‹ Du Pansement Alcoolisé du Cordon OmbilicalChapitre 10 sur 12 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Nous avons exposé dans le chapitre précédent les diverses méthodes de pansement appliquées à la région ombilicale au moment de la naissance, et nous avons terminé notre énumération par l'exposé du pansement à l'alcool: nous allons examiner maintenant quels sont les avantages et les inconvénients, que peut présenter chaque procédé.

Il ne nous semble pas, tout d’abord, qu'il v ait un avantage quelconque à remplacer la ligature par l’une des méthodes plus ou moins compliquées que l’on a voulu lui substituer.

Le procédé de Martin (cautérisation du cordon par le fer à friser porté au rouge) expose à des brûlures graves de l'enfant; la méthode de Skene (dessication par un courant électrique) est difficilement applicable dans la pratique. De plus, ces deux procédés ont encore un inconvénient : c'est que Ja chute de l’escharre formée s'accompagne toujours de suppuration et, dès lors, il semble que l’on aille au-devant des

dangers que l’on veut précisément éviter.

Une pince à forcipressure, laissée à demeure dans le pansement, est chose génante: de plus, les tractions que, par son seul poids, cet instrument

exerce sur le moignon funiculaire, peuvent déterminer l'arrachement de celui-ci. Mercier (de Tours) et Duke ont fait subir à cette méthode des modifications heureuses et qui ont donné de bons résultats.

L'’omphalotripsie constitue également un procédé d'hémostase très recommandable, mais nullement supérieur à l'antique méthode de la ligature qui, plus simple, mérite d'être conservée.

Nous n'en dirons point autant des pansements divers que préconisaient les anciens auteurs. L'application sur le cordon ombilical d'un corps gras tel que le beurre, le cérat, l'huile ou la vaseline est très défectueuse et doit être condamnée. Les substances grasses, en effet, remplissent un tout autre but que celui qui doit être assigné au pansement ombilical, car elles empêchent l’évaporation, au lieu d'accélérer la dessication et la momification du moignon funicnlaire,

Les solutions antiseptiques présentent un gros inconvénient. Elles créent autour du cordon une atmosphèré humide qui ralentit la dessication et favorise la putréfaction, phénomène physiologique indépendant de l’action des microbes. D'autre part Facide phénique est extrèment dangereux, le nouveau-né est particulièrement sensible à l'action de cet antiseptique et Coste a signalé au Congrès de Marseille, en 1898, un cas d’empoisonnement à la suite d’un pansement phéniqué du cordon ombilical.

Les poudres antiseptiques sont préférables aux solutions, mais cependant, avec ce procédé de pansement l’épidermisation ombilicale n'est pas complète lorsque s'effectue l'élimination du moignon.

LT ASUS Les pommades antiseptiques sont passibles des mêmes reproches que les substances grasses.

Sans doute il y aurait injustice à ne point reconnaitre que les antiseptiques ont considérablement restreintle nombre desinfections que l’on observait autrefois. C'est sous l'influence de la méthode antiseptique que les épidémies de phlegmon de lombilic, d'érysipéle ont à peu près complètement disparu de nos jours, mais la méthode antiseptique, quelle que soit la forme sous laquelle elle est appliquée, présente cependant des inconvénients assez sérieux pour que divers auteurs se soient pr'éoccupés de découvrir un procédé meilleur.

La méthode aseptique à donné de forts bons résultats : lorsqu'elle est appliquée dans toute sa rigueur, elle ne s'accompagne d'aucune infection mais elle présente cependant un inconvénient. Toujours, en effet, on observe au niveau du sillon d'élimination du moignon funiculaire un petit suintement de sérosité louche qui entretient l'humidité de l'extrémité inférieure du cordon et retarde sa dessication et son élimination. De plus cette sérosité est un milieu de culture excellent pour les microbes et si lasepsie n'est pas parfaite on voit la sérosité devenir franchement purulente. L'ouate aseptique qui recouvre la compresse de gaze stérilisée, protège le moignon contre les violences de toutes sortes et assure la filtration de l'air, qui n'arrive au contact du cordon que purifié de tout microorganisme ; anais les occasions de contage sont tellement fréquentes qu'une asepsie rigoureuse est difficilement maintenue. Chaque jour les bains, les

changements de pansement, peuvent déterminer des infections, car la nourrice ou la garde ne possède le plus souvent que des notions d’asepsie rudimentaires.

Il ne nous semble done pas que la méthode aseptique, en dépit des avantages qu’elle présente, quand elle est rigoureusement appliquée, mette le nouveauné à l'abri des infections, d'autant plus que l’épidermisation ombilicale n’est pas achevée au moment de la chute du moignon funiculaire.

Les pansements occlusifs peuvent donner de bons résultats, quand l'asepsie est parfaite, mais on conçoit sans peine les accidents qui peuvent se produire, si des germes infectieux se trouvent au contact de la plaie du cordon, enfermés dans un pansement de plâtre, d'argile et de collodion.

L'application de ces substances (à part le plâtre) à également le désavantage de ralentir le processus normal d'élimination du cordon en empêchant l’évaporation.

L'emploi des poudres aseptiques, desséchantes et absorbantes présente de grands avantages. On obtient, en effet, par cette méthode tous les bénéfices du pansement aseptique, et l'absorption par les poudres, de la sérosité louche qu'on observe au niveau du sillon d'élimination, diminue dans des proportions considérables, les dangers d’une infection ombilicale.

Le pansement à alcool répond aux principales indications que doit remplir le pansement du cordon ombilical. ‘ |

L'alcool à une triple propriété, il est antiseptique, hygroscopique et dissolvant des graisses.

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Sans doute le pouvoir antiseptique de l'alcool est assez faible, mais cette substance transforme le cordon en un tissu impropre à la pullulation des germes. L'alcool empèche la putréfaction: c'est là une notion banale et connue depuis longtemps.

Le pansement à l'alcool respecte le processus normal d'élimination du cordon ; il détermine une dessication rapide du moignon funiculaire et permet de pratiquer, sans danger d'hémorragie et de blessure de l'intestin, au bout de 48 heures, l’amputation secondaire du cordon très près de l’ombilic. Cette considération à son importance, car la tige funiculaire desséchée est fort gênante et elle est souvent l’objet de tiraillements involontaires qui déterminent sa chute prématurée.

Sans doute, le pansement à l'alcool ne détermine pas la chute du moignon funiculaire aussi rapidement que les autres procédés de pansement, mais, lorsque cette chute se produit, l’épidermisation ombilicale est complète ou tout au moins presque complète, et la sécurité est dès lors absolue. Les infections ombilicales ne peuvent plus se produire, puisque un épiderme intact s'oppose à la pénétration des microbes dans l'organisme.

La méthode de pansement qu'emploie M. l’agrégé Fabre est très simple et elle peut être appliquée aisément par tout le monde. Il est facile de se procurer la matière première nécessaire au pansement et la technique du procédé lui-même est peu compliquée. |

Enfin, le pansement à l'alcool du cordon ombilical

MIO 7 offre encore un grand avantage. En effet, si par suite de l'application d'un pansement quelconque, on observe quelques complications du côté de l’ombilie, si le moignon tarde à se momifier ou présente un commencement de putréfaction, on peut procéder à un pansement alcoolisé et les phénomènes inquiétants ne tarderont pas à disparaître. Maintes fois, en de telles circonstances, M. l'agrégé Fabre a eu recours au pansement alcoolisé et toujours 11 a obtenu de très bons résultats.

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