DURÉE DU BAIN ET DE SA TEMPÉRATURE
cherches qu'il a commencées, etje ne me permettrai pas moi-même, quant à présent, d'en tirer non plus des conséquences que je veuille donner pour règle. Cependant , voici quelques résultats qui doivent déjà appeler toute l'attention des médecins :
Si l'on plonge un animal, dont la température naturelle est comme chez l'homme, d'environ 40 degrés, dans un bain ayant une température plus élevée, 50 degrés, par exemple, et pendant seulement quelques minutes , la température de cet animal monte rapidement jusqu'à 45 ou 46 degrés; mais alors il succombe.
Si, au contraire, on plonge un même animal dans un bain ayant une température inférieure à celle de sa chaleur naturelle, il perd de cette chaleur, et plus ou moins , suivant que la température du bain est plus ou moins basse, et qu'il y reste plongé plus ou moins longtemps, et cet animal meurt si le bain est assez froid pour que sa température naturelle s'en trouve abaissée jusqu'à 20 degrés , unpeu plus ou un peu moins. Ainsi, par exemple, si l'animal est plongé dans un bain à 30 degrés^ il arrive ordinairement qu'au bout d'une demi-heure sa propre température s'est abaissée à 38 ou 37 ; si on le plonge dans un bain à une température plus basse, sa chaleur naturelle diminue encore davantage, et toujours proportionnellement à celle du bain ; enfin, il paraît résulter des expériences qui ont été faites jusqu'à présent, que la chaleur de notre corps subit toutes les influences des milieux dans lesquels nous nous trouvons ; qu'elle acquiert ou perd plus ou moins de degrés, suivant la température de ces milieux, et que la mort est une conséquence de son élévation de
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4 à 5 clc[]rés au-dessus de son état normal , de même que de son abaissement à environ 20 degrés au-dessous.
Pour donner une idée plus exacte de l'effet produit par un bain froid, il me suffira de rapporter ici une des expériences qui ont été faites par M. Magendie. Il a fait plonger un lapin, dont la température naturelle était de 40 degrés, dans un bain à 8 degrés. Après 5 minutes, sa température était tombée à 35 degrés; après 15 minutes, à 31 degrés; après 45 minutes, à 26 degrés; après 75 minutes, à 24 degrés; après 105 minutes, à 24 degrés; après 120 minutes, à 23 degrés; après 135 minutes, à 22 degrés, et alors l'animal est mort.
J'ajouterai, comme une chose remarquable qui résulte de ces expériences, qu'après avoir refroidi un animal jusqu'à un certain point, si on le retire du milieu froid dans lequel on l'avait plongé, sans le réchauffer ensuite artificiellement, sa température peut continuer à baisser encore pendant quelque temps , même en le tenant dans un milieu atmosphérique très supportable, de 10 à 1 2 degrés par exemple, et qu'il peut même alors arriver, si sa température a été d'abord fortement abaissée par le moyen employé pour le refroidir, qu'elle continue à baisser assez pour amener la mort.
Un autre effet remarquable, c'est que, lorsqu'on élève la température d'un animal à environ 4 à
5 degrés au-dessus du degré normal , il devient insensible comme par l'effet du chloroforme ; qu'il perd également sa sensibilité lorsqu'on abaisse sa température jusqu'à ce qu'elle ne soit plus que de 27 ou 25 degrés, et qu'il la recouvre dès que sa