OBSERVATIONS
• Obs. I. — Fièvre tsrphoïde. Bains iroids. (Voyez PI. I.)
Le nommé Fourreri, âgé de seize ans, est entré le M août i875, salle Saint-Jérôme, n^ 34, service de M. le professeur Jaccoud (suppléé par M. Grancher).
11 y a quinze jours, le malade a été pris de diarrhée avec céphalalgie, étourdissements, insomnie. Pas d'épistazis. Ces symptômes ont persisté jusqu'à son entrée à Thôpital. On constate alors des taches rosées nombreuses sur Tabdomen, qui est ballonné. Le soir de son entrée, T. 40o,4.
12 août, — Etat adynamique très-prononcé. Lèvres et narines fuligineuses. Pouls 120 régulier. Râles ronflants et sibilants dans toute rétendue des deux poumons. Le malade répond assez bien aux questions qu'on lui adresse T. 40°,4. A dix heures et demie bains à iS^ de vingt minutes de durée. La température s'abaisse à 36^,4, mais elle remonte rapidement. On administre en tout sept bains dans le courant de ce premier jour.
13 août, — Le malade a passé une bonne nuit. L'état général est meilleur. La diarrhée est très-abondante. La face est cyanosée, et le refroidissement des extrémités est considérable. Température du creux de la main ,32<^.
14 août, — JVTême état, si ce n*est que les extrémités ont pris leur température habituelle. Nouvelle série de bains.
15 août. Rica de particulier à signaler.
16 août, Ua peu de délire hier soir. Les râles de la poitrine sont plus nombreux. L'état général s'est manifestement aggravé. Lavements froids, cataplasmes froids sur le ventre. Bains froids.
17 août. L'état général s'est amélioré. Pas de délire durant la nuit. Moins de râles dans la poitrine. La température atteint des sommets moins élevés.
19 août. L'amélioration continue depuis avant-hier. Quatre bains dans la journée, deux dans la nuit.
20 août» Etat général satisfaisant, mais tendance de la température à monter (40o). Cinq bains dans la journée.
21 août. Diarrhée violente. 34 selles dans la journée. Trois bains. Le malade supporte beaucoup moins bien Peau froide^ et consent à peine à y rester cinq minutes.
22 août. Faiblesse des contractions cardiaques. Souffle systolique. Râles sibilants et ronflants très-abondants. Evacuations involontaires.
Café, alcool, bordeaux. Grands lavements froids. Cataplasmes froids. Trois bains seulement.
23 aoûU — La nuit a été calme. La diarrhée continue. Sécheresse de la langue et des lèvres. Plus de souffle au cœur. Les râles mnqueux sont toujours abondants à la base des deux poumons. — Même traitement.
24 aoûL — Un peu de délire hier soir et dans la nuit, les râles sont moins abondants. Dédoublement du premier bruit à la pointe: La diarrhée continue, lavement avec dix gouttes de laudanum. Deux bains dans la journée.
25 août. — On supprime les bains, la température marquant de la tendance à s'abaisser spontanément.
26 août, — Trois selles diarrhéiques. Ëpistaxis dans raprès-midi.
27 août. — Mange pour la première fois une côtelette avec un peu de pain. La diarrhée persiste. La température est spontanément descendue à 37<^.
La convalescence poursuit régulièrement sa marche, et le 18 septembre le malade quittait l'hôpital entièrement guéri.
Obs. il — Fièvre typhoïde. —Bains iroids. (Voyez PI. II.)
Le nommé Lehodet, Victor, mécanicien, âgé de 27 ans, est entré le 23 août 1875, salle Saint-Jérôme, n<> 1, service de M. le professeur Jaccoud (suppléé par M. Grancher], à Thôpital Lariboisière.
Pas d'antécédents morbides. — Il y a cfnq semaines, après s'être refroidi, le malade a été pris de fièvre avec frisson, céphalalgie, diarrhée, bourdonnements d'oreille. Pas d'épistaxîs. li se purge et continue de travailler. Le ' malade n'est alité que depuis quinze jours.
