TRAITEMENT PRÉSERVATIF ET CURATIF
DU CHOliÉBA.
Lé traitemeat du Choléra , comme je l'ai dit ailleurs/ ainsi que celui de toute a£fection épidémique aiguë et qui n'exige qu'un très-petit nombire de remèdes^ doit être essentiellement un traitement d'éhtourage^ de famille^ de voisinage; aussi est-il bien certain que si dans chaque maison il y avait seulement une personne intelligente qui voulût diriger le traitement du Choléra comme il est tracé daiis cette courte instruction extraite du mémoire que j'ai publié sur le Choléra en 1 85S^ il est^ dis-je^ bien certain que cette maladie qui inspire tant de crainte et d'effroi» qui fait tant de ravages» serait une de celles qui offrent le moins de danger. Le docteur Chargé de Marseille affirme que les gens du monde ont guéri, sa brochure à la main» plus de cholériques que tous les médecins de l'ancienne^ école réunis*
Dès qu'il se sera manifesté un seul cas bien avéré de Choléra» tout individu de la localité fera bien de
se soumettre au traitement préservatif qui n'exige aucun sacrifice et que l'on peut suivre tout en se livrant à ses travaux^ à ses occupations ordinaires.
Ce traitement consiste à faire alternativefiient lisage du veratrum albmn et 4u cuprum acetiçwn à la dose de quatre globules, déposés secs sur la langue ou pris dans une cueillcrée d'eau, en laissant entre chaque remède un jour ou deux d'intervalle. Pour certaines personnes, je préférerais employer ces deux remèdes liquides, le A^, wratnun à la 5* diluiron,i&tle cuprum à la 9^;une{(outte de chaque jdand tféUx cueillerées d'eau pHsM en unfei dose^ fi alternés comme les globules.
'Mais on ne pourra compter sur ces préservatifs, guelqu'efficaces qu'ils puissent être.qv'^utant qu'on suîirra exactement le régime , les préceptes faygiéniqiie^ reconnus indispen^blés et aiioptés par la nouvelle ^coie ; ces préceptes ont été tant de fois publiés, qu'ils se trouvent entre le» mains dé toqt le monde, aussi me dispenserai-jeide Les répéter ki. Je dirai seuleitient que piendanit toute la durée de répidémie, on fera bien de s^abstetnir de fratt non mûr ou de mauvaise qualité, de laitage, de yiande de porc, de tout aliment trop aqueux, indigeste ou de mauvaise qualité. On se pourrira surtout de viande de bœuf, de mouton, de volaille, (dé grains, dé pâtes, de féeulèâ dé toute espèce. JSxcepté le vin de bonne qualité, prî» en petite
quantité et étendu d'eau ^ on évitera tout^ liqueur spiritueuse ou fermeutée. Les décoctions de gruau d'orge, 4'avajne ; les infusions de réglisse, Teau panée, Teaii sucrée suffisent pour boisson ordinaire. Dans les lieqx où règne le Choléra^ toutes les indispositions même les plus légères, sont en quelque sorte sous l'influence du génie épidémique. Aussi beaucoup de malaises qui^ dans les temps ordinaires^ i^éclapient certains remèdçs, sont efficacement coml^attus par les spécifiques appropriés à la consuilvitipn régnante..
TABLEAU Dtl CHOLÉRA.
Tète louFde^ entreprise, céphalalgie frontale; vertige comme d'ivresse, vertige à tomber.
^Sj^ecj; maladif d^ 1^ face; couleur terne, variée; ^^^^çmept, décoipposition des traits; ],es yeux câr y^^f WV^?^ de noir, enfoncés, éteints , quelquefois. yiifs.ç]t brillapt^ ; le nez s'^iHonge, s'ejBSlç • , toute la jfftpe ç^j; crispée , cçntraçtée.
Mucosités visqueuses dans la bouche et sur Ip l^^gU^^qui est recouverte d'un endui^ jaunâtre, brjin> i^O^àtce dans le fond; quelquefois racornie, fpndilr lée. le plus souvent humide ; naturelle et se refroi^. dî;jçAnt successivement Jusqu'à devenir glacée..
