EPILOGUE
Plusieurs années après, je me trouvais à Paris. La guerre de 70 était finie. Les traces de la lutte sanglante entre les deux peuples français et allemand avaient presque disparu, mais celles de la seconde gucrre, d ‘a guerre civile, étaient partout visibles. Le palais des Tuileries, en ruines, semblait tourner tristement, des yeux privés de lumière vers la place de la Concorde, où s’élevaient les statues des deux provinces perdues. La colonne Vendôme gisait renversée. La grande ville apparaissait noircie et en partie carhonisée par les torches incendiuires de ses enfants. f/in- “endie cependant avait été étouffé et vaincu. C'était l’heure des représailles. Un cfficier de mes amis me mena voir une prison militaire. Nous étions là, dehors, à causer, quand apparut un peloton de soldats qui escortaient trois hommes, les menottes aux mais.
‘* Qui sont-ils ? demandai-je.
— Des rebelles qu’on va fusiller.”
Je regardai les condamnés au moment cù :ls passaient. L’un d’eux releva la tête. C'était Macari |!
Je tressaillis, mais j'avoue que ce mouvement ne venait ras uniquement de compassion. De son côté, il me reconnut. Une expression de haine implacable bouleversa son visage. Il s’arrêta et me lança un torrent d’injures. Un soldat le poussa en avant.
Dix minutes après, les détonations crépitantes des fusils m’annoncèrent que justice était faite
du dernier et du plus coupable des assassins d’Anthony March.
Je me souvins alors de la promesse que j'avais faite à Ceneri. Six mois plus tard, je reçus une lettre estampillée de nombreuses marques hiéroglyphiques. Cette lettre m’apprenait que le prisonnier auquel j'avais écrit était mort deux ans après son arrivée aux mines.
… Et tandis que j'écris les dernières lignes de ce récit qui valait peut-être la peine d’être conté, je vois s’évanouir dans le passé, comme un étrange brouillard de rêve, l'effroyable cauchemar auquel a succédé l’aube sereine de notre grand et paisible bonheur. Pauline, à mes côtés, me sourit, et mes veux, qui ont retrouvé la joie de la lumière, contemplent ses yeux où brille maintenant la flamme vivante de l’amour et de la pensée.
pis ti €
ti
x "+ Tr SIA
FIN
Lie | : +
mien r 2