A son entrée à l'hôpital il présente l'état suivant : langue blanche, sèche, rouge à la pointe. Anorexie. Le ventre est tendu. Météorisme. Pas de douleurs ni de gargouillements dans la fosse iliaque droite. Diarrhée continue. Tuméfaction de la rate. Quelques taches rosées sur l'abdomen. Matité aux deu::^ bases. Respiration affaiblie au sommet. Dans le reste des deux poumons, râles sibilants. Léger souffle présystolique à la pointe du cœur. Réponses un peu lentes mais nettes. Un peu de tremblement des muscles avec soubresauts tendineux. T. 39o,9. P. 100. On prescrit des afflisions froides, cataplasmes froids sur le ventre, lavements froids.
24 août. — Délire pendant la nuit. Même état dans le jour. Evacuations diarrhéiques involontaires très-abondantes.
25 août, — Pas de délire durant la nuit.. Signes d*atonie. On prescrit trois lotions froides qui sont suivies chacune d'un abaissement passager de la température, de 1« environ. Météorisme trèsprononcé.
26 août. — La température se maintient aux abords de 40<*. Les lotions se montrent à peu près inefficaces. Toutefois l'agitation est moindre. Le malade a un peu moins de diarrhée et demande de nouveau le bassin. Râles muqueux abondants aux deux bases. Taches rosées lenticulaires très^nettes. Météorisme considérable. Cinq lotions vinaigrées qui sont suivies d'abaissements notables de la température.
27 août. — Le malade a passé une bonne nuit. Un peu de dyspnée. Diarrhée toujours abondante.
28 août. — Même état.
29 août. •— Etat ataxo-adynamique très-prononcé. Ballonnement extrême du ventre. Congestion pulmonaire du côté droit. Vingt ventouses sèches. Quatre lotions vinaigrées.
30 août. — Délire violent durant la nuit. Submatité dans le tiers inférieur du poumon droit. Diminution du murmure vésiculaire.
A partir de trois heures de l'après-midi, le malade tombe de nouveau en proie à un violent délire. Une seule .lotion dans le courant de la journée. La température n'a pas dépassé 40<>. Du 31 août au 3 septembre, même état.
3 septembre. — Le malade tousse davantage. A droite, à la base des poumons, on entend des bouffées de râles crépitants, avec du souffle. Un peu de bruit skodique sous la clavicule gauche. Diarrhée moins abondante. — Le malade a eu du délire doux pendant la nuit. Ballonnement un peu diminué.
6 septeifibre, — Le délire a cessé. La diarrhée est revenue plus forte.
N'a plus eu de lotion les jours passés, si ce n'est hier. L'état général est meilleur, mais le ballonnement persiste toujours. On entend eucore à droite un peu de souffle avec des râles crépitants de retour. A gauche quelques râles muqueux fins.
7 septembre. — Diarrhée moins forte. Le malade a un peu de carphologie et des contractions musculaires. Agitation assez forte. On prescrit des bains froids.
8 septembre. — A pris deux bains hier. Amélioration notable. Plus d'agitation ni de délire. Le tympanisme persiste. Pendant après le bain, le malade a toussé. Râles sibilants et ronflants dans le reste des poumons.
9 septembre. — A pris deux bains hier. Un peu de délire durant la nuitr Soubresauts de tendons.
iO septembre. -* Le malade a pris trois bains hier, il est aujourd'hui moins agité. Depuis deux jours plus de diarrhée. Le ballonnemeut persiste. Température moyenne de 38<^,6, Pas de bain.
12 septembre. — Depuis avan^hier Tétat général s'est amélioré.
13 septembre, r— Vers midi, frisson violent, nausées, pas de vomissements, pas de douleurs, t. 38<>,6.
14 septembre. — La nuit a été très-agitée, ballonnement considérable. Douleur dans les deux fosses iliaques.
15 septembre. — T. 37<>,8. Nausées. Ventre très-tendu et douloureux hoquet. Fanis bypocratique. Pouls petit, fréquent. Glace sur le ventre. Opium 0,10. Bouillon au jus de viande.
16 septembre. — Vomissements, hoquet, ballonnement excessif, ventre très-douloureux. Le malade a eu quelques selles diarrbéiques dans la nuit. Pouls, 124.
