‹ Du placement des capitaux en valeurs de Bourse (volume 2)Chapitre 47 sur 105 · I. Notions générales. — La Compagnie des chemins · texte numérisé non relu

I. Notions générales. — La Compagnie des chemins

DES CHEMINS DE FER

de fer du sud de l’Autriche, habituellement désignée en France sous le nom de Compagnie des chemins de fer lombards à raison de l’ancienne composition de son réseau, a été autorisée en Autriche par un décret impérial royal du 9 décembre 1858, et en Italie par un décret royal du 27 janvier 1861. Elle avait en vue la construction et l’exploitation de diverses lignes situées, soit en Autriche ou en Hongrie, comme celle de Vienne à Trieste, soit en Italie, comme celle de Vérone à Inspruk et à Kufstein et celle de Peschiera à Milan, Plaisance et Pavie.

Les lignes de la Compagnie formaient autrefois deux réseaux: le réseau autrichien et le réseau italien. Mais ce dernier réseau, dont la longueur était de 1,978 kilomètres, a été racheté par le gouvernement italien par diverses conventions passées avec la Compagnie en 1875 et 1876, moyennant le paiement annuel d’une rente en or de 33,160,211 francs, et une indemnité en capital de 176,468,139 francs pour le matériel, les approvisionnements et diverses dettes. La Compagnie ne possède donc plus actuellement que le réseau Austro- Hongrois, dont la longueur en exploitation était, au 1er janvier 1882, de 2,190 hilomètres. Elle a, en outre, pris à bail des lignes appartenant à des sociétés privées d’une longueur de 367 kilomètres.

La Compagnie a été constituée jusqu’au 31 décembre 1968.

Le siège social est à Vienne. Mais les intérêts des porteurs de titres négociés en France sont représentés par un comité siégeant à Paris, rue Laffitte, 17.

L’inventaire a lieu au 31 décembre. — L’assemblée générale ordinaire se réunit dans le courant du mois de mai; il faut posséder 40 actions au moins pour en faire partie.

Le capital social est de ISO millions de florins ou de 375,000,000 de francs, divisé en 750,000 actions de 500 francs chacune, entièrementlibérées, sur lesquelles il n’y a eu aucun amortissement et qui donnent droit à un dividende payable en mai et novembre.

Le conseil d’administration de la Compagnie est présidé par M. le baron de Hopfen. — Le comité de Paris se compose de MM. : le baron Alphonse de Rothschild, président; — E. Blount; — J. de Kerjégu; — le marquis du Lau d’Allemans ; — le baron Gustave de Rothschild ; — sir Nathaniel de Rothschild ; — Paulin Talabot ; — Cornelis de Witt. ,

IL Des emprunts par obligations de la compagnie du sud de l’Autriche. — La Compagnie des chemins de fer du sud de l’Autriche, ou des chemins de fer lombards a émis les emprunts suivants par obligations.

Emprunt en obligations 3 p. 100, dites obligations anciennes. — 3,588,099 obligations 3 p. 100, émises par séries à diverses époques à partir de 1859, remboursables à 500 fr. jusqu’en 1968, au moyen d’un tirage au sort qui a lieu en décembre. — Ces obligations produisent un intérêt annuel de 15 francs, sous déduction de 2 francs d’impôt, payable en janvier et juillet.

Emprunt en obligations 3 p. 100, dites obligations

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nouvelles. — 750,000 obligations conformes aux précédentes, mais émises postérieurement.

Emprunt en obligations 5 p. 100. — 250,000 obligations 5 p. 100, remboursables à500fr. jusqu’en 1954. Ces obligations produisent un intérêt annuel de 25 fr., payable par moitié les 1er janvier et 1er juillet.

III. Conventions passées entre la compagnie et les gouvernements italien et autrichien. — On a vu précédemment que la Compagnie avait cédé son réseau italien au gouvernement, moyennant une annuité de 33,160,211 fr. en or et le paiement d’un capital de 176,468,139 fr. également en or. Au 1er juillet 1876, époque de la cession du réseau italien, les recettes nettes qu’il produisait ne dépassaient pas 30,836,000 fr. , L’annuité dueparlegouvernementétantde33, 160,21 Ifr. la Compagnie recevait de ce chef plus que l’équivalent de ses recettes ; mais elle perdait le profit des excédants de recettes que l’on prévoyait pou \ 'avenir.

L’exécution du traité de cession a donné lieu à quelques difficultés. La Compagnie a reçu le montant du capital qui lui était dû par le gouvernement italien , mais une partie du paiement a été faite en lires italiennes, perdant au change contre l’or. Le gouvernement italien reste toujours débiteur de l’annuité de 33 millions.

Des conventions ont été également passées entre la Compagnie et les gouvernements hongrois et autrichien. Par un traité du 11 mars 1880, le gouvernement hongrois a racheté à la Compagnie la ligne

d’Agram à Carlstadt, d’une longueur de 50 kilomètres, moyennant le paiement d’une rente annuelle également en or de 600,000 francs. A cette occasion, la Compagnie a obtenu la prorogation jusqu’au 31 décembre 1889, de l’époque à partir de laquelle elle doit supporter l’impôt sur le revenu en Hongrie.

Par contre, la Compagnie qui depuis sa création avait été exempte de l’impôt sur le revenu, pour les lignes situées en Autriche, y a été soumise à partir du 1er janvier 1880. Par suite, le montant des obligations n’est payé que sous déduction de 1 franc par coupon; ce qui réduit à 6.50 les coupons de 7.50. Les actions subissent également une réduction qui est un peu plus de 1 franc par titre.

IV. Situation financière de la Compagnie. — La situation financière de la Compagnie des chemins de fer du sud de l’Autriche a été assez difficile durant ces dernières années; mais elle est en voie d’amélioration. Après avoir cessé toute distribution de revenu à ses actionnaires, après avoir dû même presque épuiser ses réserves pour faire honneur au service de ses obligations, elle paraît de nouveau à la veille d’assurer non seulement ce service, mais en outre le paiement d’un intérêt à ses actions. Pour la première fois depuis 1874, elle a pu distribuer un dividende de 4 francs par action pour l’exercice de 1881.

Pendant la première période de l’entreprise, de 1860 à 1871, les recettes avaient suivi une progression assez satisfaisante; mais, en revanche, elles sont allées en

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fléchissant pendant la seconde période de 1872 à 1880. En 1881, les recettes nettes ont remonté et elles ont été de plus de 57 millions; en 1882, elles ont présenté un excédant de plus de 5 millions 1/2. Mais on a dû prélever une somme de 4 millions, pour travaux de réfection rendus nécessaires par les dégâts résultant des inondations. Un dividende de 5 francs a été distribué aux actionnaires.

SECTION XIII

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