‹ Du pape (volume 3)Chapitre 194 sur 208 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

De la Grèce et de son caractère. Arts, sciences, et puissance militaire.

Je crois qu'on peut dire de la Grèce en général ce que l'un des plus graves historiens de l'antiquité a dit d'Athènes en particulier, a que ses actions sont <K grandes , à la vérité , mais cependant inférieures à « ce que la renommée nous en raconte (2). »

(1) Deut qui digtiitatem humant generit mirabiliter eonsHtuisti et mirabiiiùs reformdsli ( Liturgie de la messe j.— DetM qui mirabililer eredsti hominem et mirabiliùs redemisti ( Liturgie du samedi-saint , avant la messe.)

(3) Atheniemium ret getiœ^ iieutego exittumo^ satis amplœ magnifteœque fuere; verUm àliquantà minores qudm famd feruntur. (SaUust.,Cat. VIII.)

Un autre historieD , et si je ne me trompe , le premier de tous, a dit ce mot en pariant des Tiiermopyles : « Lieu célèbre par la mort plutôt que par la « résistance des Lacédémoniens (1). » Ce mot extrêmement fin se rapporte à Fobservation générale que j'ai faite.

La réputation militaire des Grecs proprement dits fut acquise surtout aux dépens des peuples de l'Asie, que les premiers ont déprimés dans les écrits qu'ils nous ont laissés, au point de se déprimer eux-mêmes. En lisant le détail de ces grandes victoires qui ont tant exercé le pinceau des historiens grecs, on se rappelle involontairement cette fameuse exclamation de César sur le champ de bataille où le fils de Mithridate venait de succomber : — «0 heureux « Pompée! quels ennemis tu as eus à combattre! » Dès que la Grèce rencontra le génie de Rome, elle se mit à genoux pour ne plus se relever.

Les Grecs d'ailleiu*s célébraient les Grecs : aucune nation contemporaine n'eut l'occasion, les moyens, ni la volonté de les contredire ; mais lorsque les Romains prirent la plume, ils ne manquèrent pas de tourner en ridicule « ce que les Grecs menteurs osèa rentdans l'histoire (2). »

Les Macédoniens seuls, parmi les familles grecques, purent s'honorer par une courte résistance à l'ascendant de Rome. C'était un peuple à part, un peuple monarchique ayant un dialecte à lui (que nulle muse n'a parlé); étranger à l'élégance, aux

(I) Laeedcemoniorum morte magii memorabilit quàm pugnâ. Liv. XXXVI.

(3) Eiquidqutd Grœeia mendax.

A udet in historiâ ( Juvfh.)

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