17 septembre. — Nuit agitée, douleurs très-vives, délire violent. Mort à 5 heures du soir.
Autopsie. — Perforation intestinale. Péritonite.
Obs. IIL — Fièvre typhoïde. Bains froids. (Voyez PI. iV.)
La nommée Halte, 27 ans, domestique, entre le 4 août 1875, salle Sainte-Glaire, n^ 32, service de M. le prof. Jaccoud, suppléé par M. le D' Grancher, à Thôpital Lariboisière. Cette femme, ac couchée il y a quatre mois, est toujours souffrante depuis cette époque, il y a quelques jours elle ressentit un malaise général avec anorexie, céphalalgie, épistaxis. Elle est aujourd'hui au neuvième jour de sa maladie. Depuis hier, elle a de la diarrhée. Nombreuses taches rosées lenticule res sur Tabdomen. Pas de signes de catarrhe bronchique.
6 août. — Un léger souffle à la pointe depuis la veille s^est accentué. Etat adynamique assez prononcé. La température se maintient très-élevée. On prescrit les bains froids. Le tracé ci-joint
fait voir les résultats obtenus après chaque bain. A 8 heures du soir, la température était remontée à 41<>,6.
7 août. — La malade a passé une nuit tranquille. Un peu de dysurie. On entend toujours un bruit de souffle au niveau de la région précordiale. Temp. m. 39<^,1. On continue l'emploi des bains. Le soir, à 9 heures, la température se maintient à 39<^,5.
8 août. — La malade a de nouveau passé une nuit tranquille. Etat général satisfaisant. Pouls, 100. Temp. m. 39<»,5. Nouvelle série de bains. A 8 heures du soir, temp. 38<^,8.
9 aoûL — Etat général excellent. Pas de fièvre. 37<»,8 à 8 heures, et 36*,6 à 9 heures. Mais dans la journée, la température remonte à
30<*,4. Pouls 120. Nouveau bain à 6 heures du soir. A 8 heures, temp.37'>,5. II est à remarquer que ces bains froids (17® et 18»), ne sont nullement désagréables à la malade qui les prend volontiers. Une fois dans son lit, la malade met trente à quarante minutes à se réchauffer.
10 août. — La nuit a été calme, mais la malade a peu .dormi. Temp., m. 37»,8. Les taches fosées subsistent toujours.
Temp., s. 38^,5. État très-satisfaisant.
11 août, — Dureté œdémateuse des seins, surtout a gauche. Le souffle de la pointe a disparu.
Temp. s. 39°. Nouveau bain à 19<>, après lequel la température descend à 36<>,4t.
12 août. — A partir de ce jour apyrexie complète. La convalescence poursuit une marche régulière.
Les trois observations précédentes ont été recueillies par notre excellent ami, M. le docteur Lucas GhampionnJM'e et les traités thermiques qui leur correspondeùt nous ont été très-amicalement offerts par M. le D' Grancher, auquel nous renouvelons publiquement nos remerctments sincères.
Obs. IV. — Fièvre typhoïde adsmamique traitée par les bains. Congestion pulmonaire et otite double
[ji dans le déclin de la fièvre : surdité absolue pendant 12 jours. Guérison. (Voyez PL Vil.)
Gustave Poitevin, 15 ans, né à But (Eure-et-Loir). Saint-Louis, n^ 18, entré lé 24 septembre 1874, sorti le 5 novembre 1874.
Ce garçon habite Paris depuis six mois. Début brusque, il y a cinq jour s ^'ûea phénomènes de fièvre typhoïde : courbature, céphalalgie sans épistaxis, point de bourdonnements d'oreilles, mais vomissements et diarrhée.
A son entrée, céphalalgie excessive, stupeur, ballonnement du ventre, gargouillements, rate grosse, quelques râles sibilants dans la poitrine :
Le 25 septembre^ on liii prescrit un bain à 30<>. La temp. axillaire est de 40°, la temp. rectale de40%6. Après le bain, 11 éprouve un vif sentiment de froid, mais la céphalalgie est moindre. La temp. axillaire est de 380,7, celle du rectum de40®,2. (Limon, tartrique,v. 99. Bouillon et potage.)
