‹ Du Naphtol Camphré et de son emploi en chirurgieChapitre 7 sur 28 · ACTION DU CAMPHRE SUR LE NAPHTOL B · texte numérisé non relu

ACTION DU CAMPHRE SUR LE NAPHTOL B

On connaissait depuis longtemps la propriété qu'offre le camphre de donner un liquide avec le phénol ordinaire, lorsqu'on mélange ces deux corps à poids égal.

Cette propriété remarquable a été signalée, en 1875 par un Italien, M. Buffalini, et M. Yvon a démontré à cette époque par une série d'expériences concluantes, que, contrairement à l'opinion de M. Buffalini, le phénol camphré constituait une simple dissolution et non:une combinaison entre le phénol et

le camphre. Il est bon de rappeler aussi, que, longtemps avant l'observation de M. Buffalini, Perceval et Chamberland, chimistes anglais, et plus tard Planche avaient remarqué que le camphre ramollit un grand nombre de résines. Mais ces chimistes ne donnèrent pas l'explication de ce phénomène.

M. Desesquelle, interne en pharmacie du service de M. le D' Perier, signala dans le courant du mois de septembre 1888, la propriété que possèdent les naphtols de se liquéfier dans le camphre comme le phénol ordinaire. Quand il entra dans le service de M. le D' Perier qui employait depuis longtemps le phénol camphré, il venait de quitter le service de M. le professeur Bouchard, dont les travaux sur le napthtol avaient été publiés l’année précédente. Guidé par une simple déduction, M. Desesquelle rechercha si cette action du camphre était applicable aux naphtols À et B, qui font partie de la classe des phénols et le résultat de ses premières recherches, répondit à ses prévisions. Mais il fut conduit rapidement à constater que cette action du camphre n’était pas propre aux phénols et aux naphtols, mais qu’elle était commune aux corps de la classe des phénols et même à certains dérivés phénoliques.

On peut consulter à ce sujet les diverses publications, qui ont été faites dans les Archives de pharmacie (5 septembre 1888 et 10 mai 1889), dans le Mémorial de M. le D' Constantin Paul (pour l’année 1889) et dans le Journal de médecine et de chirurgie pratique de M. Lucas-Championnière (10 février 1889).

On peut, en effet, obtenir, à la température ordinaire, des produits identiques au phénol et aux naphtols camphrés, en mélangeant, dans des porportions variables, le camphre avec certains de leurs dérivés, tels que la resorcine, le pyrogallol, le thymol, le salol, etc.

Tous ces mélanges s'accomplissent avec un abaissement de température considérable. Mais, nous le répétons, cette action du camphre à la température ordinaire, ne s'exerce que sur certaines phénols et certains de leurs dérivés. Ainsi l’hydroquinou, par exemple, mélangé avec le camphre, ne donne point de produit liquide à la température ordinaire. Mais, vient-on à chauffer le mélange de ces corps vers 65°, les deux corps entrent en fusion. Pourtant, e camphre fond à 172 et l'hydroquinou à 11%, L’acide salicylique, le tannin, l’acide gallique, qui sont des acides-phénols, se comportent comme l’hydroquinou.

Ces faits prouvent donc que du mélange des phénols et de leurs dérivés avec le camphre, résulte un abaissement du point de fusion de ces corps.

Parmi les corps appartenant à la classe des phénols, les uns, comme le phénol ordinaire, qui fond à + 42e, le salol à + 4%, le thymol à + 15, le naphtol à -L 94e, la resorcine à + 119%, le pyrogallol vers 115°, le naphtol B vers 12%, entrent en fusion à la température ordinaire, lorsqu'on les mélange avec le camphre en certaines proportions ; les autres, comme l’acide salicylique, fusible à + 155°, l'hydroquinou à + 17%, le tannin à + 210°, l'acide gallique à + 220° n’entrent en fusion qu à la condition de chauffer le mélange. Mais le point de fusion des deux corps mélangés est de beaucoup inférieur au point de fusion de chaque corps pris isolément.

Il serait intéressant de déterminer dans l'échelle des points de fusion des phénols et de leurs dérivés, le degré de séparation qui doit exister entre les points de fusion de ces corps, susceptibles de donner des produits liquides, lorsqu'on les associe au Camphre à la température ordinaire, et les points de fusion, réfractaires! à la fusion de cette température.

Nous pouvons maintenant nous rendre compte des change-

de NI

ments de consistance, éprouvés par les matières résineuses associées au camphre. Il faut attribuer cette action du camphre à la présence des phénols ou des dérivés de phénols dans ces substances. Ainsi, nous trouvons l’oréine dans l’aloès, l’acide protocatéchique et la résorcine dans l’assa-fœtida, la pyrocatéchine dans le benjoin, l'acide protocatéchique dans le gaïac, la phloroglucine dans la gomme-gutte, et le sang-dragon, etc.

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