreon ne voit pas de caséification, mais on voit une matière granuleuse semblant provenir de la fonte des cellules hépatiques (?).

Dans le voisinage de ces amas, on peut voir dans les coupes au picrocarmin des blocs vitreux de matière amyloïde, très rares.

En outre dansla partie moyenne du lobule on voit une augmentation d'épaisseur de la paroi des capillaires, beaucoup moins prononcée que le foie de Rostan, 18, mais bien nette.

Nulle part cellule géante.

Les cellules hépatiques sont saines sauf un peu d’atrophie par compression dans le point en rapport avec des capillaires dilatés.

Obs. 91. — Salle Magendie, n°9. — Cirrhose tuberculeuse.

AUTOPSIE. — Foie. — 1830 grammes.

Périhépatite bien accusée à la face convexe. Dans les points où l'on peut enlever les fausses membranes, aspect granuleux de la surface ; la granulation était moins fine que celle qu’on observe dans la cirrhose alcoolique.

Cet aspect granité se compose de granulations fines blanchâtres, légèrement saillantes, séparées par un tissu brunâtre. Sur la coupe le tissu est résistant, moins toutefois que la sclérose alcoolique.

Il est impossible de faire pénétrer le doigt, même avec une pression considérable,

Bile fluide, jaune citron.

EXAMEN HISTOLOGIQUE. — Foie tuberculeux. Évolution nodulaire généralisée. Absence de foyers tuberculeux. Pas de cirrhose. De place en place dans les nodules foyers de dilatation des capillaires.

0/1 Leirz. — Pas d'augmentation d’epaisseur des gaines conjonctives des espaces portes. Evolution nodulaire de tous les parenchymes.

Dilatation par places des capillaires, qui donne une apparence caverneuse à la coupe.

Les parties claires contiennent beaucoup de graisse.

0/4 Lerrz. — Ce grossissement ne donne pas d'autre renseignement sinon la présence au centre d’un certain nombre d'ilots graisseux, de petites plaques conjonctives irrégulières à bords déchiquetés et dans lesquelles on ne voit pas d'ailleurs de trace de néo-canalicules biliaires.

Le D

Du 7,1

Au pourtour d'un certain nombre d'espaces portes de petit diamètre se voit une infiltration de petites cellules rondes assez diffusées périphériquement du côlé du lobule, sans trace d’ailleurs de caséification centrale.

Le lobule est par conséquent divisé en un grand nombre de petits nodules à centre graisseux, à périphérie formée de cellules aplaties par la compression excentrique et dont une partie de la circonférence est constituée par de grosses travées hypertrophiées.

Pas de tubercules véritables.

Obs. 92. -- T..., caissière, salle Rostan, n° 18 (Hanot et Luzet). — Tuberculose pulmonaire chronique avec cavernes. — Foie gras tuberculeux. — Ulcération simple ou urémique de l'intestin. — Gros reins blancs.

AUTOPsIE. — Le 13 mars 1890.

Foie. — 1350 grammes. Lisse à la surface, pas de dépoli, pas de tubercules à la surface; sous la séreuse le foie paraît gris avec des herborisations vasculaires rares délimitant les lobules; on voit aussi quelques tubercules de la grosseur d'un grain de pavot, disséminés.

A la coupe, même coloration gris rosé avec zone rouge correspondant probablement aux zones sous-hépatiques ; à la surface de coupe on trouve aussi quelques tubercules très petits, disséminés.

Vésicule biliaire oblitérée contient deux calculs.

Intestins. — Injection de la muqueuse, du duodénum, du jéjunum, de l'iléum. A environ un mètre de la valvule iléo-cæcale on trouve une ulcération arrondie, du diamètre d’une lentille, à bord nu et ne s’accompagnant pas d'ulcération tuberculeuse autour d'elle, ni du côté de la séreuse ; à 25 centimètres plus loin on trouve trois ulcérations semblables ; de même à 20 centimètres plus bas.

Hypertrophie des follicules clos isolés dans les derniers 50 centimètres. Pas d’ulcération au niveau de la valvule iléo-cæcale.

Gros intestin. — Hypertrophie des follicules clos. Pas d’ulcération.

EXAMEN HISTOLOGIQUE. — Foie amyloïde sans tubercule. Epaississement de la paroi des capillaires dans la partie moyenne des lobules. Pas de tubercules. Atrophie trabéculaire.

Foie. — Lobulation normale. Pas de bande de sclérose, pas de sur-charge graisseuse, pas même d’élargissement des espaces portes ; un peu d’élargissement des capillaires de la partie moyenne du lobule. Pas de tubercules.

