‹ Du page. 18. éd. seule conforme à celle de 1821, augm. de lettres inédites de l'auteur, de notes et d'une table analytiqueChapitre 2 sur 83 · F.-Z. COLLOMBET · texte numérisé non relu

F.-Z. COLLOMBET

(1) Sainte'BcuTc , ibid. pag. 380.

LEÏTHKS INÉDITES

DE J. UE IfL%IS»TItl<; A M. DEPLACE.

Turin , 19 décembre 1818.

Monsieur ,

J'ai reçu vos deux dernières lettres et la copie du premier livre. Je suis rongé de remords pour l'épouvantable ennui que j'aurai donné à votre cher enfant. Certainement il m*aura maudit et très-justement. C'est aussi à l'aido d'une demoiselle assez intelligente , que j'ai pu faire la petite besogne que je vous envoie et qui satisfait, je pense, à toutes nos observations. Lorsque vous en serez au chapitre des textes russes, je crois que vous fairez {sic) parfaitement bien de m'envoyer l'épreuve , autrement les textes esclavons seront tous estropiés et ne fairont nul effet en Russie , contre mes intentions les plus expresses. Vous n'êtes point obligé par les nouvelles lois d'affranchir à Lyon pour Turin. Ici ma charge me donne une franchise illimitée ; il faut mettre cette épreuve sous bande avec mon adresse officielle que vous lirez au bas de cette lettre. Je tiens beaucoup à ce que l'ouvi'age soit daté^ ou à la fln du discours préliminaire , ou à la fin de l'ouvrage (Mai 1817). M. B. * vous l'aura peut-être mandé. Mais, à propos de préliminaire , que dites-vous , Monsieur , de l'idée qui m'est venue de voir à la tête du livre un petit

(1) Buillot.

avani-propos de vous? H me semble (}u'il indoduiraii fort bien le livre daus le monde, et qu'il ne ressemblerait point du tout ù ces fades avis d'éditeurs fabriqués par Tauicur méme^ et qui font mal au cœur. Le vôtre serait piquant , parce qu'il serait vrai. Vous diriez qu'une confiance illimitée a mis entre vos mains l'ouvrage d'un auteur que vous ne connaissez pas, ce qui est vrai. Eu évitant tout éloge chargé qui ne conviendrait ni à vous , ni à moi , vous pourriez seulement recommander ses vues et les peines qu'il a prises pour n'être pas trivial dans un sujet use , etc. Enfin , Monsieur , voyez si cette idée vous plaît. Je n'y tiens qu'autant qu'elle vous agréera pleinement.

Je ne puis envoyer par ce courrier que ce qui concerne le premier livre , moyennant quoi : Passez le Rubicon , mais ce n'est pas sans trembler que je vous donne le signal.

J'enverrai le reste quand je pourrai ; je n'ai plus le temps d'écrire. Souvent je regretteiai ma ci-devant nullité , qui avait bien ses agréments. Notre excellent ami de Saint-Nizier vous aura sans doute fait connaître ma destination qui ne saurait être plus honorable ni plus avantageuse.

On ne saurait rien ajouter^ Monsieur , à la sagesse de toutes les observations que vous m'avez adressées , et j'y ai fait droit d'une manière qui a dû vous satisfaire ; car toutes ont obtenu de moi des efforts qui ont produit des améliorations sensibles sur chaque point. Quel service n'avez-vous pas rendu au feu Pape Honorius , en me chicanant un peu sur sa personne? En vérité, l'ouvrage est à vous autant qu'à moi, et je vous dois tout, puisque

vu sans vous jamais il n'aurait vu le jour, du moins à son honneur. — Tout le reste ù un autre ordinaire : — Voici mon adresse officielle :

A S. E. le Ministre d'état. Régent de la grande Chancellerie, Grand-Croix de l'Ordre royal de Saint-Maurice et de Saint-Lazare.

Je suis de tout mon cœur , Monsieur , avec la considération la plus distinguée et toute la reconnaissance imaginable ,

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