HISTOIRE DE L INVENTION DU LAM'NGOSCOPE
jamin Guy Babinglon montra à la Société huntériennf de Londres un instrument ressemblant beaucoup au laryngoscope aujourd'hui en usage. Ce médecin se servit de deux miroirs : le plus petit devait recevoir l'image laryngienne; l'autre, le plus large, devait concentrer les rayons solaires sur le premier. Le sujet tournait le dos au soleil, le miroir éclairant (un miroir à main ordinaire), étant tenu avec la main gauche, le miroir laryngien — en verre étamé — était introduit avec la main droite. Un mécanisme très-simple unissait le miroir lanngien à un abaisse-langue. Par ce moyen on s'efforçait de suimonter un des plus sérieux obstacles de la lanngoscopie. Un ressort, placé entre la tige du miroir laryngien et la spatule, était fixé de manière qu'en rapprochant les deux manches, on déprimait la langue. Plus tard (entre les années 1829 et 1835), le docteur Babington abandonna la combinaison du miroir uni à la spatule, et employa des miroirs d'une ressemblance parfaite avec ceux qui sont maintenant en usage. Les miroirs furent faits en acier poli et inclinés sur leur tige sous un angle de 120 degrés. Quoique le docteur Babington se soit servi de son laryngoscope sur beaucoup de malades, on ne trouve aucune observation dans laquelle l'emploi de l'instrument soit signalé.
La date de la publication d'une découverte sert généralement à assurer la priorité à son inventeur. Aussi, Babington doit-il être regardé comme l'inventeur du laryngoscope. En effet, tandis qu'une relation de son invention était publiée à Londres en mars 1829, l'essai de Seen pour examiner le larynx ne fut publié à Paris
HISTOIRE DE L'IiNVENTION DU LARYNGOSCOPE. il
qu'après le mois d'août de la même année (1). Les titres de Babington reposent aussi sur une base plus scientifique, car, tandis que Seen essayait d'employer un miroir laryngien^ Babington inventait le laryngoscope. Avec le miroir seul il était impossible devoir l'intérieur du larynx; mais lorsqu'on se servit en même temps d'un système d'éclairage, Texamen devint, sinon facile, du moins possible. La seule différence entre la méthode de laryngoscopie du docteur Babington et celle usitée aujourd'hui consiste en ce que maintenant la lumière est projetée dans le larynx (ou plutôt sur le miroir laryngien) par un miroir circulaire attaché à la tête de l'opérateur, tandis qu'autrefois l'éclairage était obtenu par un miroir qu'il tenait à la main. Le docteur Babington ne paraît pas avoir employé la lumière artificielle, et ses miroirs étaient d'une construction peu perfectionnée. Ceux qui ont appris l'emploi du laryngoscope apprécieront aisément combien il est difficile d'éclairer le larynx avec un miroir tenu à la main, et, dans ce pays où souvent le soleil ne brille pas de plusieurs semaines, l'art de la laryngoscopie n'aurait jamais été florissant si la lumière artificielle n'eût été substituée à la lumière solaire.
BENNATi.Enl832(2), tandis que Babington travaillait
(1) La lettre du docteur Seen à Téditeur du Journal des progrès, qui accompagnait Tobservation, est datée d'août. Probablement elle ne fut publiée qu*un ou deux mois après.
(2) Recherches sur le mécanisme de la voix humaine, p. 37 (note). Bennati dit : a Au moyen d'un spéculum que j'ai imaginé. » Comme M. Trousseau parle des expériences de Bennati avec le miroir de Selligue, et comme il est hors de doute que Selligue ail inventé un miroir laryngien,
.njF^