INTRODUCTION
Nous nous sommes proposé, avant tout, dans ce travail, de rapporter ce que nous avons pu voir à la consultation médicale de l’'Hôtel-Dieu, concernant les troubles pulmonaires dus à l’albuminurie.
Nous avons eu ainsi l’occasion de rappeler les travaux, peut-être un peu oubliés, de Lasèque sur la bronchite albuminurique et de montrer combien est important l’examen des urines chez tous les malades.
Nous nous sommes beaucoup moins attaché à la pa-
thogénie qu’à l’étude clinique de nos malades.
Combien de fois par an, dans le service d’hôpital le plus actif qu'on suppose, arrive-t-on à porter le diagnostic de bronchite albuminurique ? Deux ou trois fois au plus et cela pour plusieurs causes. On néglige trop souvent d’examiner l’urine des malades dont nous voulons parler et il arrive, en outre, que dans bien des cas, leur mal n’est pas assez qrave, en apparence, pour nécessiter une hospitalisation immédiate. |
Nombreux cependant sont les maladés qui viennent consulter pour des troubles pulmonaires de peu d’importance, semble-t-il, et chez lesquels on découvre de l’albumine dans l'urine.
Ce n’a pas été la moindre surprise de l’année d’externat que nous avons passée dans le service de consultation S de l'Hôtel-Dieu dirigé par M. le D' Raymond, depuis professeur agrégé de la faculté de médecine de Montpellier, que de constater le nombre considérable d’albuminuriques qui fréquentent les consultations des hôpitaux. À Prenons si on le veut la statistique de six mois. +. se
Nous trouvons d’abord comme on devait s’y attendre
les tuberculeux, puis les alcooliques, les rhumatisants, et immédiatement après les brightiques. Sans doute, ces malades venaient déjà aux consultations hospitalières, par le passé, mais outre le temps qui manquait pour dépister Palbuminurie, l’attention n’était pas attirée sur ce point par des faits que l’on n'avait quère l’occasion de constater qu’une fois chaque semaine, tandis qu’un nom bre aussi insolite de malades présentant les mêmes symptômes, venant aussi bien l’été que lhiver, se reproduisant à peu près quotidiennement, devait nous amener à chercher ailleurs que dans le poumon la cause de ces accidents.
Nous avons donc pensé qu’il serait intéressant d’essayer de déterminer les différents types que revêtent les maladies auxquelles nous faisons allusion, d’en tracer la pathogénie, d'établir à grands traits les principaux éléments qui permettent de porter le diagnostic et d’indiquer sommairement le traitement.
Chacun pourra se rendre compte des faits que nous avançons en suivant un service de consultation d’hôpital, pourvu que l’on examine l’urine des malades. Pour montrer l'importance de cet élément de diagnostic, nous ne saurions mieux faire que d’empruntér aux savantes lecons, sur la Sérothérapie, de M. le Professeur Landouzy les quelques lignes qui suivent : « Puisque Messieurs, nous sommes en train, à propos de médecine vécue, à propos de thérapeutique plus ou moins bien appliquée, de nous faire des confidences sur certains points de pratique médicale qui parfois peuvent laisser à désirer, permettezmoi de vous dire qu’en dépit de tous enseignements, cette
question de l'examen des urines est encore loin de pren-
dre dans les préoccupations du médecin, la place qu’elle devrait avoir. Jamais, entendez-vous bien, un médecin, en quête d'entreprises thérapeutiques quelconques, si anodines même qu’elles puissent paraître, ne devrait agir qu'après informations pleines et entières sur les urines de son malade. Si je dis jamais, c’est que, sur ce chapitre, il n’y a rien d’indifférent, et que la notion de l’étiage urinaire, aussi bien que de la qualité des urines importe à la thérapeutique autant qu’au pronostic, infiniment,
plus qu’au diagnostic des maladies ».
Le chiffre des malades qu'il nous a été donné de voir en six mois pendant notre séjour à l’Hôtel-Dieu, s'élève à 4.943.
Ainsi qu’en témoigne le tableau que l’on trouvera ci-
joint.
Récapitulation.
Mois Malades Albuminu- 0/0 Troubles 0/0 : < riques pulmonaires
Mars... 913 34 3,60 12 1,27 AVES" e 710 25 3,91 9 1,26 Marc 841 42 4,99 21 2,49 Juin ere 929 45 4,84 19 2,04 Juillet 776 29 3,44 14 1,95 Décembre. 744 23 3,07 41 1,47
Le nombre des albuminuriques est de 198.
Ce qui nous donne un pourcentage de 4,005. À son tour, la bronchite albuminurique ou mieux le nombre des
- malades venus consulter pour des troubles respiratoires