‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-mêmeChapitre 7 sur 29 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

f^rWLS 0OVT CEUX QUI OOIVSirT ftTBC A.VVËJÀS kV% tOVCrtOUB DE TI8ITZUB8 DV PADTAE.

Cb ministre difficile , délicat , pénible quel* quefoïs , dont les fonctions ont été décrites dans les deux chapitres précédens, k qui sera-t-il confié ? qai sera investi de ce beau patronage , de cette dignité touchante de visiteur du pauvre?

Nous répondons : tous ceux qui consentiront k accepter ce fardeau, quels que soient leur Age, leur condition, leur sexe, pourvu qu'ils ;iieat ÊLBScz de vertu pour en sentir le prix , assez de lagement et d'expérience pour être capables de le remplir avec sagesse.

« £h! quoi, va-t-on dire, sans doute; n*a- » Tons-nons pas des administrateurs spéciale- » ment chargés de la distribution des secours " publics? n'avons-nous pas surtout nos respecn fables curés , nos angéliques sœurs de la cha- *> rilé , à qui appartiennent de droit ces soins f> que vous voulez confier a des profanes , et qui »> sont exercés à les remplir? Y pensez-vous , et

» n*est-ce pas un yrai roman que tous nous prén se&tez , en imaginant d^appeler de «implef 9 particulier» k exercer une mission de ce genre? n où trouverez-Tous de« personnes qui veuillent n et qui puissent s'en charger en effet? irez- » vous TOUS adresser k des gens du monde , à » des gens occupés de leurs propres affaires? •

Oui , répondons-nous encore , nous en trpaverons un grand nombre ; nous en trouverons , et parmi ces gens du monde eux-mêmes , parmi ces gens préoccupés de ce qu^on appelle les- affaires , si leur cceur est accessible aux sentiment de la charité. Leur éducation se fera s^ils n*OBt p<»nt encore Texpérience acquise. Nous ne craignons pas d'avancer , et nous eêpérons établir les deux propositions suivantes :

« Ô^une part , toute personne qui conêeat à aisister Tindigence , doit se constituer vinteur du pauure , au moins pour son propre compte. »

« D'un autre côté, le concours des soins donnés à la visite des pauvres par des personnes privées , est éminemment utile à ceux qui sont chargés d'office de la répartition des secours. »

La première proposition nous parait ressortir avec évidence de» considérations développées dans les précédens chapitres. Il nVst qu'un mo^ren de se dispenser de visiter le pauvre qu'on veut secourir, c*est de remettre le secours qu'on lui destine , non k lui-même , mais aux personne» chargées de cette branche d'administration ,

on 4u flMMitf à quelle personiiie i^lns dîUgentr* <'t]4iii é<iaîrée, qin se dûrge eUe«irêiiie d£ cette ioispectioD. Haïs , donner «yeuglément^ eC lan^ attti« înfbrsuUioA, à celui qui toLhdt/c , scit «fu'ii ie préseafte à oolre porte^ «eit que nouf le reii> contiitMM MET BoCre pawfage^ «ce n'est piuf dosa«r, c^esi jeter «a basait, c'est fVxpocer à produire le n^l au tieu du bien. Que , tsi nous "omnet as»ez beureus quelquei6t« pour que cet àm$ prétcaditf tawliwil «ur de véritables mal* Ueureus et ae si^tml; pat à leur nuire, notre bonne action reit«ra ftr<is imparfaite , elle n aura rien 4e réâécbi , elle aura peu 4e mérite , ^oît pajue que , ne pouvant avoir aucune conviction fondée des besoins de celui sur qui eiie be dirige, nous ne pouvons sympatbiser réelleoient a?se se* maos, soit parée que nous nous épar* gsoM TappUcalion, la i^tigue , remploi de nos momens , un trion^be sur nos répugnances , <:e4-iHlire9 ce qui eut été pour nous un sacrifiée plus réni que celui de quelques pièces de monnaie , sacrifice qui peut-être ne nous impose socone privation sensible^