Le 26, bain à 22°, frisson léger après le bain, assez abattu le soir, un peu de rêvasseries. L'abaissement a été :
Pour l'aisselle de 10,6 (38° au lieu de 39%6) ; — le rectum près de 1°.
27 septembre, — Le bain a été donné à 30°, à cause du frisson qu'avait eu le malade la veille. Bien qu'il y eût un écart de 10°
entre Peau du bain^ Je refroidissement périphérique a été encore plus accentué (2<>,6, de 39^,6 à 37<>); mais le soir, le thermomètre remonte exactement à soo point de départ. État général meilleur. L'état de la poitrine est satisfaisant, il y a moins de rÀles. Mais Tenfant est un peu sourd; il continue à avoir de la diarrhée, et il a de la peine à supporter les bains, même à cette température.
28 septembre, — Bain à 30<>. On ne constate qu'un refroidissement de 4/10«* de degré, mais il y a une cause d'erreur : la température n'a été prise que 20 minutes après le bain, quand le malade s'était déjà réchauffé.
Le îendemain 29, on constate de nouveau un abaissement notable de la température (1 degré) pour l'aisselle. L'état se maintient le même, l'enfant est plutôt plus éveillé; il a moins de diarrhée.
ZOseptemhre. — Le bain est donné à 32<*. Refroidissement de6/i0<« de degré ; dans la soirée la température s'élève à 40<^ ; l'enfant est fatigué^ un peu sourd (l'eau du bain ne s'échauffe ni ne se refroidit).
!•' octobre, — L'enfant prend encore un bain à 32". Il tousse un peu et a quelques râles dacs la poitrine. Sa température axillaire, le matin, a monté notablement sur ce qu'elle était l'avant-veille (39<',4 au lieu de 38°,5). La surdité est plus accusée. L'enfant a quelques douleurs dans les oreilles.
Soir. — Température : 39®,5.
2 octobre, — On supprime les bains. La surdité est complète. L'enfant reste dans la stupeur ; sa langue plus sèche que les jours derniers. Ventre météorisé, diarrhée. Quelques rares taches rosées. Toux assez fréquente, bien que les râles ne soient pas plus nombreux.
3 octobre, — État général assez mauvais surdité, absolue. Température, le matin : 39«,6 ; le soir, 40o,3. Toutefois, le pouls n'est point fréquent, 90 au plus.
Ventouses sèches sur la poitrine; potion avec 4 grammes d'extrait de quinquina ; injections dans rorellle.
6 octobre, — Aucune amélioration. État toujours grave. Surdité absolue. Le malade a seulement moins de diarrhée.
8 octobre. — Toujours de l'agitation, beaucoup de fièvre ; chaleur intense : 40<>,2 le soir; cependant, moins de râles. L'oreille droite suppure un peu •
9 octobre. -^ Surdité toujours absolue. L'écoulement des oreilles continue à droite. €e matin, on lui ouvre un petit abcès sanguin de la cuisse qui avait peut-être déterminé la poussée fébrile de la Teille. Le soir, la température monte toujours beaucoup.
10 octobre. — Beaucoup d'agitation la nuit, un peu de délire. Ce matin somnolence. Peut-être un peu moins de surdité. 11 est mieux an point de vue de l'abdomen et de la poitrine. Le délire, d'après
M. PotaiD, serait plutôt du délire d'inanition que de la propagation d'oUte.
On commence à lui donner quelques aliments.
Dans la soirée, somnolence profonde, sueurs profuses.
ii octobre. ^ Ce matin, défervescence complète : temp. 37%2. PÀleur et commencement d'amaigrissement. Nouvel abcès furonculeux de la cuisse gauche. La surdité reste toujours excessive.
i2 octobre, — Le matin, abaissement du thermomètre au-dessous de la normale à midl^ frisson violent, avec claquement de dents, suivi d'un accès de chaleur fébrile très-intense. Toujours surdité persistante et beaucoup d'abattement. Délire et hallucination la nuit. (Pas de signes locaux pour expliquer le frisson.)
