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CAS DANS LESQUELS LE NAPHTOL CAMPHRÉ EST INDIQUÉ

D'une façon générale, il est indiqué dans deux cas :

1° Lorsque l’antisepsie est difficile à faire, comme dans les cavités, fistules, trajets, etc.

2° Lorsqu'une plaie est infectée et qu'on a besoin d’un agent antiseptique supérieur.

En effet, pour faire l’antisepsie des surfaces, les antiseptiques solubles suffisent, mais pour modifier une surface infectée, ordinairement anfractueuse, on aura grand avantage à employer un antiseptique insoluble, à condition qu'aucun point de la surface n'échappe à l’action de l’antiseptique. Le médicament antiseptique insoluble restera là où il aura été déposé et exercera son pouvoir d'une façon continue aussi longtemps qu'il n’aura pas été mécaniquement enlevé.

Nous avons réuni un certain nombre d'observations correspondant à presque tous les cas dans lesquels on peut employer le naphtol camphré.

En les parcourant, on verra que le naphtol camphré est indiqué dans les plaies par armes à feu de petitcalibre, pour désinfecter le trajet, dans les plaies par coup de couteau, de stylet. Nous avons rapporté (observation XVIÏ) l'observation d'un homme qui reçoit un coup de stylet dans la poitrine au-dessous du mamelon, qui a craché le sang et arrive à l’hôpital avec 40° de température.

On craint un phlegmon diffus, on pratique une contre-ouverture et on injecte du naphtol camphré dans le trajet. Le

= — lendemain la température tombe à 38 degrés et baisse encore les jours suivants. Le phlegmon a été ainsi évité.

Dans les fractures de jambe, compliquées de plaie (observations XX et XXI), surtout si l’orifice est étroit, au lieu de faire de grands débridements pour faire un lavage jusqu'au fond de la plaie, il suffira de pousser une injection de naphtol camphré dans le trajet, puis faire un pansement superficiel avec de la gaze au salol, de l’ouate, et d’immobiliser le membre pour obtenir une guérison complète et rapide.

Le 18 octobre 1888, M. Reboul, interne de M.le Dr Périer, ouvre un énorme abcès périnéphrétique (observation XIX), d'où on retire trois litres de pus. Il injecte cinquante grammes de naphtol camphré, bourre la plaie de gaze au salol, imbibée du même liquide. Après trois ou quatre pansements semblables, la suppuration est tarie, la plaie bourgeonne et, un mois et demi après l'ouverture de l’abcès, le malade sort guéri.

Nous ferons remarquer à propos de cette observation qu’on avait à guérir une cavité vaste et profonde, difficile par cela même à désinfecter et que, dans ce cas, l'emploi du naphtol camphré était bien indiqué.

On l’emploiera aussi avec succès dans toutes les plaies atones suppurantes. C’estun stimulant. Sous son action, la plaie bourgeonne activement, la suppuration se tarit et la guérison survient en peu de temps. Nous donnons une observation d’ulcère variqueux recouvert de pus infect, guéri en deux semaines (observation [).

Dans les plaies contuses, suppurantes, dans les foyers et plaies infectées, panaris, fistules à l’anus, adénite chancreuse, hygroma suppuré, il rendra de grands services.

Dans les furoncles, les anthraxs, son emploi est indiqué comme pansement externe, mais on donnera en même temps, à l'intérieur, le naphtol à la dose de 2 gr. 50. On sait combien

2 RE l'antisepsie des cavités articulaires doit être rigoureuse. Nous n’avons pas d'observations d'opérations faites sur les articulations, mais nous savons que le naphtol camphré a été employé dans ces cas, et qu’il a donné de beaux résultats.

Dans un écrasement de la jambe gauche par roues de wagon, avec amputation de la cuisse gauche (observation XXIT), on verra que, grâce à l'emploi du naphtol camphré dans les pansements, la gangrène partielle d’un lambeau n’a déterminé ni suppuration infecte, ni élévation de température.

Enfin nous donnons, in extenso, une observation de septicémie gangréneuse, publiée par M. Reboul, dans la France médicale. Elle est absolument concluante. Grâce à l'emploi du naphtol camphré, grâce à l’antisepsie intestinale, réalisée par l'injection journalière de ?2 gr. 50 de naphtol on a pu guérir une septicémie gangréneuse extrêmement grave, puisque la crépitation gazeuse et la tuméfaction avaient envahi l’abdomen et même le thorax.

La cavité utérine, dont l'antisepsie est si difficile à faire, est parfaitement désinfectée par une seule injection de naphtol camphré. On peut prévoir, par l'emploi de cet antiseptique, une grande amélioration dans le traitement des métrites, et surtout des métrites cervicales.

Eafin, le naphtol camphré est surtout indiqué dans la tuberculose, soit dans la tuberculose cutanée, soit dans l’adénite tuberculeuse. Nous ne faisons que signaler son emploi dans ce Cas, Car nous savons que la question est à l'étude et qu'il paraîtra prochainement un travail sur ce sujet.

En résumé, on se trouvera bien de se servir du naphtol camphré dans toutes les plaies difficilement accessibles, fistules, cavités naturelles ou artificielles, trajets, dans les foyers et plaies infectées, dans Les septicémies, les gangrènes et surtout dans la tuberculose.

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