Que si nous fei0a9 ces pièces de monnaie «tant on troue , si nous les confions à des mains pbu eiereées et |^us actives , nous obtiendrons ftuif doute une garantie du bon emploi; mais alors encore que de cboses manqueront à cette 'barité apparente ! nous aurons évité la présence <lu nalbeureux et les comaunicatious diredeë

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avec lui ; notre charité sera plus indolente encore qu^elle ne Tétait tout4i-rheure. Il est d^ailleurs un grand nombre de secours qu^on ne peut ainsi faire passer par le canal d'autrui. Tels sont quelquefois certains objets qu^on peut donnei en nature , dont nous pouvons nous priver facilement nous-mêmes, que nous mettrions an rebut , si nous n^apercevions un infortuné pour lequel ils seraient un trésor^ tels sont surtout les bons conseils , les consolations , les encooragemens , les démarches utiles : une seule parole peut doubler le prix de Tassistance matériellp pour celui qui la reçoit. Enfin , nous nous pri^ vons nous-mêmes d^une foule d^instructions salutaires que nous eussions puisées dans Texercice de cette charité investigatrice, et par là nous nous privons aussi des moyens que nous y aurions puisés pour é^e plus utiles à d*aiitrc> infortunés par la suite.

O vous , donc , qui n^étes point insensibles au?: supplications du malheur , qui désirez acquitteiaussi votre dette envers lui, ne craignez pa> d^achever votre bonne action ! Votre présence sera un témoignage de bienveillance bien plu^ expressif encore que votre aumône; vous apprendrez k connaître à quel point votre aumônr était nécessaire ! N'avez-vous pas vos visites de bienséance , d^étiquette ? Eh bien ! accordez-en quelqu'une aussi au céleste sentiment de la charité ! nous vous promettons une digne récompense.

La seconde proposition que nous ayons anij'iQcée naii en quelque sorte de la précédente. ^i, en effet, ceux qui donnent aux pauvres, pre- T^ient en même temps la peine de les visiter , ') pers<mnes chargées de la répartition des se- *>un publics , trouveraient auprès de semblal'.'s organes , des renseignemens naturellement ; réparés pour compléter , rectifier ou suppléer "ux qu*îû sont appelés à recueillir eux-mêmes* I^t, parmi les personnes qui gèrent cette admitijstration , quelles sont celles qui ont et assez de loisirs pour tout voir, et assez de confiance en < lies-mémes pour être assurées d^avoir toujours Uen va? qui ne devrait pas se féliciter par con> '<:quent d'obtenir ainsi des auxiliaires? Qu^au contraire elles en acceptent Falliance! ce sera à^yi une précieuse économie de temps et de fatigue j chacun de ces auxiliaires s'occupera probablement de préférence d'infortunés qui l^bitent dans son voisinage ] la surveillance sera plus facile, plus immédiate et plus continue.

Mais pénétrons plus avant, et ne craignons pai de dire toute la vérité, telle que l'expéheoce journalière nous la découvre , dans une matière où la vérité est si importante , puisque >ef applications touchent à des intérêts si sacrés.

Sans doute , pour bien voir, il faut des yeux «lercés ; mais , quelquefois aussi , des jeux neufs «iéoQuvrent ce que n'aperçoivent pas les yeux les plus exercés.

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Dan» la pratique de la bienfaUatice ^ comme en toutes choses, Thabitude trop souyent engendre la routine et fait naître certains préjugés qu'on pourrait appeler des préjugés de métier, si Texpression était permise dans un semblable ordre de choses.

