INTRODUCTION DU TRADUCTEUR. XIX
est « le sentiment commun, » comme il l'appelle lui-même, « touche tout au moins à la foi: Nostram sententiam esse saltem FIDEI PROXIMAM ,* » tandis que la doctrine opposée . « parait tout à fait erronée et touchant à l'hérésie : Contraria videtur omnino erronea et hœresi proxima.! » Dans un autre endroit, il ajoute par manière de conclusion, ces paroles bien significatives : « Il résulte de tout ce qui précède, qu'en rapprochant le sens des Ecritures, les sentences des Souverains Pontifes, des Saints Pères et des Conciles eux-mêmes, on arrive à reconnaitre que notre opinion n'est pas tant la nôtre que celle de toute l'Eglise, comme elle en est la règle et l'esprit.? » Et ailleurs il déclare qu'il tient son opinion pour certaine ; * ailleurs encore il dit : « Les décisions du Pape sout infaillibles, lorsqu'il parle, fùt-ce même en dehors des Conciles, comme Docteur universel de l'Eglise, et qu'il définit ex cathedra** les controverses touchant la foiret les mœurs; » puis, citant Suarez, il ajoute : « Tel est actuellement l'enseignement de tous les docteurs catholiques, et je tiens que c'est là un point de foi certain;... le commun consentement de l'Eglise est si constant, et l'opinion des écrivains catholiques si unanime au sujet de cette vérité, qu'il n'est nullement permis de la révoquer en doute.f » Et notons ici que le Saint Auteur s'est exprimé dans un langage aussi catégorique, au cœur même du royaume de Naples, à une époque où le gouvernement de ce pays n'était que trop engoué des idées contraires, incarnées dans le Jansé-
nisme et le Fébronianisme dont il était le complaisant fauteur.
(1) IIJe Traité, $ I, page 421, et Append. II, page 654. (2) Ibid. $ II, page 474, et Append. II, page 687. (3) Ier Traité, ch. I, page 18. (4) Ibid. ch. IV. art. I, page 144.
(*) Nous avons e pliqué dans le corps du volume (IIIe Traité, $ I, page 421), le sens et la portée de cette expression théologique.
(**) Nous avons également donné quelques explications au sujet de cette expression, à l'endroit d'où ce passage est tiré Ier Traité, ch. IV. art. I. puge 141).