Rien autre chose sinon par places dans lelobule, surtout au voisinage des grands espaces vasculaires portes et sus-hépatiques, des blocs vitreux irréguliers prenant fortement l'acide picrique.

GAsrou. 13

Un

Traitées par le violet méthyle (2 B) les coupes présentent en ces endroits des plaques et des blocs roses (réaction de l’amyloïde).

Les travées cellulaires de la partie moyenne du lobule sont amincies par l'augmentation de calibre des capillaires ou peut-être par l’épaississement de leurs tuniques. Celles-ci donnent par places, mais non partout, la réaction de l’amyloïde avec le violet BB.

On trouve en outre des blocs d'amyloïde qui emplissent la plus grande partie d'un espace capillaire. D'autres forment de petites étoiles à partir du carrefour.

Les cellules sont simplement granuleuses dans le voisinage, un peu pigmentées, leurs noyaux généralement déformés se colorent encore, mais moins que d'habitude.

En aucun endroit des coupes l’on ne voit de tubercules.

Espacesportes et veines sus-hépatiques. — Sains ; celles-cin'ont même pas subi d'augmentation d'épaisseur de leur paroi.

On ne note même pas que les premières rangées de cellules qui entourent l’espace porte soient englobées par de la sclérose. Les noyaux y sont en quantité normale.

Les canalicules biliaires y sont sains.

Obs. 93.—D... quarante-six ans, journalier, salle Aran, n° 41 (Hanot et Luzet). — Alcoolisme. — Tuberculose des ganglions bronchiques qgauches. — Foie cirrhotique probablement tuberculeux.— Péricardite hémorrhagique.

AuTorsie. — Le 11 mars 4890.

Foie. — 1350 grammes. — Petit, 15 centimètres ; 7 centimètres vertical ; 22 centimètres, transversal.

Surface ridée inégale, sans rugosités. On distingue sur la capsule un mélange intime de zones jaune rosé disposées d’une facon à peu près uniforme. Le parenchyme est dur et resiste à l'ongle. A la coupe, le même aspect. Les parties jaunes forment des arborisations; dans la partie centrale, on distingue une zone hyaline, mince, grisâtre, tandis que les bords sont plus jaunes et opaques; entre elles se trouvent des parties rosées d'aspect plus uniforme. On ne distingue pas à l'œil nu de granulations tuberculeuses nettes.

EXAMEN HISTOLOGIQUE, — Début de cirrhose périportale, avec néoformation de canalicules biliaires. Pas de tubercules différenciés en aucune partie du foie. Tuméfaction vésiculaire du noyau d'un certain nombre de cellules hépatiques.

Foie. —Lobulation normale, espaces portes presque normaux, à peine un peu d’élargissementavec accumulation de petits noyaux au pourtour. Le lobule n’est pas segmenté par des bandes de tissu conjonctif.

op

On voit partir de certains des plus grands espaces portes de petites travées conjonctives qui s’enfoncent, dans le lobule, mais sans en segmenter les travées.

En aucune partie de la coupe il ne montre de tubercules.

Espaces portes. — Pas de pyléphlébite. Accumulation très minime de petits noyaux ronds disséminés dans toute l'étendue du tissu conjonctif. Un peu de prolifération des canalicules,

Sur les bords de l’espace le tissu conjonctif tend à dissocier les deux, trois premiers rangs de cellules hépatiques dont les plus rapprochées de l’espace présentent des traces d’atrophie.

Veines sus-hépatiques. — Saines.

Lobule. — Les capillaires sont partout gorgés de globules, peut-être un peu plus dilatés que les veines portes.

Pas de péricapillarite de Parmentier. Les cellules hépatiques présentent dans certains points une accumulation notable de pigments à leur intérieur.

Mais la lésion la plus intéressante est la suivante :

La cellule d'apparence normale présente la plupart du temps un noyau de volume normal, mais dans un grand nombre d’entre elles, sans que le protoplasma paraisse avoir subi d’altération, on rencontre un noyau énorme, arrondi, en sorte que dans les cellules voisines on rencontre des différences de diamètre de noyau variant du simple au triple.

Obs. 94. — Salle Grisolle, n° 18. — Tuberculose pulmonaire chronique avec cavernes. — Sclérose pulmonaire notable à gauche. — Ulcération de l’intestin. — Tuberculose du foie, des reins.

AUTOPSIE. — Foie. — 1850 grammes. Coloration lie de vin à la surface. Pas de dureté de l’organe. Quelques petits tubercules à la surface apparents à l'œil nu. Pas de sclérose. A la surface convexe il existe de la périhépatite très nette des adhérences avec le diaphragme sans tubercules.