Les personnes qui font une investigation Ôl' office 9 et qui sont connues pour telles , découvrent rarement toutes les circonstances des faits. On leur déguise aisément ce qu'on a intérêt à leur laisser ignorer. D'ailleurs ne sont'-elles pas forcées de s'adresser^ pour avoir des informations , âi des étrangers, a des tiers , plus ou moins indijflrérens ou même suspects? Celui qui visite, pour secourir lui-même , est au contraire dans une situation. favorable pour s'instruire sans efforts : il sait à qui ^'adresser; on lui répond^ son intervention est plus naturelle ) ses questions causent moins d'embarras ; mille petits détails arrivent naturellement à lui. On cherchera moins à le surprendre , parce qu'on ne voit point en lui l'agent de l'autorité j on lui dira davantage, parce qu'il impose moins. Enfin, si la présence d'une personne du monde ne fait pas naître au premier abord le même respect que celle d'un ministre dévoué aux fonctions de la charité pui>lique ; peut-être , d*un autre côté , elle intimide moins cette pudeur de l'infortune qni désire s'envelopper sous le voile du secret. Ces communications officieuses , mieux que l^s investi-

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estions offidellw, oixtiendront la confiance de ^rtte classe de malhearera qui fuit Jes regard» n reAmIe même la pitié. Une personne du mode *era d'autant plo, facilement admise ^^ les mter^ de la famiDe , cpi'on la suppose mieux préparée k les comprendre '.

On «ait que 1 administrateur en titre a une f^/ule de paoyres à-la-fois sur les bras: que sa

jJlicitude est nécessairement pâfbgée,<Mi craint \Hre secouru par catégorie. On désire on in- ^rèt priré, individuel; on cherche un proteoteur poOT soi-même. On éprouve plus d'attrait, plu» dahaodon, pour celui qui, n'étant point cotooré d'une nombreuse clientelle, concentre ^^ ioms sur la famiDe qu'il vient consoler. On l' a pins seulement un secours , on a un vérital'Ie patronage. TeBcs sont les impressions du p^orre. H croit sentir la protection plus près de "«. en être mieux l'objet direct et personnel.

i« dirai-je? Il y a enwre un autre obstacle r» toppoit à ce que les hommes estimables /'«rgés, à titre de fonctions , de la distribution 'ï» «ecours publics , réussissent k bien connaître '«t ce que cette application exige. J'étonnerai '^n qai jugent de loin. Je serai compris de ceux

"il 2lr.^*a"*'***"'*' ''•'«*^' **• l'emploi d« pro- ' « Z^^u 'm P"»^"»» *» P««t TOir ce que dl£ ••»«t Xaldias daas son £##a/#«r M Pcpul^on....

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r{ui çottDMÏMeni le cceur Iminain ^ tes taêeepii- ];j]iié« , ftei faiblesses. £h ! le malheur quand il est réel, quand il est profond, est 'facilement ^asceptible I II j a un )e ne sais quoi qui s'attaclie k la présence de celui qui Yient près de vous , conduit par le deroir^ tous crojexle voir avec un précepte, une règle, une iormole. Vous vous ouvrez davantage k celui que tous AUpposez entraM près de vous par un moaveuient propre et spontané. On se présente derant le premier eomme devant une sorte de magistrat ', on s^arrange pour le rtcerdir , ma se pré« pare pour lui répondre. U n*en est pas de néme vis'à'vis du second : on se laisse surprendre ; on (rst ce qu*on est. Supposez ^ si vous roolex, dans «;c dernier moins de perfection et de vertu j par cela même , la faiblesse humaine , en redoutant moins sa présence , s*en rapprochera plus aisément , avouera avec moins de peine ces faiblesses qui sont aussi une portion du malheur, en même temps qu'une de ses causes.... Et cWt lli pré« c^isément ce ifo'il fallait savoir.

11 est un conseil sur lequel on se saurait en (général trop insister auprès des personnes qui font habit>uellement quelques sacrifiées en faveur de» pauvres : c'est de concentrer leur» dons sur un petit nombre de malheureux , et de le» continuer surtout k ceux qu'elles ont commencé k assister. Par Ik , elles achèveront , développeront le bien dont elles ont déposé le

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])reBiier germe ; elles yérificront TefTet prodoit par leun premiers soins ; elles rectifieront , mo- (liGeront peut-être la nature de cette assistance; «'lies s'éclaireront parrexpérience 5 elles verront s'établir entre le pauvre et elles des relations extr/;mement utiles ; ce ne seront plus de simples visites ; ce sera une sorte d'adoption , nne véritable tutelle.

