‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 161 sur 188 · LIV. XVII. CHAP. VIII · texte numérisé non relu

LIV. XVII. CHAP. VIII

suite celui devant lequel tu aurais dû te lever de ton siège; et puisque, d'après les lois de l'état, je suis grand-pontife, je t'exclus pour trois mois de toute participation aux cérémonies du culte. Si pendant ce temps tu en parais plus digne, et que le grand-prêtre de la ville m'écrive favorablement sur toi, je demanderai aux dieux si tu mérites d'y participer de

nouveau.

— Julien emprunta des chrétiens plusieurs autres institutions qu'il voulut transplanter dans le Polythéime. 11 voulut combiner, avec l'ancienne religion, la culture intellectuelle et morale du peuple, en mettant les prêtres à la tête de toutes les écoles, à l'exemple des prêtres chétiens. Comme ceux-ci expliquaient les dogmes du christianisme , les prêtres établis par Julien , durent expliquer les traditions ou fables mythologiques, suivant un sens philosophique et moral.

— Julien s'efforça de plus de rétablir, entre la religion et l'état, la liaison intime qui avait existé dans l'ancienne Rome. Il se faisait représenter dans ses statues, recevant des mains de Jupiter la couronne et la pourpre ; Mercure et Mars, le regardant avec des yeux favorables,

en sa double qualité de philosophe et de guerrier (1). Sur les uionnaies on le voyait près d'un autel, avec un taureau qu'il se préparait à immoler (2). Lorsqu'il distribuait à ses soldats les gratifications d'usage, le Donativum, il y avait, sur la place où se faisait la distribution, un autel, et chacun de ceux qui avaient part à ses dons, devait y jeter quelques grains d'encens en l'honneur des dieux (3).

— Julien attribuait la chute des arts et des lettres à la religion.

— Sous tous les rapports , Julien était un partisan des anciennes formes; il les considérait comme intimement liées avec la religion et les lumières. Il attribuait la décadence de ces choses à la grossièreté qui devait se réintroduire par la chute de la religion qui , la première , avait tiré les hommes d'une grossièreté pareille (4). Il assignait la même cause à la chute de la hberté. C'est en cessant de regarder les dieux seuls comme leurs maîtres, di- ^

(1) Sozomène, Hist. ecclés. V. 17.

(2) Social. III. 17.

(3) Giegor. Orat. p. 69. .

(4) Juliani 0pp. Passim.

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