Grande soif» surtout pour Teau froide.
iDappétence, dégoût^ anorexie^ malaise ^ pres^ s^QQ Ji restomac ; nausées^ éructations, vomissement^ B^vec ou sans diarrhée, d'un liquide aqueux verdâtre^ blanchâtre avec des grumeaux de même couleur.
Coliques^ borborygmes, mouvements bruyants dans le ventre de chaque pôté au dessous des côtes; déplacement des vents ordinairement suivis chaque fois d'une selle diarrhéïque, d'abord un peu solide, mais bientôt aqueuse et de même nature que le vomissement. Douleurs dans le bas-venlre , fortes tranchées^ crampes dans quelques parties du ventre, quelquefois dans tout le tronc.
Suppression des urines. •
Crampes dans les bras, les jambes, les mollets, les pieds et les mains. Rétraction des membres.
Affaissement général ; grande faiblesse ; vives angoisses; frissons fréquents du tronc et des membres; froid commençant, froid général; couleur terne;, brune du corps ; cyanose, c'est-à-dire bleuissement de la peau. Quand on pince cet organe, la pinçure ou le pli reste après que la pression des doigts a cessé.
Aggravation de tous leg symptômes, froidde marbre^ de mort ; soif cruelle ; vomissements plus fréquents ainsi que les déjections dissentériques.
Angoisses extrêmes; le malade s'agite, se roule
dans son lit ; la langue est rouge , picotée sur ses bords ; il délire. Cette forme est des plus rares.
Gisement calme. Respiration^ pouls insensible; mort apparente ; bleuissement vicilacé augmenté , surtout du visage et des ongles. Altération telle des traits de la face^ que le malade en est méconnaissable même à ses proches. Crampes très^fortes ; raideur^ rétraction des membres. Voix angoissée, sourde^ prête à s'éteindre ; mutisme^ Suppression complète des urines.
Le plus souvent le malade^ même dans les cafs les plus graves^ conserve toute son intelligence. Il répond ou en paroles ou par signes aux questions qu'on lui fait^ montre sa langue , présente son bras et prend part, sans qu'il y paraisse^ à tout ce qui se fait autour de lui.
Toutes ces expressions maladivei9 ne se rencoBtrent jamais à la fois, mais seulement en plus ou moins grand nombre chez le même individu, que Ton pourra affirmer être atteint du Choléra, s'il éprouve Tun ou plusieurs des symptômes suivante que Ton peut considérer comme caractéristiques de cette maladie, surtout en temps d'épidémie :
i^ Grand abattement subit sans cause avec profonde altération des traits de la face. 2^ Grande soif pour l'eau froide. 5^ Vomissements et diarrhée dissenférique. 4^ Tranchées. 5** Crampes plus ou moins .
j^énl^. 6®Cy90Qse ou blçuissiement de toujt pu |wrtie du corps, 7^ Froid de glace. 8° Sujppressjoa ' des urines. 9^ Persistance de la pinçure ou du pli Uit à la peau par la pressio4[i des doigts.. 'J^eh 9P^% du woixLS les priocipaux car^ci^i^res.
Traliemeni caraiir du Choléra.^
Le itérât mm album est îa^oate£Kl9l>)on[irat }». remède le plus efficace qoe Van puisse dopftoser au Choléra^ celui lauquel la uouv^lU doçjtrinç^médjçale doîi S6$ pi!odîgieux succès dau$ b traiteipeat 4? -flette maladie; c'est sou véritaj>le apécifiq^ue.
