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L'étude sur la progression des populations franco-américaines m'a amené à signaler incidemment l’infériorité du développement des catholiques d’origine anglaise. Cette remarque peut paraître contradictoire avec les opinions, généralement accréditées, sur la rapidité avec laquelle le catholicisme a progressé aux États-Unis depuis un demisiècle. 11 semble constant que cette progression dans les États a été extraordinairement prompte; comment arriverait-il donc que dans la contrée voisine sa condition fût absolument différente, et que l’accroissement des catholiques anglais y fût extrêmement lent? N'y auraitil pas là quelque erreur d'appréciation? et si, au contraire, cette différence est réelle, quelles peuvent en être les causes? Telle est la question.
Nous répondrons d’abord à cette objection par une considération générale : à savoir que l’on ne peut établir aucune comparaison bien fondée entre la progression du catholicisme aux États-Unis et celle qu'il montre au Canada; en effet, dans ce dernier pays, les dénominations de croyance sont basées sur des recensements officiels, très bien faits, et dont la rigoureuse exactitude n’a jamais subi aucune critique sérieuse; tandis que, aux États-Unis, l'examen et le classement de tout groupe religieux élant légalement interdit, il en résulte que toute statistique religieuse ne repose que sur des évaluations plus ou moins probables.
Enfin, la comparaison que l’on voudrait faire ici pècherait encore par une raison dirimante : la médiocrité de progression que nous signalons dans le Canada, ne s'applique qu'aux catholiques anglais séparés des autres, tandis que les évaluations dressées sur le développement des catholiques américains les comprennent tous en bloc et sans distinction d’origine. Or, il est possible que si l’on évaluait séparément les catholiques d’origine anglaise, avec des procédés de recen-
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