‹ Du passâe et de l'avenir du peupleChapitre 19 sur 20 · I. Voyez V Esclavage 7noderne · texte numérisé non relu

I. Voyez V Esclavage 7noderne

la Charte, signez des pétitions, multipliez les pétitions, étouffez sous leur masse la tyrannie dont vous souffrez.

Quand vous Taurez vaincue, et vous la vaincrez, sans aucun doute, si vous agissez avec concert et persévérance, il ne vous manquera plus qu'une condition de la liberté, la propriété. Vous avez vu, en effet, dans la suite des âges, la propriété se développer à mesure que se développait la liberté, y mettre le dernier sceau, rincarner, pour parler de la sorte, la transporter de Tordre abstrait du droit dans l'ombre des réalités effectives: et comme la liberté se résout dans l'individualité, que nul n'est libre, s'il n'est individuellement libre, la propriété se résout dans l'individualité; elle est individuelle, ou n'est point ^ Nous l'avons, croyons-nous, clairement prouvé en discutant le système des socialistes et des communistes.

Il s'agit donc, encore un coup, de savoir par quelles voies vous pourrez parvenir à vous créer une propriété. Or, quiconque est privé de toute propriété ne peut évidemment s'en créer une que par son travail. C'est donc par votre travail qu'il vous sera possible d'acquérir le complément de votre liberté.

Le travail, en effet, est indispensable à la production de la richesse. Que tout travail fût suspendu seulement deux années, que resterait-il de la richesse actuellement

1. Il est à peine nécessaire d'observer que les propriétés à titre^ collectif ne sont, ou, comme celles de l'Etat, qu'une réserve permanente pour pourvoir aux dépenses communes, ou, comme celles des sociétés commerciales, que des mises de fonds effectuées en vue de? profits qui se convertissent par le partage en propriétés individuelles,

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existante? Rien, ou presque rien. La terre, stérile pour l'homme, lui refuserait la subsistance, et tout ce qui sert à Tentretien et aux commodités de la vie étant consommé, la misère serait plus profonde que ne Test celle des sauvages abaissés au dernier degré de Téchelle humaine. Cest donc vous qui reproduisez journellement la richesse, dont bientôt sans cela Ton chercherait en vain ^luelque trace. La vraie cause du mal est donc beaucoup moins dans la mauvaise distribution de la richesse déjà produite, que dans la répartition vicieuse de la richesse reproduite journellement. Or, cette répartition vicieuse, progressivement améliorée, deviendra de plus en plus équitable, sitôt qu'ayant conquis la pleine jouissance de vos droits personnels et de vos droits politiques, vous concourrez, avec un esprit de justice et de sagesse, à la confection de la loi. Car alors ce ne sera plus le travail qui dépendra de la propriété, mais la propriété qui, selon Tordre naturel des choses, dépendra du travail; «t c'est pourquoi nous avons dit*: «Le travail affranchi, « maître de soi, serait maître du monde. »

Mais qu'est-ce que le travail affranchi, maître de soi?

Cest le travail dégagé des entraves qui maintenant le rendent plus ou moins improductif pour le travailleur.

Et premièrement, entraves légales. Les lois, en effet, les lois telles surtout qu'elles sont appliquées, ne permettent pas aux travailleurs de débattre librement leurs

/. Le livre dtt Peuple.

intérêts avec les acheteurs de travail; elles les livrent à ceux-ci, elles les constituent à leur égard en un véritable état de servage K

Or, ces lois oppressives peuvent être abolies en un quart d'heure. Les chaînes qu'a formées Tégoïsme se briseront d'elles-mêmes dès que le Peuple souverain les touchera du doigt

Secondement, entraves intellectuelles. Le travail a deux éléments, la force physique, la force brute, et l'intelligence qui la dirige. Plus l'intelligence est dévelop-^ pée et l'instruction acquise étendue, plus le travail est productif. Or, l'instruction manque au travailleur, et à cet égard encore il est de fait dans un état de servage^ Il en sortira par l'institution d'un vaste enseignement gratuit, qui devra comprendre l'instruction générale et l'instruction professionnelle.

Troisièmement, entraves matérielles. Le travailleur,, légalement libre et possédant la mesure d'instruction que sa capacité native lui aurait permis d'acquérir, ne serait pas affranchi pour cela; il ne serait pas maître de soi, de son travail, si la matière à laquelle il faut qu'il applique son travail, l'instrument qui le rend possible^ si le capital enfin ne lui était pas directement accessible.

Quiconque peut fournir une valeur, un gage, une hypothèque réelle, trouve aisément un capital équivalent, ou à peu près. Mais cette hypothèque, ce gage^

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