LIVRE III, CHAPITRE I
« que nous donne le malheureux Indien, l'Angleterre « lui refuse jusqu’au Nouveau Testament ’. Lorsque « l’auteur réfléchit au pouvoir immense de l’Église rôti maine dans l’Inde, et à l’incapacité du clergé anglican « pour contredire cette influence, il est d’avis que l’É- « glise protestante ne ferait pas mal de chercher une « alliée dans la syriaque, habitante des mêmes contrées, « et qui a tout ce qu’il faut pour s’allier à une Église « pure, puisqu’elle professe la doctrine de la Bible et « qu’elle rejette la suprématie du Pape ’. »
On vient d’entendre de la bouche la moins suspecte les aveux les plus exprès sur la nullité des Églises séparées ; non-seulement l’esprit qui les divise les annule toutes l’une après l’autre, mais il nous arrête nousmêmes et retarde nos succès. Voltaire a fait sur ce point une remarque importante : « Le plus grand obstacle, « dit-il, à nos succès religieux dans l’Inde, c’est la dif- « férence des opinions qui divisent nos missionnaires. « le catholique y combat l’anglican qui combat le luthé- « rien combattu par le calviniste. Ainsi tous contre « tous, voulant annoncer chacun la vérité, et accusant « les autres de mensonge, ils étonnent un peuple sim- « pie et paisible qui voit accourir chez lui, des extré- « mités occidentales de la terre, des hommes ardents « pour se déchirer mutuellement sur les rives du « Gange \ »
Le mal n’est pas, à beaucoup près, aussi grand que le dit Voltaire, qui prend son désir pour la réalité, puisque notre supériorité sur les sectes est manifeste, et solennellement avouée, comme on vient de le voir, par nos ennemis même les plus acharnés. Cependant la