14 octobrç, — Les frissons ne se sont plus reproduits.' Moins de râle dans la poitrine.
16 octobre, -* Le malade commence à se lever : il va certainement mieux.
17 octobre, — La surdité est moindre. L'oreille gauche commence à entendre, mais l'oreille droite reste absolument sourde. On continue les injections matin et soir avec de l'eau de guimauve.
. 25 octobre, — L'oreille droite commence à revenir : l'écoulement purulent a cessé. Le malade mange quatre portions et reprend des forces.
Exeatf 5 novembre, — Complètement guéri.
Obs. y. — Fièvre typhoïde à forme adynaxnique. Traitement par les bains tièdes. Mort. Autopsie. (Lésions thoraciques dont les bains ne sont pas innocents.) (Voyez PI. VI et VIH.)
Louis Gapey, trente ans, mécanicien^ né à Saint-Ny (Manche), no 7, SaintrLouis. Entré le 26 septembre, mort le 22 octobre.
Cet homme, bien constitué, arrive le 26 septembre, avec tous les symptômes d'une fièvre typhoïde adynamique assez intense. Il est plongé dans la stupeur, la langue est sèche et fuligineuse^ les gencives couvertes d'un enduit brunâtre, l'haleine fétide. Tout le corps est rempli d'une éruption confluente de taches rosées et d'éléments papuleux. Sans qu'il y ait beaucoup de ballonnement, l'abdomen est sensible, et le malade a par jour cinq ou six selles liquides fort abondantes. La rate est assez grosse, non douloureuse. Du côté de la poitrine, aucune complication, et pas le moindre râle.
L'état fébrile est très-prononcé : le thermomètre monte à 40* le soir, et le pouls, petit et déprimé, marque cent pulsations. Les écarts entre la température du matin et du soir sont d'un demidegré environ.
L'affecUon a débuté huit jours auparavant, d'uoe façon assez brusque.
Le malade est soumis à l'usage des bains quotidiens.
Le !•' jour (27 septembre) il prend un bain à 30® : la température axillaire s'abaisse , pendant le bain, de i^, mais elle remonte à 39*^,2 le soir. Le bain a été assez bien supporté, et suivi d'un sommeil tranquille. Pourtant dans la nuit, rêvasseries.
28 septembre. — Le bain est donné aujourd'hui à 22<* et est de 20 minutes comme la veille. Avant le bain, la température axillaire est de 39^,4; la température rectale de 39^,8. 2Q minutes après le bain, la température axillaire est de 38<^,9, la température rectale de 39<^,6 : mais il faut tenir compte d*un comm,encement de réchauffement qui a dû modifier les résultats. Ce bain à 22<* a paru froid au malade, qui a grelotté tout le temps, et qui a eu de la peine à se réchauffer.
29 septembre. — Nouveau bain à 22<^. La température du bain au bout de 20 minutes a monté de plus de-i<^. Après le bain, le malade est pris d'un grand frisson. La température périphérique s'est considérablement abaissée : de SB^fi elle est tombée à 37<*,2 : la température rectale est descendue également de l<*y2. (de 39^,8 à 38^,6;. Mais le soir, la température axillaire est remontée à son point de départ, en le dépassant même un peu.
Du reste, même état général, un peu moins de diarrhée : langue Hou jours fuligineuse, rupia taches rosées confluentes.
30 septembre. — Même état général ; le malade reste toujours assez abattu ; cependant pas de rêvasseries la nuit ni de délire : point de râle dans la poitrine.
Bain à 32<^. — Le refroidissement est un peu moindre, mais il y a peu de différence dans le bain à 22<^. Ainsi T. axill. avant, 38®»2 ; après, 37<^,9. Le soir, remonte à 38^,9. La température rectale ne varie également que de peu de chose. Bien que la température du bain soit plus considérable, le malade se plaint du froid.
i*^ octobre. — La température est un peu plus élevée que les jours précédents, elle atteint 39^,2 sous l'aisselle. Un bain de 32® est administré : il abaisse la température axill. de 3/10 de degré (38®, 9 après le bain) à la température rectale également de 0,3® (39®,6 au lieu de 39®,9.)
