‹ Du pape et du concileChapitre 79 sur 135 · I. NOTIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

I. NOTIONS PRÉLIMINAIRES

toute liberté pour interpréter les témoignages des Conciles, contredire librement leurs actes, juger de leurs décrets, et déclarer avec assurance tout ce qui nous semble vrai, soit qu'un Concile l'ait approuvé ou rejeté : Via nobis facta est ena-n^andi auctoritatem Conciliorum, et libère contradicendi eorum gestis, et judicandi eorum décréta, et confidenter confitendi quidquid verum videtur, sive prohatum fuerit sive reprobatum a quo~ cumque Concilio} Calvin^ a écrit dans lo même sens, et cette fausse opinion a été embrassée dans la suite par les autres Luthériens et par les Calvinistes; en effet, d'après ce que rapporte un auteur,^ Calvin et Béze ont affirmé « que tous les Conciles, quelque saints qu'ils soient, peuvent errer en ce qui concerne la foi. » D'autre part, la Faculté de Paris, en censurant le 29® article de Luther, a fait la déclaration suivante : Il est certain qu'un Concile général légitimement assemblé ne peut errer dans ses décisions en matière de foi et de mœurs : Certum est Concilium générale légitime congregatuin in fidei et morum determinationibiis errare non posse. Et, en vérité, il est souverainement injuste de nier l'infaillibilité des Conciles œcuméniques, attendu qu'ils représentent l'Eglise universelle ; par conséquent, s'ils pouvaient errer en matière de foi, l'Eglise tout entière pourrait aussi tomber dans l'erreur, et alors les athées seraient en droit de dire que Dieu n'a pas suffisamment pourvu à l'unité de la foi, comme il y était tenu, puisqu'il veut que tous professent une seule et même foi.

C'est donc un point de foi, que les Conciles généraux ne peuvent errer en ce qui a rapport aux dogmes et aux préceptes moraux.

(l) Asse7-t. art. 29. (2) Institut, l. 4. c. 9. n. 6".

(3) Joan. Wijtembogaert , epist. ad Ludovicam Colin.

494 V* TRAITÉ. DE l'aUTORITÉ DES CONCILES.

PREUVES

Cette vérité se prouve :

I. — Par les Saintes Ecritures : 1° Jésus-Christ a dit : Là où deux ou trois personnes sont assemblées en mon nom, je suis au milieu d'elles : Ubi sunt duo vel très congregati in nomine meo, ibi sum in medio eorum.^

A ce propos, Calvin fait l'objection suivante : " Donc, dit-il, un Concile qui ne serait composé que de deux personnes, ne peut non plus errer, si elles s'assemblent au nom de Dieu. » — Mais, comme l'a expliqué le Concile de Chalcédoine dans une lettre adressée au pape Saint Léon,^ et après lui le VP Concile œcuménique (IIP de Constàntinople),^ les mots « en mon nom »» ne s'appliquent pas à une réunion de personnes privées qui s'assemblent pour décider des affaires relatives à des intérêts purement privés, mais à l'assemblée de ceux qui se réunissent pour définir des points qui concernent toute la société chrétienne.

2° On tire une autre preuve de ces paroles de Saint Jean : Spiritus veritatis docebit vos omnem veritatem .-^ L'Esprit de vérité vous enseignera toute vérité. — Et avant cela, Jésus- Christ avait dit : Et ego rogabo Patrem, et alium Paraclitum dabit vobis, ut maneat vobiscum in œternum, Spiritum veritatis, etc. :^ Je prierai mon Père, et il vous donnera un autre Consolateur, pour qu'il demeure toujours avec vous, et ce Consolateur sera l'Esprit de vérité.

Ces paroles : « Ut maneat vobiscum in œternum, Spiritum veritatis, pour que ce Consolateur, qui est l'Esprit de vérité, demeure toujours avec vous, .•> nous donnent clairement à entendre que l'Esprit-Saint devait rester dans l'Eglise pour instruire des vérités de la foi, non-seulement les Apôtres, qui nétaient pas éternels dans cette vie mortelle, mais encore les

(I) Matth. 18. 20. (2) Relatio ad Léon. — Labb. t. 4. ool. 833.

(3) Act. 18. — Labb. t. 6. col. 1034. (4) Joan. 16. 13.

(5) Ibta. 14. 16 et 17.

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