‹ Du Naphtol Camphré et de son emploi en chirurgieChapitre 4 sur 28 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le nombre des substances antiseptiques employées pour le pansement des plaies est considérable. Celles dont on se sert le plus communément sont: L’acide phénique, l’acide borique, les sels de mercure, le chlorure de zinc, le nitrate d'argent, le chloral, l'iodoforme, le salol et le phénol camphré (1).

Mais tous ces agents antiseptiques ont des inconvénients.

La substance antiseptique idéale serait celle qui aurait, portées au plus haut degré, les quatre qualités suivantes :

1° Celle de tuer les germes ou tout au moins d'en empêcher “la production;

2 De n'être pas toxique ;

3° De ne pasirriter les téguments;

4° De n’avoir pas d’odeur.

Le naphtol camphré nous a semblé être, en attendant mieux, l’'antiseptique qui réunit le moins mal ces quatre conditions.

(1\ À propos de phénol camphré, nous ferons remarquer que cette substance ne doit pas être additionnée d’alcool, car dans ce cas elle détermine de vives souffrances et provoque une réaction inflammatoire parfois un peu vive.

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Avant d'entreprendre l'étude de ce médicament, nous devons dire comment on songea à l'employer en chirurgie.

A l'époque où M. le D' Périer obtenait d'excellents résultats avec l'emploi du phénol camphré, M. le professeur Bouchard, dont nous étions alors l'externe, faisait depuis deux ans des recherches sur un nouvel agent antiseptique, le naphtol B. ‘

Le 24 octobre 1887, M. le professeur Bouchard communiquait à l'Académie des sciences le résultat de ses recherches. Après avoir déterminé et mesuré le pouvoir antiseptique du naphtol et son pouvoir toxique, il était amené à conclure que le naphtol mérite, dans certains cas, d’être préféré à tous les antiseptiques actuellement connus. Ce qui lui vaut cette supériorité, c'est sa très faible solubilité.

M. le D' Périer, frappé des résultats obtenus par M. le professeur Bouchard, en médecine, avec l’emploi du naphtol, songea à l’employer en chirurgie; mais, nous venons de le voir, le naphtol est presque insoluble dans l’eau (0 gr. 2 pour 1000 gr.). On ne pouvait songer à l’employer en solution.

Le naphtol en poudre ne répondait pas non plus au but que l’on se proposait. Il fallait trouver un produit facilement maniable.

M. Desesquelle, interne en pharmacie du service, ayant pu réaliser ce produit par le mélange du naphtol et du camphre, M. le docteur Périer l’'employa dans le pansement de certaines plaies.

Nous avions vu pendant notre année d’externat chez M. le professeur Bouchard les magnifiques résultats obtenus par l'emploi du naphtoi appliqué à l’antisepsie intestinale. Nous avons vu des dilates d'estomac, intoxiqués par les aliments putréfiés dans leur poche distendue, guérir par l'emploi du naphtol et un régime approprié; nous avions vu les selles de typhiques perdre leur odeur infecte 24 heures après l’inges-

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üon de 2 gr. 50 c. du même médicament, etles urines ne plus fermenter après l'addition de quelques pincées de poudre de naphtol. Nous connaissions donc bien la haute valeur de ce médicament. L'année suivante, nous observions les résultats. qu'il donnait en chirurgie dans, le service de M. le Dr Perier, Ce sont les fruits de nos observations que nous apportons dans cette thèse.

Nous venons de dire comment on a été amené à employer le naphtol en chirurgie.

Dans une seconde partie, nous étudierons les phénomènes physiques et chimiques du naphtol camphré, puis ses propriétés antiseptiques. |

Dans une troisième partie, nous verrons ses modes: d'emploi.

Nous étudierons, dans une quatrième partie, les cas dans lesquels il est indiqué.

Enfin, dans une cinquième et dernière partie, nous verrons les accidents qu’il peut produire. Mais, auparavant, nous voulons remercier notre maître M. le professeur Bouchard d’avoir bien voulu nous faire honneur d'accepter la présidence de notre thèse.

Nous sommes heureux de remercier, en même temps, nos savants maîtres dans les hôpitaux, M. le professeur Brouardel, doyen de la Faculté de médecine de Paris, dont nous avons été l’externe, MM. Berger et Segond, chirurgiens des hôpitaux, MM. Barth et Gaucher, médecins des hôpitaux, M. Maygrier, accoucheur des hôpitaux, et M. le D' Baratoux, qui nous a enseigné la laryngoscopie et la rhinoscopie. Enfin, à M. le Dr Perier, chirurgien de l'hôpital Lariboisière, agrégé de la Faculté de médecine, qui fut pour nous plus qu'un grand maître, qui nous à. aidé de ses conseils durant toutes nos études médicales, qui, dans trois maladies différentes, nous a donné ses soins dévoués, nous tenons à lui

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rendre publiquement l'hommage de toute notre reconnaissance. Merci, à notre ami M. Reboul, interne des hôpitaux de Paris, qui a bienfvoulu mettre à notre disposition un certain nombre d'observations. Merci aussi à notre ami Desesquelle, interne en pharmacie, qui nous a communiqué sur la partie chimique de notre thèse tous les renseignements que nous pouvions désirer.

NAPHTOL B.

Il existe deux naphtols isomériques, le naphtol À etle naphtol B, qui sont deux phénols mono-atomiques, correspondant à la naphtaline, comme le phénol ordinaire correspond à la benzine.

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