Si donc les personnes généreuses ne sont plut (le simples visiteurs , mais des tuteurs d'un ordre nouveau , combien leur caractère va devenir [irécieux à l'administration !

Ce tuteur nouveau a mille moyens de surveîUance et d'information habituelles ; le pauvre a<i8si , à tonte heure, peut trouver un accès près <!c loi. Le pauvre entre sans inquiétude ; il vient laconter ce qu'il a fait , demander conseil sur ce qu'il va faire. Quelquefois la nécessité est instante, il n'y a pas un moment à perdre; le pauvre recourt à celui dont il a dc|à éprouvé la booté. D^'autre fois, une espérance survient; il va la confier à celui qui entre dans ses intérêts.

Ce tuteur que nous instituons, par cela môme qu^il est dans la vie du monde et des affaires , a mille moyens indirects de servir, parles relations iadirectes que cette vie procure. Il conçoit un manufacturier qui emplotra l'ouvrier ^ns travail; il procurera quelque occupation k la femme; il obtiendi'a un délai du créancier ou *ïu propriétaire. N'ayant que cette famille kpro-

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téger 9 il s^emplolra tout entier pour elle , ainsi •e formeront mille touchantes alliances entre la bonté et le malheur.

Ce n*est pas tout. La personne qui donnait, sans voir Tinfortuné qui recevait, sans en être vue , et par les mains d'une administration intermédiaire , étant mise en communication directe avec cet infortuné , en s'applaudissant d*avoir donné , sera bientôt et naturellement excitée k donner de nouveau , à donner davantage encore. Dans la crise d'une maladie , dans des besoins pressans, elle fournira elle>méme, et sur-le-champ , ce que réclame l'urgente nécessité 'j des amis , des parens auxquels elle racontera l'affligeant tableau que lui a offert une famille honnête et malheureuse , seront attendris, voudront s'associer à la bonne action ^ le nombre des bienfaiteurs s'accroîtra. Les enfans de la maison , en écoutant et répétant ce récit ^ aimeront à être aussi de la partie, feront une réserve sur leurs menus plaisirs , guetteront le moment où on ira voir la pauvre famille , et joyeux , offriront leur petit tribut. Une foule de choses sans valeur qu'on négligeait dans le ménage, comme inutiles et de rebut , ou qu'on prodiguait sans réflexion, acquerront un prix inattendu; car, avec quelque soin ou quelque réparation, on pourra les faire servir encore à l'usage de la pauvre famille. Les rebuts du riche sont souvent le luxe du malheureux. Avec de vieiUes nippes ,

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00 fera on vêtement passable ; le vieux linge deviendra utile au malade, au blessé , à la femme en couche. Ainsi sera prévenue la déperdition de tant d'objets hors d'usage pour les personnes aisées j ainsi mille ruisseaux s'ouvriront pour apporter leurs eaux dans le canal de la bienfaisance j ainsi un nouveau trésor sera créé jpar cette agglomération insensible , sans qu'il en résulte ni une privation pour personne , ni une charge pour l'administration. Mais, pour obtenir cette création , il ^aut l'intérêt direct , l'intérêt de la personne à la personne , et par conséquent le contact immédiat. Un particulier n'ira pas enyojer une portion de sa soupe au bureau de cliarité ; mais il la fera porter volontiers à cette pauvre femme qui vient d'accoucher dans la maison voisine. Sans doute , il est une charité éclairée , qui s'élevant k des vues générales , s'émeut à la simple pensée des souffrances de l'humanité : je l'admire, je l'honore, alors même qu'elle se contente de concourir au soulagement de ces sou^Trances par une contribution pécuniaire acquittée en forme de souscription , renoQvellée périodiquement , et qu'elle se repose de l'emploi sur le zèle de ceux k qui l'exécution '"st confiée ; mais je compte davantage sur l'effet que produit la vue du malheur , pour atten- '^rir le cœur de la plupart des hommes et lui ' nseigner la belle science de la charité. Cette considération seule suffirait pour justi-

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fier les vues que nous présentons ici. Nous ose* rions presque assurer que Taccroissement de SC' cours naturellement obtenus par le patronage individuel , serait tel que , sans effort , les secours se proportionneraient d^eux-mémes aux besoins , et qu^il n'y aurait plus de déficit.

