MÊMES CHIENS A JEUN
Expériences
Du 27 mars 1879. Du 22 juillet i870.
temp. -|- ^^t"^ temp. + 24°
Âz.
Expériences
Du 31 mars 1870. Du 5 juin 1810. Du 7 juillet 1870. temp. 4- 4°,8 temp. + ^6° temp. -f- 23.9 •
Az. iS5» 2.00 1.60 1.90
Go^ ss 49.75 40.50 47.47
Expériences
Du 3 avril 1870. Du 30 juin 1870.
temp. -|- 8° temp. 17,4«>
Az. = 2.00 1.75
Go«. = 50.74 50.75
Comme d'autre part la respiration tend à se ralentir sous rinfluence du froid extérieur, Taugmentafion de la quantité d'oxygène introduit dans le sang sous Tinfluence du froid extérieur ne saurait être attribuée à une accélération des mouvements respiratoires. Cette augmentation de la proportion d'oxygène fixé par le sang artériel, sous l'influence du froid, serait d'après MM. Mathieu et Urbain <( un phénomène purement physique, lié à l'endosmose pulmonaire que le froid active et que la chaleur modère, chez les animaux à température constante. »
Les modifications que subit le sang veineux sous l'influence dé la température extérieure ne sont pas aussi accusées que celles du sang artériel. Voici, en effet, les chiffres notés dans un certain nombre d'expériences^
Air respiré h, 10° Air respiré à 22° Air respiré à]40o demi heure. demi-heure. demi-heure.
Sang Sang Sang Sang Sang Sang
artériel veineux artériel veineux artériel veineux
0. = 21.25 d2.25 21.25 13.50 48.50 13.00 Az. = 2.25 2.35 2.00 2.45 2.50 2.50
Co». = 55.50 58.00 47.20 50.00 50.00 60.25
Oxygènedisparu=9.00 0. = 7.75 0. = 5.50
Le tableau précédent fait voir en outre que la quantité d'oxygène disparu par suite du passage du sang des artères dans les veines est d'autant plus considérable que la température extérieure est plus basse. D'où Ton peut conclure que sous l'influence du froid, les combustions dans l'intimité des tissus deviennent plus actives, comme nous l'avons déjà dit antérieurement.
Mais les choses se passent tout autrement, quand le froid est assez intense pour déterminer un abaissement notable de la température corporelle, de façon à compromettre l'existence de Tanimal sur lequel on expérimente. Alors, en efifet, comme le prouvent les expériences de MM. Mathieu et Urbain, le sang artériel se charge d'acide carbonique, ce qui est dû, selon ces expérimentateurs, d'une part au refroidissement du sang qui devient plus apte à dissoudre l'acide carbonique, et d'autre part à la rareté des respirations. Au contraire, les analyses du sang veineux montrent que la composition de ce dernier se rapproche de celle du sang artériel; la quantité d'oxygène y augmente parce que, quand l'intensité du froid dépasse certaines limites, les combustions dans Tintimité des tissus, loin d'augmenter, vont au contraire en diminuant.
D'après ce qui précède, on s'explique la contradiction apparente des résultats nécroscopiques constatés par diflférents auteurs chez les individus morts par le froid. Tantôt, en effet, il est dit que le cœur et les
organes profonds renfermaient une grande quantité d'un sang noir, coagulé, et c'est sans doute du sang artériel qu'il est question ici. D'autres fois au contraire, les observateurs ont insisté sur la couleur vermeille et rutilante présentée par le sang des gros vaisseaux veineux et du cœur, à la suite d'un refroidissement extrême ; Ogston avait signalé ce fait il y a près de vingt ans.