EMPEREURS
Ces tristes exemples nou$ montrent ce qui arrivera toujours dans les mêmes circonstances. Jamais la paix ne pourra régner ou se rétablir dans l'EglLse par l'influence d'une assemblée non présidée. C'est toujours au Souverain Pontife , ou seul ou accompagné , qu'il en faudra venir, et toutes les expériences parlent pour cette autorité.
On peut yob^erver que les docteurs français qui se sont cru3 oblige de «opteiw l'ifispyte-
tiable session du concile de G>nstance, ne manquent jamais de se retrancher scrupuleusement dans l'assertion générale de la supériorité du concile universel sur le Pape, sans jamais expliquer ce qu'ils entendent par le con* cile uniçersel; il n'en faudroit pas davantage pour montrer à quel point ils se sentent embarrassés. Fleury va parler pour tous.
«i Le concile de Constance , dit-il , établit 1» la maxime de tout temps enseignée en » France {i) y que tout Pape est soumis au » jugeme it de tout concile imiversel, en ce » qui concerne la foi (2). »
Pitoyable réticence , et bien indigne d'un homme tel que Fleury ! U ne s'agit point de savoir si le concile unwersel est au-dessus du Pape y mais de savoir s'il peut y oi^ir un con^ cile uniçersel sans Pape ou indépendant du Pape. Voilà la question. Allez dire à Rome que le Souverain Pontife n'a pas droit d'abroger les canons du concile de Trente , sûrement on ne vous fera pas brûler. La question dont il s'agit ici est complexe. On demande , 1 •<> quelle
(t) Après tout re qu'on a lu , et surtout après la dé» daratioi) de 1(126^ quel ni»iii donner k celte assertion?
(s; Fleur; , douv. opusc. p. 44*
(lai )
est r essence dvn concile unwersel^ et quels sont les caractères dont la moindre altération anéantit cette essence ? On demande , 2.0 si le concile ainsi constitué est aurdessus du Pape? Traiter la deuxième question en laissant l'autre dans Fombre'; faire sonner haut la supériorité du concile sur le Souverain Pontife, sans savoir, sans vouloir , sans oser dire ce que c'est qu'un conqile œcuménique , il faut le déclarer franchement, ce n'est pas seulement une erreur de simple dialectique, c'est un péché contre la probité.