Il est à noter que la température de l'eau du bain s'est élevée de i/2 degré pendant les 20 minutes qu'y est resté le malade. Or, en laissant l'eau de la baignoire pendant 20 minutes à elle-même, le refroidissement de la masse du liquide est de 6/10 de degré. Donc le malade a perdu en chaleur: 1® 6/10 nécessaire pour élever l'eau du bain et la maintenir stationnaire; 2® 5/10 dont s'est accrue la température de la baignoire : total 1®,1. Il *a donc cédé plus de chaleur effective que ne l'indique l'abaissement du thermomètre
axîllaîre et rectal. (Ceci prouve que la thermométrie rectale ne donne nullement la mesure exacte de la température centrale.)
2 octobre. On suspend le bain aujourd'hui. La température axillaire, le matin, esl de 38^»2, le soir de 39*,6. Peut-être un peu plus d^abattement que les jours précédents. Toujours des fuliginosités de la langue, de la diarrhée et de la prostation. Taches rosées excessivement confiuentes et ce tendant nullement à s'éteindre.
3 octobre. — Bain à 25^. La température axillaire s'abaisse de 4|iO de degré, ainsi que la température rectale: le soir, même ascension thermométrique que la veille; on entre dans la période des grandes oscillations. Gomme les autres fois, le bain est mal supporté, et le malade a du frisson. Chez ce malade, d'ailleurs, les capillaires périphériques se paralysent facilement, et l'on voit appa rattre très-rapidement la tache cérébrale. Ceci est en rapport avec la facilité avec laquelle il se refroidit^ et aussi communique sa chaleur à Peau. Ge dernier bain à 25<^ était à la fin des vingt minutes à 25^,7 ce qui supposB line déperdition de 300 colories environ.
Le 4 et le 5 octobre, état stationnaire, = fuliginosités et langue fendillée, douloureuse = (Glycérine boratée).
6 octobre. Le malade est moins prostré : il a toujours une éruption très-confluente de taches rosées : point de râles dans la poitrine.
8 octobi^e. Il y a plus d'agitation, ce matin le thermomètre monte à 39<^^6. — Garde*robes méléûiques hier soir. Un peu de subdelirium la huit. Toujours taches rosées confluentes.
Julep avec ext. ratanh. J g gr. chaque.
Bain 30°.
Frisson intense après le bain, dont l'eau s'est élevée d'un demidegré environ. La température a aussi varié.
T. Axillaire = 39*,6 avant le bain. 38^,4 après le bain. — Rectale = 39o,8 — 38o,6 après le bain.
Le soir, la température de l'aisselle n'est remontée qu'à 39^,3 . Le malade est somnolent, mais tranquille. Pas de râles. Langue meilleure. Léger épistaxis.
10 octobre. L'état général reste le même. Un peu de toux. La langue se déterge : il y a encore de la somnolence et de l'abattement Le pouls est à 88. Les taches rosées sont un peu moins confluentes, mais il reste toujours du gargouillement. Il y a quelques tendances à se produire de l'éry thème et des furoncles sur le siège. Toutefois, aucun râle dans la poitrine.
Bain à 3(y>.
Le bain esl mieux toléré. Le malade a frissonné encore un peu;
cependant après, la température axillaire a diminué d 1^,4; température rectale de 6 dixièmes. L'eau du bain a été échauffée de 5/10 de degré, en tenant compte du refroidissement de Teau, qur dans les 25 minutes était de 4/iO, on arrive à un total de 0,^ de degré d'échaufTementde Peau du bain.
Dans la soirée, la température du malade est revenue à son point de départ, 39«,8.
li octobre. Pouls à 88. Moins de diarrhée et de somnolence,^ mais encore de l'oppression et un peu de délire la nuit.
i% octobre, La température générale est toujours très-élevée, même le matin (39o,8), affaiblissement extrême, abattement; pourtant lea phénomènes abdominaux diminuent, les taches rosées sont plus rares et le poumon est sans râle.
