I.A JlÉTllOÜt CIIAPHIQUE
réalité qu’une idée fausse. Toutefois, dans certains cas, la moyenne peut être prise exactement, lorsque la statistique ne néglige aucun des éléments de ses évaluations.
Le graphique, formé d’après les chiffres de la statistique, permet d’extraire la moyenne d’intensité du phénomène par des procédés mécaniques. Soit, par exemple, un cas analogue au tableau déjà connu de la mortalité du choléra. Supposons qu’on ait collé le tableau tout entier sur une feuille de plomb d’épaisseur bien égale. Ce tableau présente une longueur de 50 centimètres, par exemple, sur une largeur égale. Son poids total sera évidemment celui de 2500 petits carrés de plomb de 1 centimètre chacun, qui peuvent être considérés comme formant la surface totale. Supposons qu’on ait coupé la feuille en deux parties, en suivant la courbe du graphique. Il est clair que le poids de la moitié située entre l’abscisse et la courbe se composera du poids total de tous les centimètres carrés dont chacun correspond, par exemple, à un décès dans la statistique générale. La pesée pourra donc nous donner du premier coup la notion du total. — Mais, d’autre part, ce poids total divisé par le nombre des jours, c’est-à-dire la longueur de l’abscisse en centimètres, nous donnera le pôids moyen entre toutes les séries de petits carrés de plomb, de longueurs différentes, qui correspondent aux différentes intensités de la mortalité. De ce poids moyen il sera facile de déduire l’intensité moyenne de la mortalité pour chaque jour.
J’ai choisi cet exemple parce qu’il nous était déjà
Digltized by Googl
ioll DU MOUVEMENT DANS LES 1 ONC.TIONS DE LA VIE.
connu; mais vous comprenez qu’il n’y aurait aucun intérêt à chercher par des procédés mécaniques un total et une moyenne que l’arithmétique nous fournirait bien plus simplement. J'ai voulu seulement vous faire connaître un procédé qui pourra vous fournir de précieux résultats dans des conditions particulières que nous rencontrerons plus tard (1).
En résumé, la méthode graphique fournit une représentation claire et saisissante de l’ensemble des phénomènes constatés dans des observations ou des expérimentations successives. Pour qu’un graphique ait toute sa valeur, il faut que les observations soient assez rapprochées les unes (Jes autres, et que la ligne qui rejoint les différents points d’observation forme pour ainsi dire une courbe continue. La construction de ces figures nécessite en général beaucoup plus de travail que celle d’un tableau statistique, mais elle présente une netteté qui mérite bien qu’on la recherche au prix de quelques difficultés. De plus, dans un relevé d’expériences, il est facile de dissimuler certains vices de l’observation ; on peut négliger d’observer un ou plusieurs phénomènes pendant un certain temps, ces omissions disparaissent au milieu des chiffres accumulés arbitrairement. Mais si l’on veut construire la courbe des phénomènes observés, ces lacunes apparaissent tout de suite, et montrent au premier coup d’œil combien l’observation avait été incomplète et combien elle mérite peu de confiance.
(1) Ce procédé a été intruduit dans la physiolugic par Volkiuaiiii, >iui l'employa dans ses études il'hémodyiianiique.
LA MÉTIIUUE GKAI'HIUL'Ë. 105
Nous allons suivre maintenant cette méthode ramenée à des conditions de simplicité et de certitude parfaites, dans l’emploi des appareils enregistreurs à indication continue.