‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 67 sur 295 · LIVRE I» CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE I» CHAPITRE XIV

dogmatiques des Souverains Pontifes, prononcées ex cathedra, ne sont pas sans appel, puisque certains conciles en ont examiné quelques-unes avant de les changer en canons.

Lorsqu’au commencement du siècle dernier, Leibnitz, correspondant avec Bossuet sur la grande question de la réunion des Églises, demandait, comme un préliminaire indispensable, que le concile de Trente fût déclaré non œcuménique , Bossuet, justement inflexible sur ce point, lui déclare cependant que tout ce qu’on peut faire pour faciliter le grand œuvre, c’est de revenir sur le concile par voie d'explication. Qu’il ne s’étonne donc plus si les Papes ont permis quelquefois qu’on revint sur leurs décisions par voie d’explication.

Le cardinal Orsi lui adresse sur ce sujet un argument qui me paraît sans réplique :

« Les Grecs nous accusaient, dit-il, en commençant « par l’exposition des faits, d’avoir décidé la question « sans eux, et ils en appelaient à un concile général. Sur « cela le Pape Eugène leur disait : Je vous propose le « choix entre quatre partis : 1° Etes-vous convaincus, par « toutes les autorités que nous avons citées, que le Saint- « Esjrrit procède du Père et du Fils ? la question est ter - « minée. 2° Si vous nêtes pas convaincus, dites-nous de « quel côté la preuve vous parait faible, afin que nous puis- « s ions ajouter à nos preuves, et porter celles de ce dogme a jusquà l’évidence. 3° Si vous avez de votre côté des textes « favorables à votre sentiment, cites-les. Si tout cela ne « vous suffit pas, venons-en à un concile général. Jurons « tous, Grecs et Latins, de dire librement la vérité, et « de nous en tenir à ce qui paraîtra vrai au plus grand « nombre1.»

Orsi dit donc à Bossuet : Ou convenez que le concile de Lyon (le plus général de tous les conciles généraux) ne

Jusjurandum demus , Latini pariler ne Grxci... Profrrnher [Hbcre veritas per juramentum, et quod pltmbus videbitvr, hoc amplectemur , et nos et vos.

fut pas œcuménique, ou convenez que l'examen fait des lettres des Papes dans an concile ne prouve rien contre l'infaillibilité, puisqu’on consentit à ramener, et qu’en effet on ramena sur le tapis, dans le concile de Florence, la question décidée dans celui de Lyon'.

Je ne sais ce que la bonne foi pourrait répondre à ce qu’on vient de lire; quant à l’esprit de contention, aucun raisonnement ne saurait l’atteindre : attendons qu’il lui plaise de penser sur les conciles comme les conciles.

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