‹ Du pneumothorax essentiel ou pneumothorax sans perforationChapitre 7 sur 25 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Plilliisie de cause externe ; opération de l’empyènie.

« Le nonnnéP pêcheur de profession, demeurant hors de Lyou,

sur les bords de la Saône, tomba sur la bande d’un bateau, et reçut une violente contusion sur la partie latérale de la poitrine du côté droit. Cette contusion donna naissance à un abcès extérieur, qu’on traita par des applications émollientes ; après trois semaines révolues depuis la chute, son chirurgien, qui se disposait à ouvrir bientôt cette tumeur, fut très-surpris un matin de la trouver diminuée de plus de la moitié, et de voir le malade oppressé, avec une toux fatigante, accompagnée de quelques teintes de sang dans les crachats. Je fus appelé, et, ayant trouvé dans les restes de la tumeur une espèce de gargouillement, je pensai que la matière de l’abcès avait usé les muscles intercostaux, et s’était épanchée dans la poitrine, d’autant plus facilement que la violence de la contusion avait pu altérer la trachée-artère et les muscles: en conséquence, je me hâtai d’ouvrir cette tumeur, de laquelle il ne s’échappa que de l’air, quoiqu’il y eût sous la peau une excavation considérable.

«Je cherchais l’ouverture que le pus avait faite, et, l’ayant trouvée, je l’agrandis des deux côtés avec les ménagements que demande l’artère intercostale. Cette ouverture ne donna d’abord issue qu’à

(1) Fouteau, OEuvres posthumes , t. I, p. 341, obs. 6.

une sérosité écumeuse et sanguinolente, quoiqu’elle eût 1 pouce de largeur. Le pansement fut fait avec une languette de linge effilé de chaque côté et introduite en double. Cette ouverture laissa sortir peu à peu les matières épanchées dans la poitrine, et le malade, auquel je conseillai de manger du cresson de fontaine, fut bientôt rétabli, à cela près que depuis douze ans il n’a pu recouver son premier embonpoint, et qu’il ne lui est plus possible de se livrer aux travaux pénibles de sa profession, sans être arrêté par la toux et une légère oppression. 11 est sans doute resté dans le poumon, affecté par l’âcrelé de la matière que lui envoya l’abcès extérieur, quelque fâcheuse impression qui en a déi’angé l’organisation, sans porter un préjudice notable aux fonctions de la vie.

«Si j’avais vu ce malade dans le commencement, je serais en état de rendre un compte utile des influences que cette tumeur extérieure pouvait avoir sur le poumon avant qu’elle perçât la plèvre; mais je n’eus , sur les questions que je fis, que des réponses trèsobscures; ce que j’appris de plus positif, c’est que l’oppression était déjà assez vive avant que la tumeur extérieure dispariît ; il y a à pr ésumer que le poumon était déjà affecté par ce fâcheux voisinage avant que le pus eiàt percé la plèvre. Le poumon néamnoins n’avait point contracté d’adhérence, et je suis bien sur qu’il y eut un vr’ai épanchenrenl, lequel se vida sensiblement par l’ouverture que je fis entre les côtes. Cependant il est très-possible que cette difficulté de respir’er, dans le temps même que la tumeur extérieure avait le plus de saillie, dépendit de celle que l’étendue de l’engorgement extérieur faisait éprouver au malade pour soulever ses côtes, et travailler à l’introduction de l’air dans les poumons. En ce cas, le crachement de sang, la toux fréquente qui suivit l’ouverture que l’abcès se fraya du dehors en dedans de la poitrine, devraient être attribués à l’irritation faite sur la tunique externe des poumons par l’âcreté de la matière qui se répandit sur elle, et qui a porté à cet organe une atteinte dont il se ressentira toujours, sans que la vie en soit abrégée. Ce pus produisit alors le même effet à peu près que

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