Dès que Ton est appelé à donner des ço^nsà up f^faolérique, il faut lé couoher> le couvrir pMd^rément^ faire dissoudre dans une demi verp^ d'^ip. /f^^^ Aitov globules in*prégoés de h 3^ dilution ide vemtfwn (OU pn^ine une goutte.de cette j(M)iutioA> bîfsa agiter le mélange, en donner ^4ou| lep quaj;^ 4^e»r<e oupJ«g souyçjit'T'et'^ii^rp t'Âster^^lle de Teau très-froidp , s'il ^pt pospi^çi frappée déglace; boisson qiiel'pp contiau^ra p^Q^r dant tout le traitement-
A|[ai8 bteo qu« le vefdt^truiw^fijx^mi^ ^mi près* que toutes les ph^a^es., toutes lft% pérîodiE^ de cf^ttç oialadÂe^ il est cependant certains groupe^ 40 pyoïp^ édfOies qui réclament Fempbi d'autres ren^etles^
À^ Lorsque le malade éprouve des malaises gastriques : bouche mauvaise , langue chargée d'un enduit blanc jaunâtre^ anorexie; inappétence; envie de vomir; borborygmes, et même un peu de dévoiement; sorte de cholérine mais sans crampes ni vomissement, on peut employer avec succès la camomille 5*dil., surtout si Ton présume que la maladie ait été occasionnée par le chagrin ou la peur. Le plus souvent alors on a recours à la nnx vomica 6^ bu à la strichnine ^ 000^, remèdes qui ne sont donc point, comme on le prétend, découverts et indiqués d'aujourd'hui pour ces cas, puisque les médecins de la nouvelle école les emploient depuis plus de t50 ans.
2^ Quand il existe vomissement glaireux: sans diarrhée ou diarrhée jaune , toujours aVec certain nombre de symptômes caractéristiques , on donne avec un remarquable succès une goutte ou quelques globules imprégnés de la 2* dilution d'ipecacua^ nha. Ce remède est encore très-avantageusenaeol employé comme préservatif, et c'est pour ne 'pas multiplier les moyens sans grande nécessité que je ne Tai pas indiqué ici.
5^ Dans le cas de diarrhée abondante avec bor*borygmes, mouvements bruyants dans le ventre^ il faut recourir à Facid. phosphoricum 2® dih
4^ Lorsque les crampes prédominent sans 4}a«?riiée ni vomissement , dans ces cas que Ton petft Mér
goer soiis le nom de Choléra spasmodique^ ua remède assez préconisé est Vesprit de vin camphré qoe Ton donnera à la dose d'une ou deux gouttes sui: un morceau de sucre et dans une cuillerée à café d'eau froide , ce que Ton répétera toutes les dix et même toutes les cinq minutes. Il sera bon alors d'employer le même remède en friction sur les -membres^ ce que Ton continuera soigneusement jusqu'à ce que le malade soit notablement soulagé» On peut encore dans ces mêmes cas recourir au veratmm 6^ dont on a souvent vu une seule dose opérer la guérison. On donnera néanmoins la préférence au camphre toutes les fois que Ton ne pourra pas compter sur l'exactitude scrupuleuse de l'entourage du malade dans l'emploi des remèdes à petites doses doBt^i'action serait toutrà-fait annulée par le camphre*
5^ Quand le malade éprouve de fortes coliques avec tranchées dans les flancs jusque sous les côtes; liOrsqu'en buvant, le liquide fait entendre un bruit, une sorte de grouillement ; ainsi que dans les crampes des doigts et des orteils avec agitation, secousses, etc., il faut recourir au cuprum aceticum 6^ dil. dont on donnera plusieurs doses et que l'on peut même alterner avec le veratrum 6* dil.
6^ Dans ce dernier cas on a aussi avantageusement employé le secale^ cornutum 6® dil. Ce remède quelquefois fait cesser des crampes qui avaient ré-
sisté à V esprit de camphre^ au 'veratvum et au cuprum. '
7® Lorsque le malade éprouve, à Testoinac jusqu'à rombilic, douleur brûlante^ crampe très-vive sans agitation , prostration subite ; langue sèche , noir^y fendillée , inquiétude , crainte de la mort , il faut recourir au metallum 6* dil. -
8^ Angoisses extrêmes^ agitation ; le malade se roule dans son lit, il délire ; la langue est rouge^ pieotéé sur les bords; cet ensemble de symptômes réclama belladona 42^ dil. a ■■
9® Le carbo vegetahilis 6^ àih est un véri^aUe spé^ clfique dans les cas de mort^apparente^ de presque anéantissement du principe vital ; lorsque le poiiU est imperceptible^ la respiration suspendue^ le corps froid et entièrement cyanose^ toute évacuation supprimée, etc.
