‹ Du placement des capitaux en valeurs de Bourse (volume 2)Chapitre 71 sur 105 · COMPAGNIE GÉNÉRALE DES ALLUMETTES CHIMIQUES · texte numérisé non relu

COMPAGNIE GÉNÉRALE DES ALLUMETTES CHIMIQUES

La Compagnie générale des allumettes chimiques a été fondée le 28 octobre 1872 par un groupe de puissantes notabilités financières, qui se sont concertées en vue de concourir à l’adjudication du monopole de la fabrication des allumettes, et en vue d’exploiter ce monopole dans le cas où l’adjudication serait tranchée à leur profit.

La Société a été fondée pour une durée de 20 années, à partir du 22 octobre 1872, avec réserve de la proroger pour une plus longue durée si la concession venait elle-même à être prorogée.

Le siège social est à Paris, rue de la Chaussée d’ Antin, 66.

L’inventaire a lieu au 31 décembre. L’assemblée générale se réunit dans le courant du mois d’avril ; pour en faire partie, il faut posséder 25 actions au moins.

Le capital social est de 40 millions, divisé en 80,000 actions de 500 fr. chacune, au porteur ou nominatives, libérées de 375 fr., dont les coupons sont payables en avril et octobre. Le Conseil d’administration de la Compagnie est présidé par M. le baron Mallet.

Constituée sous le patronage des maisons de Banque les plus considérables, et pourvue du monopole exclusif d’un produit de première nécessité, la Compagnie générale des allumettes chimiques paraissait appelée à un brillant avenir. Malheureusement, on n’avait pas assez tenu compte de la fraude, qui depuis la mise en monopole de la fabrication des allumettes et l’augmentation de prix qui en est résultée, s’est exercée sur une vaste échelle. D’après des documents statistiques fournis par le ministère des finances, la Société avait établi ses calculs sur un chiffre de vente de 40 milliards d’allumettes, et par suite elle s’était engagée à payer à l’Etat une redevance annuelle de 16 millions de francs. Or durant son premier exercice, en 1875, le chiffre de ses ventes ne dépassa guère 15 milliards; d’où une perte de 6,468,000 francs.

Depuis cette époque, on peut constater une amélioration continue dans la situation de l’entreprise. Jusqu’en 1878, les résultats de l’exploitation s’étaient réglés par des pertes, mais dans des proportions décroissantes; en 1877, il n’y eut pas encore de bénéfices; mais, pour l’exercice de 1880, le chiffre des bénéfices atteignit 2,700,108 fr. ;pour l’exercice de 1881,3,016,487 fr. ; et pour l’exercice de 1882,3,600,000 fr. — En outre, dans l’exercice de 1 882 ,1e chiffre des allumettes fabriquées s’est

élevé à plus de 34 milliards, dont plus de 26 milliards ont été livrées à la consommation. Par suite, le solde débiteur du compte de profits etpertes, qui était, fin 1881, de plus de 8 millions 1/2, a été ramené, au 21 décembre 1882, à S millions. Si les pertes que cette affaire a subies au début continuent à diminuer et les bénéfices à augmenter dans des proportions sérieuses, on peut espérer que l’ère des dividendes commencera bientôt pour les actionnaires. Seulement, la concession doit expirer bientôt, et il reste à savoir si, comme il paraît d’ailleurs probable, la Compagnie en obtiendra le renouvellement aux mêmes conditions.

SECTION XI T

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