Nouveau bain à 3<^. La température axillaire s'abaisse de i<^,2.La température rectale encore davantage : elle est inférieure de 0,1 à la temp. axillaire (ce qui tient sans doute à ce que la température rectale a été prise plus tât que le temps axillaire).
Dans la nuit encore, beaucoup de diarrhée.
13 octobre. Même état (Lavement amidonné matin et soir.)
14. La diarrhée diminue dans la journée, mais reste intense le soir et dans la nuit (6 garde-robes.) Toutefois moins de stupeur. Pas d'écorchure du sacrum. (Potion ratanbia.)
Bain à 20°, frisson dans le bain et après le bain.
16 octobre. Sans cause connue, le malade a beaucoup plus de fièvre.
Le soir la température s'élève à 40^,8. La langue est encore trèssèche; la diarrhée persiste.
17 octobre. Ce matin le malade a eu des sueurs assez abondantes, 8,39<*. Toujours beaucoup de faiblesse, langue encore fuligineuse. Matité dans le sein inférieur gauche avec râle crépitant : gène respiratoire. Evidemment il y a un peu de pneumonie. (Vésicatoire en arrière et à gauche.)
19 octobre. — Moins de toux et d'oppression, mais état général plus mauvais. Affaiblissement extrême : geignements continuels. Les deux pieds sont enflés : il y a une écorchure gangreneuse à la partie supérieure de la cuisse gauche.
Du reste^ peu de diarrhée, et moins de ballonnement. Les taches rosées ont presque disparu, mais la langue reste sèche et la chaleur aussi forte. T. 40*^ le soir^ 39<^,6 le matin.
^0 octobre. — Subdélirium, geignements et plaintes continuelles. Pouls très-fréquent, à 120. Pas de nouvelles complications thoraciques, mais persistance du ballonnement du ventre. Les jambes restent enflées. Du reste, moins de diarrhée.
21 octobre. — Pouls à 130, le matin Température 39'»,2. Ventre ballonné. Pouls très mou, presque ondulant. Langue sèche, trem-
biotante : secousses convulsives des mâchoires^ quand il ouvre la bouche.
Dans lajournéele malade est repris d'une diarrhée abondante, il a une série d'évacuations noirâtres, hémorrhagiques. Le soir, je le trouve très-prostré, pâle, ayant encore toute sa connaissance. Le pouls eât d'une fréquence excessive, 140 presque imperceptible : la température est basse 38<^,3. Deux heures auparavant, il a eu des isueurs.
22 octobre. -- Pouls imperceptible : battement de cœur i44. Délire permanent, tranquille : tremblement de la langue. Température plus basse que le jour précédent.
Autopsie, le 24 octobre.
L'intestin présente des lésions considérables à partir de sa moitié inférieure. Tous les follicules clos et les plaques de Peyer sont couverts d'ulcérations profondes qui ne laissent voir aucune tendance à la réparation. Sur quelques-unes, il existe encore un bourbillon non détaché: la plupart laissent voir à nu la membrane péritonéale, et il suffit d'un peu d'eau pour amener plusieurs ruptures.
Au voisinage du cœur, les ulcérations sont confluentes et occupent la totalité de l'intestin. Les points non ulcérés sont tomenteux, tuméfiés^ noirâtres et gangreneux. L'intestin est flasque, de couleur feuille morte. L'élimination d'une de ces eschares parait avoir déterminé le melaena ultime.
Gros intestin sain.
Ganglions insentériques volumineux, ramollis et supprimés dans la partie correspondante aux ulcérations des derniers partis de l'iléon. Toutefois pas de traces de péritonite.
Rate très- volumineuse molle et diffluente.
Poumons complètement splénifiés dans leur moitié inférieure.
Cœur sain: ditalisme du ventimule droit, valmide incypide léger insuffisante (?)
Foie graisseux, reins Irès-congestionnés^
Rien d'appréciable aux méninges.
• Ces deux observations (iV et Y) ont été recueillies et rédigées par M. le D' Henri Rendu, qui a bien voulu nous les transmettre, aiosi que les tracés graphiques correspondants (PI, VI et VIII).
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