‹ Du Phlegmon Sublingual dit Angine de LudwigChapitre 25 sur 32 · OBSERVATION XXXI. — (PERSONNELLE · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXI. — (PERSONNELLE

Désiré J.., 46 ans, entré à l'hôpital Saint-Antoine, dans

le service de M. le D' Monod, le 20 juillet 1892.

PAS Dee Antécédents personnels. SA 82 ans, accidents paludéens en Afrique, en 1889 influenza — n’a jamais d’angines — n'a

jamais souffert des dents. Ë Maladie actuelle, — L'affection qui fait entrer le allde dans nos salles a débuté il y a une dizaine de jours: il a ressenti dans la région des deux amygdales une douleur d’abord Jégère qui lui a fait croire au début d’une simple amygdalité; il n’y attacha aucune importance. Peu à peu cette

tien devint plus vive et au bout de cinq à six jours la déglutition était devenue presque impossible. Aucune dif-

FE F ficulté à respirer ; pas d'accès de suffocation.

__ Sécrétion abondante de salive s'écoulant par la commis- ‘sure de ses lèvres. .

SR: région sous-maxillaire devenant le siège d’une tumeur volumineuse, il se décida à se faire admettre à l'hôpital. A l'examen du malade on constata dans la région sushyoïdienne une tumeur qu'il est assez facile de limiter à la é palpation : cette tumeur d'une dureté très marquée occupe toute la région sous-maxillaire gauche et dépasse à droite

la ligne médiane d’une largeur de 3 centimètres environ : elle est limitée en haut par la branche horizontale du maxillaire inférieur que l’on peut suivre très facilement sur toute son étendue ; elle s'arrête à l'angle postérieur : en bas elle descend jusqu’au bord supérieur du cartilage thyroïde. Cette palpation provoque une douleur vive surtout au niveau de la région amygdalienne gauche. Pas d'œdème. Pas de fluctuation.

Le malade ouvre assez difficilement la bouche; l’écartement des mächoires permet à peine l'introduction d'un doigt. La palpation du plancher de la bouche est douloureuse, mais ne révèle aucune fluctuation; on constate un léger bourrelet derrière l’arcade dentaire inférieure.

Le malade ne peut sortir la langue de Ja cavité buccale car les mouvements en sont douloureux ; il a une sensation très nette du soulèvement de sa langue et de sa projection en haut et en arrière. La déglutition des aliments solides est impossible ; celle des liquides et de la salive en particulier difficile et très douloureuse.

Aucune gêne respiratoire ; pas d'accès de suffocation.

Douleurs spontanées dans la région de lapophyse mastoide gauche comparées par le malade à des piqûres d'épingle ; rien dans la région correspondante du côté droit.

Voix nasonnée. :

Les mouvements de flexion et d'extension de la tête sont douloureux. ;

L'examen des dents et des gencives ne révèle aucune lésion.

Etat général assez bon.

; & jé Temp 37e ea ù :

| a Diagnostic. — Angine de Ludwig.

Res de es # à s: 21 juillet. — Temp. m. 378.

ue, KE à à Intervention chirurgicale sous le chloroforme. Incision d Fe é7 de 4à 5 centimètres sur la ligne médiane de la région sousmaxillaire. On arriva sur le mylo- hyoïdien sans trouver de pus.

Dissociation du fiusole avec la sonde cannelée: il s’écoula alors une cuillerée à café environ de pus, mélangé de sang, Sans odeur bien caractéristique. < Pansement à gaze salolée ; drainage.

Temp. SOIT 3708.

| 23 Juillet. — Les symptômes s'étaient déjà amendés, le

SE SE : pansement ne contenait pas de se Temp. normale.

__ 23 juillet et jours suivants. — La tumeur disparut peu à peu. Les fonctions de déglutition se rétablirent et le malade, dix jours après, put sortir complètement rétabli.

Bactériologie. — Le pus recueilli avec des pipettes stérilisées a été examiné (1). Dans les préparations, on a trouvé des microcoques qui n’ont pas poussé sur les milieux usuels et en même temps un bacille décoloré par la méthode de

| Gram, un peu plus long et plus mince que le Bacterium Coli, dont il se distingue, du reste, par ses cultures en différents

(1) Nous devons cet examen bactériologique à M. le D' Macaigne : - nous le prions d'agréer ici nos remerciements.

milieux : il liquifie la gélatine à sa partie supérieure seulement, en formant une gelée liquide trouble. Sur gélose la culture est peu abondante ; en stries, il se forme tout le long de la ligne d’ensemencement une trainée blanche peu saillante ; dans l'épaisseur de la gélose, il se forme de toutes petites colonies rondes ; le bouillon ensemencé devient trouble sans former de pellicule ni de collerette à la surface et sans former de dépôt notable à la profondeur.

L'étude de ce microbe n'a pas pu être poursuivie complètement parce que la vitalité des cultures s’est totalement arrêtée dans les différents milieux.

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