‹ Du lipomeChapitre 6 sur 13 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Il existe des lipomes sur presque tout le corps, au tronc, aux membres : une remarquable symétrie sVbserve dans leur distribution. Sur le tronc, des deux côtés de la ligne médiane, se rangent par paire des tumeurs de forme et de volume parfaitement semblables en avant comme en arrière. Aux membre.’, celles du côté gauche ont leurs analogues au côté droit; enfin quelques-unes sont impaires et occupent la ligne médiane , comme sons la mâchoire et au pubis. Ce* homme n’éprouve du reste, dans sa santé habituelle, aucun dérangement; le

mouvement seul est gène dans plusieurs sens : celui de flexion en avant est contra rie par le volume des tumeurs antérieures, celles qui occupeul la partie iulerne du bras et le creux axillaire gênent les mouvements du membre supérieur, etc.

Distribution et nombre des lipomes. — Partie antérieure.

1° Face. Deux sout situés de chaque coté du maxillaire inférieur , ils ont le volume d’une petite orange.

2° Tronc J épaules. Deux de chaque côté, au niveau externe de la clavicule; même volume.

3° Cou. Deux de chaque côté, à la partie antérieure; un impair sur la partie médiane ; même volume.

4° Région thoracique. Deux pairs, situés de chaque côté, au-dessus du sein: deux au niveau du mamelon, très-volumineux, séparés par une ligne médiaue; au-dessous de ceux-ci, se trouvent deux masses graisseuses formées de chaque côté, à gauche, par une seule tumeur; à droite, par deux.

5° Région abdominale. Deux à i’hypogastre , volumineux comme la tète d’un foetus.

6° Membres thoraciques. A droite et à gauche, à la partie externe du deltoïde et sous chaque aisselle ; en tout six.

7° Membre abdominal. De chaque côté de la cuisse, à la partie externe et au tiers supérieur , deux lipomes volumineux comme la moitié delà tète d’un fœtus.

Partie postérieure. Deux à la région mastoïdienue de chaque côté et en haut du raphé médian; deux au bas de ce raphé, et disposés sur ces côtés; deux à I l’angle inférieur de l’omoplate.

A la région dorsale, on trouve en outre, disposées par paires, de chaque côté de la colonne vertébrale, dix tumeurs petites.

Une impaire et médiane se trouve eu haut du sacrum.

Total.

Lipomes pairs . *. . . . 40

Lipomes impairs .

La peau ne présente habituellement aucun changement; quelque- I fois cependant elle est sillonnée par des veines nombreuses, comme I le démontrent une observation de Marjolin et une de Dupuylren; I quelquefois la peau est rouge, amincie dans le point le plus saillant, I rarement tdcérée. Quand le lipome siège dans les aréoles profondes I du derme, nous avons vu qu’il soulevait celui-ci, se pediculisait, et

que la peau formait une espèce de sac tout autour de lui. Il peut se faire que la tumeur se présente sous forme de deux petites masses tabulées, sous-jacentes, et réunies par une sorte de collet. Une observation de M. Broca , recueillie dans le service de Gerdy, nous fait voir que cette disposition lient à ce qu’un lipome, développé primitivement entre le fascia profond et l’aponévrose, avait envoyé une expansion à travers le tissu cellulaire jusque dans les couches superficielles. Enfin Lisfranc a trouvé deux lipomes sous-jacents, séparés par une cloison fibreuse et n’ayant entre eux aucune relation.

Le lipome peut revêtir deux formes : la forme lisse et la forme tabulée. Dans la forme lisse, le toucher et la vue ne constatent aucune irrégularité de la peau ou de la tumeur, et la main exploratrice perçoit une sensation analogue à celle qu’elle éprouverait si elle était remplie de laine. Dans la forme tabulée, tantôt la peau présentera à la vue des saillies et des* dépressions , tantôt la palpation seule fournira une sensation particulière, due au choc des. tabules entre eux.

Quand les lipomes sous-cutanés sont multiples, ils ont le plus souvent un petit volume , celui d’un pois, par exemple, et siègent entre la peau et le fascia super ficialis; leur forme est sphérique ou aplatie; quelquefois leur petitesse est telle qu’on ne les constate qu’en pinçant la peau, et ils sont tellement adhérents à celle-ci qu’on Ses prendrait pour des tubercules développés dans son épaisseur.

Le lipome superficiel, en augmentant de volume, ne pourra exercer de compression fâcheuse que sur les éléments contenus normalement dans le tissu cellulaire ; mais cette compression même sera toujours bornée à d’étroites limites, en raison de la facilité de un' développement, favorisé paria laxitéde la peau et du tissu cellulaire.

On comprend qu’il ne devra plus en être de même quand le lipome sera exclusivement sous-aponévrolique ; bridé par l’aponévrose, il pourra comprimer les éléments vasculaires et nerveux de la région, enrayer le jeu musculaire, causer des déviations ou gêner

line fonction importante. On trouve dans les Annales de la chirurgie française et étrangère une observation recueillie par Asmus d’une tumeur dont le volume était tel qu’elle entraînait la tête de son côté et rendait la respiration assez difficile.

La compression exercée par la tumeur sera d’autant plus énergique que les tissus environnants seront plus résistants et permettront moins son développement.

L’observation suivante démontrera qu’un lipome de peu de volume, situé dans l’espace intercostal, a cependant pu déterminer des douleurs très-vives, parce qu’il se trouvait bridé par les aponévroses de cette région.

Page 1