billets pour 2.899.528.203 fi
L’ensemble des mouvements généraux des espèces, billets et virements a été de 57,494,766,800 francs, en diminution de 9,240,825,300 sur l’année 1881.
Le nombre des effets remis à l’encaissement, à Paris, a été de 836,845, représentant une somme de 572, 150,400 francs; ce qui donne une augmentation de 166,136 effets et de 127,720,400 fr. — Ces effets sont soumis à une commission de 0 fr. 25 c. pour mille, avec un minimum de 0 fr. 10 c. et un maximum de 1 franc.
Le total des comptes courants réunis de Paris et des succursales était, au 25 janvier 1883, de 683, 100,000 fr.
Le solde débiteur des effets en souffrance était, au 24 décembre 1882, de 6,533,994 fr. pour Paris, et de 1,184,397 fr. pour les succursales.
Le nombre des titres déposés à Paris, au 24 décembre 1882, était de 2,392,283, représentant une somme de 1,742,163,629; soit une augmentation de 239,813 titres et de 113,791,652 francs sur l’année 1881. — Le nombre des titres déposés dans les succursales de Bordeaux, Lyon et Marseille, où ce service est organisé, était, au 9 décembre 1882, de 622,486 titres, représentant une somme de 395,333,288 francs, soit 98,077 titres de plus qu’en 1881.
Le solde des dépôts reçus au nom de la chambre syndicale des agents de change de Paris était, au 24 décembre 1882, de 21,792 dépôts, pour 479,950 actions et obligations et 6,175,510 francs de rentes.
Le montant des avances faites par la Banque à l’Etat était, au 25 janvier 1883, de 99,603,000 francs, comme l’année précédente.
DE LA BANQUE DE FRANCE
Le total des frais de la Banque centrale et des succursales s’est élevé à 15,336,275 francs. — Celui des bénéfices nets a été de 59,793,237 francs, en augmentation de 7,998,604 fr. sur l’année précédente ; il a été distribué un dividende de 298 fr. 96 par action, sous déduction de l’impôt.
Voici maintenant, pour compléter ces éléments d’appréciation, le tableau comparatif de la situation de la Banque de France, à la même époque, pour les cinq dernières années.
9 mai 1878
8 mai 1879
6 mai 1880
5 mai 1881
4 mai 1882
millions.
millions.
millions.
millions.
millions.
Circulation
Encaisse
Portefeuille
Avances aux particui.
— à l’Etat. , . .
Compte courant Trésor.
— particuliers.
Taux de l’escompte.
On trouvera, à la fin du chapitre, un relevé des dividendes que la Banque de France a payés à ses actionnaires, ainsi que le tableau des cours de ses actions, depuis son origine,
SECTION II
D2 LA BANCÜ2 DE l’aLGÉRIE.
De l’organisation de la Banque de TÀlgérie. — De ses opérations. — De sa situation actuelle.
L De l’organisation de la banque de l’Algérie. — La Banque de l’Algérie a été c instituée par un décret pré-
sldentiel du 4 août 1851 pour vingt années, à partir du l®*" novembre 1851. Après avoir été prorogée une première fois, sa durée a été définitivement étendue jusqu’au 1®'’ novembre 1897. Son capital a été porté par une loi de 1880 à la somme de 20 millions. — Elle a son siège social à Alger.
Mais avant d’entrer dans les détails de son organisation et de son fonctionnement, nous devons exposer en quelques mots la situation économique et financière de l’Algérie.
L’Algérie a une étendue égale aux quatre cinquièmes environ de celle de la France ; les terres labourables occupent une superficie de plus de 14 millions d’hectares. On y trouve en abondance l’alfa, plante indigène, dont on se sert pour la fabrication du papier et qui fournit annuellement plus de 20 millions de francs à l’exportation ; on y récolte des céréales pour 12 à 15 millions de quintaux; la vigne donne annuellement plus de 400,000 hectolitres; enfin on y élève des bestiaux de toute race et il s’en exporte chaque année pour 30 millions de francs environ. L’exportation des laines et des peaux brutes s’élève à près de 20 millions.
Nous ne mentionnons que pour mémoire les immenses forêts de l’Algérie, les fruits et les légumes qu’elle produit en abondance et qu'on expédie à Marseille, à Lyon et à Paris. L’industrie minière commence à y prendre un développement remarquable ; elle a donné, dans ces dernières années, un rendement de plus de 10 millions. Enfin le commerce général de l’Algérie a suivi depuis l’origine une progression constante. En
DE LA BANQUE DE FRANGE. 491
1879, le total de ses importations et de ses exportations s’est élevé à 424 millions de francs ; il n’était que de 367 millions en 1878, et de 284 millions seulement en moyenne pendant les cinq dernières années du régime impérial.