]V*est-ce donc rien enfin pour I3 malheureux que de se sentir Tobjet d'une affection , d'une bienveillance qui lui est personnelle , que de connaître les traits de son bienfaiteur , de pouvoir répéter son nom , le recommander au ciel ; que de pouvoir Taimer et le bénir ? L'émotion de la reconnaissance console celui qui soui&c j elle améliore , elle épure , elle conduit k la vertu, On use mieux du bienfait auquel ce sentiment a fait attacher un nouveau prix. Or , ces consolations , cette amélioration , sont encore un des biens que la misère attend de nous 3 il n'est pas le moins essentiel 3 il est fructueux même pour le bien-être physique : la santé renait avec la sérénité j on souffre avec plus de patience , ou travaille avec plus d'ardeur.

Vous avez versé des pièces d'or dans un tronc, parce que vous voulez rester inconnu. Votre action est généreuse, je n'ai garde d'en diminuer le mérite ; le voile dont vous vous enveloppez relève ce mérite à mes yeux. Mais je me transporte auprès du pauvre auquel votre don arrive par une main tierce ! Peu éclairé , peu exercé à remonter aux causes , l'image de la divine Pro-

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riâence §e présente à lui dans Tassistance qu'il rfçoit , soos nne forme trop fugitive , trop peu '«imble; il recevra froidement peut-être ce don de l'inconnu. Essayez de lui faire un sacrifice de plas , celui de votre modestie ; ne craignez pas de voas montrer à lui ; qu^il puisse baigner de *es hnnes la main de son bienfaiteur ; il en deriendni meilleur , et retrouvera des affections. Hélas ! il les avait perdues peut-être , et dans «aminé n*était-ce pas la plus grande des pertes?

Oh ! quelle belle et utile institution , si Ton parvenait à faire en sorte que cbaque famille pauvre eût à côté d'elle une famille aisée , a la protection de laquelle elle se trouvât ainsi confiée, etcpii devînt pour elle une providence sen- «iUe!

Maia, noos objectera-t-on encore , ce que vous deaandez à votre visiteur du pauvre exige beau* '^'op de temps ; quels sont ceux qui auront le ^oifir de se donner tant de soins et de les con~ Ruiner même ensuite ?

— Beaucoup de temps ! avons^nous calculé ^tloi qae nous dissipons en mille choses oiseuses , celui même qui est consumé par Tennui ? ^ais , non j ce sont des visites presque toujours rapides , instantanées ; elles n'ont point d'heure &e et obligée; on les fait par occasion; on leur <ionne les momens perdus. Et d'ailleurs , plus nous parviendrons a multiplier ceux qui accep- '^rontce bienfaisant ministère , moins il exigera

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do temps pour chacun ; sa mnltiplicalicm sera donc précisément ce qui le rendra plus facile.

— « Quel est celui qui refuse quand on se présente pour faire la quête , qui ne donne quelquefois en passant an malheureux qu'il rencou' tre sur son chemin ? Mais , s'il faut monter dans un galetas, aller s'enquérir de mille détails < c'est tout autre chose ; un fonds de bonté 9 qui suffit pour ces premières concessions , ne va pas jusqu'k inspirer de telles sollicitudes. »

— £h bien! c'est précisément cette molle bienfaisance , qui , parce qu' elle fait l'aumâne , crcMt accomplir la loi divine de la charité , cpie nous voudrions rappeler k l'esprit de cette loi; le germe de bonté, nous voudrions le faire éclore. On secourt le pauvre , du moins on en a l'intention; nous voudrions conduire jnsqu k l'aimer. Si nous obtenons une première visite , la seconde sera plus aisée , rencontrera moins de répugnance ] peu k peu on s'accoutumera , on s'attachera ; en même temps on s'éclairera aussi, et l'éducation qui manquait se fera comme d'eUemême.

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