EXAMEN HISTOLOGIQUE. — Foie tuberculeux. Absence de sclérose, de graisse et d'évolution nodulaire. Tuberculose sans cellules géantes. Un peu d’élargissement des capillaires du centre du lobule.

0/1 Lerrz. — Pas d'augmentation du tissu conjonctif des espaces portes, un peu de dilatation des capillaires du centre du lobule (1/4 du diamètre environ), ordination normale des travées. Pas de graisse même autour des espaces portes. Pas de sclérose péri-sus-hépatique.

0/4 Læirz. — Mèmes détails. Rien de nouveau. En parcourant avec soin la totalité de la coupe, on trouve un seul tubercule constitué par un follicule tuberculeux sans cellule géante, placé dans une zone de tissu

réticulé. Les cellules hépatiques des premières rangées sont atrophiées, sranuleuses et les travées dissociées.

Il n'existe pas de graisse à son pourtour et les premières rangées de travées sont simplement refoulées et ne présentent pas d'évolution nodulaire.

0/7 Lerz. — Pas d'accumulation de petites cellules dans les espaces portes, dont les parties constituantes sont saines.

Syphilis.

Les manifestations hépatiques de la syphilis sont variables, la plupart constituent le type du foie infectieux, on y retrouve la caractéristique constante de l'infection hépatique, l’infiltration embryonnaire. (Fournier, Lacombe, Lancereaux, Hayem, Hudelo.)

Les lésions varient suivant l’origine acquise ou héréditaire :

SYPHILIS ACQUISE. — 1° Hépatite interstitielle simple (syphalis infiltrée). — Xci la cirrhose est rubanée et diffuse. Péri-lymphangite (Hayem). Sclérose inter-cellulaire, embryonnaire (Cornil et Ranvier). Rien dans les canaux biliaires. Cellules atrophiées, déformées, pigmentées, amyloïdes, graisseuses au centre du lobule.

2° Hépatite jommeuse (syphilis nodulaire). — La formation nodulaire est précédée d’une hyperplasie embryonnaire conjonctive.

SYPHILIS HÉRÉDITAIRE. — Précoce : on y trouve les variétés suivantes : foie congestionné, foie silex, foie avec gomme, foie amyloïde, etc. Au microscope, on y trouve de la congestion capillaire et de l'infiltration embryonnaire généralisées; de la sclérose interstitielle diffuse.

Cette sclérose et l’atrophie cellulaire dominent dans la

syphils héréditaire tardive : se traduisant par des joies carrhotiques, gommeux, amyloïdes.

On voit par là combien se ressemblent la tuberculose et la syphilis, qui peuvent donner, par combinaison des lésions,

toutes les variétés possibles de foie infectieux.

Obs. 95. — Grandjean, cinq mois. — Broncho-pneumonie. — Mort. — Syphilis héréditaire. — Pemphigus. — Coryza. — Diarrhée. — Muguet,

Foie : — 190 grammes. Dur, lie de vin avec plaques violettes.

Lobule plus foncé à la périphérie qu’au centre. Dilatation des veinules portes par places.

Les espaces portes ne sont pas élargis et on y voit peu de cellules embryonnaires. Dilatation des capillaires avec infiltration embryonnaire. Endo-périphlébite sus-hépatique. Multiplication des noyaux des cellules.

BACTÉRIOLOGIE. — Négative.

Obs. 96. — Gomme du foie (adulte).

Lobulation non visible. Disparition de l’ordination trabéculaire. Dilatation des veinules et des espaces portes qui sont infiltrés de cellules embryonnaires. Cette infiltration est très marquée à la périphérie du lobule, où toutes les cellules ont subi la dégénérescence granulo-graisseuse. Amas de cellules embryonnaires qui dilatent les capillaires en plusieurs points du lobule, surtout à la périphérie. Les capillaires sont dilatés dans tout le lobule et contiennent des amas granuleux, leurs parois sont épaissies. Endo et péri-capillarite. Endo et péri-artérite. Endo-périphlébite sus-hépatique. Gros noyaux vésiculeux dans les cellules. [

Obs. 97. — Gras. — Syphilis héréditaire. |

Aspect lobulaire détruit. Dilatation générale et désorganisation des travées intercellulaires. Épaississement des espaces portes. Dilatation des veines sus-hépatiques et portes.

Péri-capillarite et endocapillarite. Ébauche de sclérose capillaire intra-lobulaire.

Transformation trouble des cellules avec infiltration granulo-graisseuse.

EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE. — Dans les capillaires et surtout près des

Fig. 9.

1, Veine sus-hépatique. — ?, Amas de bâtonnets dans les capillaires. — 3, Bâtonnets isolés.

veines sus-hépatiques on voit de nombreux amas de bâtonnets qui présentent les réaétions du bacterium coli.

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