Temp. : matin, 37°9 ; soir
Les pansements sont renouvelés chaque jour; la suppuration diminue sensiblement à partir du 10 août. Le drain est enlevé le 19. La température reste à peu près normale, et le malade sort le 2 septembre, ne présentant que deux petites fistules aux points où passait le drain. Durant toute sa maladie, il n’a jamais eu de frisson. LJappétit a toujours été excellent, la suppuration peu abondante et l’inflammation de la poche peu vive. Les résultats obtenus ont été excellents, si l’on tient compte de l’immense collection sanguine profonde que présentait le malade et de la région où elle était située.
Observation XI
( Due à l’obligeance de M. Tédenat, interne des hôpitaux de Lyon)
Ouverture de 4’arliculation du genou
Jean Lantelme, âgé de dix-huit ans, garçon de cave, rue Grenette, à Lyon, entre à l’Hôtel-Dieu le 20 février 1876, n° 26 de la salle Saint-Philippe. Ce jeune homme, doué d’une excellente constitution et quiavait toujours joui d’une parfaite santé, eut, le 18 février, le genou gauche pressé contre un mur par un tonneau poussé avec lorce. La douleur fut très-vive sur le moment; mais, après
une heure de repos, le malade put reprendre son travail. Le lendemain, le genou était fortement tuméfié. Jean essaya de travailler, mais il dut bientôt garderie repos.
Le 20, il entre à l’Hôtel-Dieu .
On constate un épanchement hématique très-considérable dans l’articulation. La rotule est soulevée de 3 centimètres; le choc rotulien est obscur et l’on sent une crépitation sanguine très-manifeste dans les culs-de-sacs synoviaux. Rien ne paraît annoncer une suppuration prochaine, quoique les douleurs soient trèsvives-. On place le malade dans une grande gouttière de Bonnet, pour avoir une immobilisation complète.
Le 22, la pression produit des douleurs atroces. La suppuration paraît en voie de se faire à la face externe de l’articulation. Le malade n’a pourtant pas eu de frisson et son état général est presque satisfaisant.
Le 24, la présence du pus est manifeste.
On pratique une incision de 15 centimètres, ayant son milieu au niveau de la ligne intra-articulaire externe. On retire environ 400 grammes de pus mêlé à de gros caillots sanguins. Irrigations phéniquées; pansement de M. Lister, fait avec soin et renouvelé chaque matin. La suppuration diminue de jour en jour, et, le 25 mars, le malade se promène dans la cour de l’Hôtel-Dieu. La plaie est complètement cicatrisée et l’articulation ne garde qn’une très-légère raideur.
ûrservation XII
Sylvain Chomard, âgé de 44 ans, a eu, le 8 août 1855, les deux derniers doigts de la main droite pris par une machine à forer la fonte. Les doigts ont été complètement écrasés, et une plaie profonde, occupant le tiers antérieur de l’espace interosseux correspondant, a été produite. L'amputation immédiate est faite juste en arrière de la tête des deüxièmes métacarpiens. Le malade est opéré et pansé selon la méthode listérienne. L’opéré est sans fièvre, et son état général est excellent jusqu’au IG août. Le malade sort ce jour-là de l’hôpital, fatigue sa main, qui devient douloureuse, rouge, et se tuméfie. De violents frissons surviennent le lendemain. La douleur de la main est contusive, insupportable. Le 20 août, le malade se décide à revenir à l’Hôtel-Dieu.
Il est couché au n° 9 de la salle St-Joseph. La main est le siège d’une énorme tuméfaction qui s’étend à l’avant-bras. Les bords de la plaie sont tuméfiés, grisâtres, gorgés par le pus, qui sort à flotspar la pression méthodiqueme nt exercée.
Il existe une collection purulente dans la gaine du muscle cubital antérieur, mais elle est sans communication avec le foyer purulent qui soulève les tissus de l’éminence hypothénar. Le soir, la tempéreture est de 40°5. Le malade a de nouveaux frissons, de la céphalalgie, une soif vive. On prescrit des cataplasmes et des frictions avec de l’onguent napolitain belladoné.
21. — Débridement de la collection purulente à 4 centimètres au-dessus du ligament annulaire. Un drain en Y est placé dans l’ouverture. A partir de ce moment, le pansement de Lister est fait deux fois par jour. Temp. : matin, 39°6; soir, 40°3.