40^ Dans les situations les plus dangereuses il ne faut pas désespérer de rappeler le malade à la vie. Si après avoir employé le veratrum, le cuprum, le metallum (1), aucune amélioration ne se manifeste, on administrera souvent^ avec beaucoup de succès^ une goutte d'eau de laurier cerise (prunus laurocerasusj ou du moins on placera sur la langue quelques glor-
(i) Dans les cas oik ce» remèdes font iodiqnis.
ik
haies ou un morceau de sucre impvégaé de cette substance. On a merveilleusement réussi dans ces. cas avec le carbo vegetabilis. Après l'administration de ce remède la vie se ranime et le "veratrunv agjt avec succès (4).
Si cette instruction était destinée aux médecins je décrirais dvec soin les nombreuses formes souslea^ueUes se présente souvent leCholéia^qui ne suit Jiad tonjourâ à beaucoup près la marche régulière cffi'on lui. fait ohseirver dans les histoires 4|u'o& e& ar données. Mais écrivant cette noticepourdeBpeirsoii^ née étitangères a Tart j!ai cru devoirdessûiêr à grands traits W tabba» de cette maladie pour mieux en faire saisir Fensômble^ la montrer seulenieni sous
(1) Depuis quejfjues semaines oo observe eo diffère nies locàlilés des environs de Lyon , une affection grave que l'on' tonfond à lort avec le choFéra. Cette maladie débute par des afteraàtiODS de fihtséons eî dé b>ù}émenls, làiieittfdê g;éttéralfe^ mal'^de^conn^ et loat^ii-oatip' ^e maciiCesteoi dea vomîssemânlS' i^ealftH^Uî voat jusqu'au sang* cofi&Upalion , crampes géoé*. rajes très-douloureuses, foro^int des bourrelets aux membres, resserrements cranipoides delà poitrine avec angoisses, crainte d# tàort immlneKlèê ; dépression extrême du pfélilîi, BtiftiÊliP tloil^8etfrmiiaats|iapin«iliqiiQ<l« Ià gorge, surditii cm eéci^uè passagère, délire, brûlémenl iiitèrne» froid aux extrémités. Il parait que celte maladie abandonnée à elle-même se ternifoe par uim niort prompte; thr du cet cas qu e mmr-armweu à traiter résista à veratrum et k cuprum pour céder promp* temetit et coniplèteitieÉlArl^'anfiiMe.
ses principaiii aspects , afin d'en rendre le traite-^ ment plus facile. Car indépendaiiiment de ce qué toutes ces variétés se traduisent par des symptômesf que le riiédecin seul peut apprécier, c'est encore )ë veratrum et les quelques médicaments indiqués dans cette instruction dont ces variétés réclament le plus souvent l'usage^ et que Ton peut considérer comme les véritables spécifiques du .Choléra.
i'ai numéroté ces divers groupes de symptômes ou diverses formes de la maladie qiii réclament des remèdes spéciaux , pour que le médecin^ auquel il est impossible (i'^^I^i* partout^ puisse s'entendre sur Tétat du malade avec unei personne intelligente qui viendra lui en rendi*e compte et dissiper ainsi les doutes que l'on pourrait avoir sur le choix de tel ou tel remède.
Le convalescent doit pendant une semaine ou davantage s'abstenir du fruit , de la Salade , des épices ; éviter le moindre refroidissement et tout écart de régime ; car les rechutes sont souvent trèsfAcheuses. Les malaises qui surviennent (|ùelquefois et qui semblent causés par une sorte d'imprégnation épidémique cèdent plutôt au lierairum qu'à tout autre temède. Dans tous les caâ il fàtit continuer l'usage de l'eau froide Ou glacée cottime on a dû le faire pendant toute la durée du traitement.
Le plus souvent la guérison ne se fait point attendre; elle est annoncée parle retour prompt et suc-