RÉSUMÉ
Dans l'état actuel de la question, il est difficile de donner des conclusions fermes.
D'après les résultats de nos recherches nous pouvons dire qu'il existe en dehors des pieds creux symptomatiques des pieds creux congénitaux ou dus à la paralysie, ou à la contracture de certains muscles (pieds creux par contracture du long péronier latéral, par paralysie du triceps sural, par paralysie des interosseux, de l’adducteur et du court fléchisseur du gros orteil, pied creux équin avec griffe), une variété de pied creux où l’exagération de convexité de la voûte plantaire constitue à elle seule toute la difformité.
C'est le pied creux essentiel, maladie de la seconde enfance, plus fréquent chez la femme, survenant sans cause apparente. Il est caractérisé par une augmentation de hauteur de la voûte du pied, l’abaissement de l’avant-pied, la diminution de la surface d’appui, l’exagération de l'indice de courbure de la voûte.
L'abaissement plus ou moins marqué de l'avant-pied sur l'arrière-pied permet de distinguer deux degrés dans le pied creux essentiel : pied creux premier degré (Fisher), pied bot plantaire (Tubby).
Par ses complications : griffe des orteils, rétraction impossible à corriger de l'aponévrose plantaire, subluxation des os du pied, rétraction du tendon d'Achille, durillons plantaires douloureux et enflammés, 1l peut faire des sujets, qui en sont porteurs, de véritables infirmes.
En l'absence de lésions osseuses primitives, de paralysies
Er
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musculaires, de rétraction primitive de l’aponévrose plantaire, nous pensons que la théorie ligamenteuse doit être admise : laxité primitive des ligaments dorsaux des articulations scaphocunéennes, cuboïdo-métatarsiennes et métatarso-phalangiennes entrainant l’abaissement de l'avant-pied, d'où tiraillement des extenseurs des orteils, hyperextension des premières phalanges, impuissance des interosseux, action prédominante des fléchisseurs des orteils, flexion des deux dernières phalanges, griffe des orteils. La rétraction de l’aponévrose plantaire se produit secondairement et maintient la déformation.
Cette théorie ligamenteuse rend compte de la produetion et de l’évolution du pied creux essentiel et répond à l’ensemble des observations que nous avons recueillies.
Si elle nous montre que l'on ne peut agir sur la cause du pied creux essentiel, du moins nous est-il possible par un traitement orthopédique convenable d’enrayer la marche de l'affection et d’en prévenir les complications.