On voit par là quel est le rôle que la Banque de l’Algérie est appelée à remplir dans la colonie : y développer le crédit au moyen de ses opérations d’escompte, suppléer à l’insuffisance du numéraire par l’émission de billets à vue et au porteur reçus comme monnaie légale par les caisses publiques et les particuliers, procurer de l’argent à bon marché aux entreprises industrielles et agricoles, tenir enfin au delà de la Méditerranée la place occupée dans la métropole par la Banque de France. La Banque de l’Algérie est, en effet, une Banque d’Etat, contrôlée par un commissaire du gouvernement, et investie d’un privilège exclusif ; elle se distingue essentiellement, sous ce rapport, des autres établissements de crédit établis en Algérie.
Voyons maintenant quelle est son organisation.
Ainsi qu’on l’a vu^ la durée de la Banque de l’Algérie a été prorogée jusqu’au l®"" novembre 1897. Cette prorogation lui a été accordée en vue de favoriser sa fusion avec la Banque de France, dont le privilège doit expirer le 31 décembre 1897.
Son capital social est actuellement de 20 millions, divisé en 40,000 actions de 500 francs, nominatives ou au porteur, complètement libérées et admises aux négociations de la Bourse, au comptant.
L’exercice social est clos le 31 octobre de chaque
année; il comporte deux inventaires semestriels, en avril et octobre.
L’assemblée générale annuelle se réunit au mois de novembre. — Elle n’était composée à l’origine que des cent plus forts actionnaires ; actuellement, tous les actionnaires qui possèdent au moins 10 actions peuvent en faire partie, à la condition d’être domiciliés depuis deux aus en Algérie, en France ou dans une colonie française.
Chaque mois, la Banque publie son bilan, tant au journal officiel français qu’au journal officiel de l’Algérie.
La Banque de l’Algérie a son siège social à Alger. En outre, elle a actuellement cinq succursales : à Bône, à Gonstantine, à Oran, à Philippe ville, à Tlemcen.
Le personnel de la Banque comprend: MM. E. Chevalier, directeur; Legendre, sous-directeur; Ramel, trésorier payeur général, commissaire du gouvernement. — Il comprend, en outre, en qualité d’administrateurs : MM. Aboucaya, Alcay, Giraud, membres de la chambre de commerce; Henri fils, président de cette chambre ; Alphandery, Berthon, Marchessaux, Lassalas, Tachet, président du Tribunal de commerce.
Les censeurs sont : MM. Blaselle, défenseur ; Obitz, membre de la chambre de commerce; Frank, notaire.
Les directeurs des succursales sont : MM. Julliot, à Bône; Outrey, à Gonstantine; Gamenisch à Oran; Delahay, à Philippe ville ; Fine à Tlemcen.
La Banque a pour correspondants : à Paris, Me Comptoir d’escompte; à Marseille, la Recette générale des Bouches-du-Rhône .
DE LA BANQUE DE FRANGE. 493
II. Des opérations de la banque de l’Algérie. — Les opérations de la Banque de l’Algérie consistent :
1° à escompter les effets de commerce;
2° à recevoir des effets à l’encaissement;
3® à recevoir des dépôts d’argent ou de matières précieuses ;
4" à ouvrir des comptes courants ;
3° à émettre des billets payables à vue et au porteur qui sont reçus comme monnaie légale sur tout le territoire de l’Algérie. — Les coupures des billets sont de 20 francs, de 50 francs, de 100 francs, de 500 francs et de 1,000 fr. ;
6° à faire des avances sur les mêmes valeurs que la Banque de France, ainsi que sur les obligations des chemins de fer de l’Algérie ayant une garantie départementale.
De même que la Banque de France, la Banque de l’Algérie doit conserver la disponibilité de son capital. Toutefois, la loi 3 avril 1880 l’a également autorisée à en faire emploi en rentes sur l’Etat.
Les bénéfices nets sont répartis de la manière suivante : on prélève d’abord 6 p. 100 pour servir un intérêt au capital versé ; puis un tiers du surplus pour la réserve légale jusqu’à ce qu’elle ait atteint le tiers du capital social; ce qui reste, après ces prélèvements opérés, est distribué aux actionnaires à titre de dividende.
Voici le tableau des opérations d’escompte de la Banque de l’Algérie pendant les dix premières années de sa création.