‹ Du Poumon Chez Les BrigthitiquesChapitre 6 sur 23 · TITI · texte numérisé non relu

TITI

Dans une première forme, les malades viennent con-

sulter sans troubles bien accentués. Les uns, assez nom-

breux, se plaignent seulement d’une douleur dans le côté, d’autres, d’essoufflement au moindre effort, presque tous d’oppression, de dyspnée, survenant par accès et se reproduisant surtout la nuit. Cette prédominance des accès pendant la nuit est à peu près constante chez tous les malades, nous ÿ reviendrons quand nous nous occuperons de la pathogénie de cette affection.

Au premier abord, avant l’examen du malade, on songe à une névralgie intercostale, ou encore à la pleurodynie, car ces malades, bien portants en apparence, ne semblent pas devoir présenter de lésions pulmonaires et l’on est bien tenté de mettre la douleur et les troubles qu’ils accusent sur le compte du froid, de traumatisme, de la fatigue et même de la simulation, Mais si on les ausculte le tableau change.

On est tout surpris d'entendre des râles sous-crépitants presque toujours localisés, ou tout au moins prédominants

à la base du poumon gauche. Si l’onn’insiste pas, on con-

clut à une congestion proprement dite, quelle qu’en soit la cause d’ailleurs, ou encore à la fluxion de poitrine telle que l’a décrite M. le P" Dieulafoy, caractérisée à la fois par l’hyperesthésie et la douleur de la peau du thorax et des muscles intercostaux et par quelques râles de bronchite entendus à lauscultation.

Toutefois ces symptômes légers en général, ne suffisaient pas pour expliquer les phénomènes subjectifs que présentaient ces malades. Ils n’expliquaient ni oppression vraiment considérable qui survenait chez certains d’entre eux, ni la dyspnée, atteignantpar fois la violence de celle de l’asthme, ni la prédominance nocturne de ces accès. D’autre part le nombre considérable des malades qui défilait devant nous, nombre qui était sensiblement le même l'été que l'hiver, alors que les maladies auxquelles nous pouvions rapporter les symptômes que nous observions étaient surtout des maladies des saisons froides et humides, et que les recherches les plus minutieuses ne nous permettaient pas d’incriminer le refroidissement, ces causes réunies nous incitaient à rechercher ailleurs la lésion qui tenait sous sa dépendance ces différentes manifestations. Quelle était donc la cause de ces congestions pulmonaires localisées à une des bases des poumons ?

On pouvait penser tout d’abord à la congestion pulmonaire des mitraux qui se localise si souvent, on le sait, à la base gauche, localisation qui ne lui appartient plus en propre, puisque nous comptons montrer que la congestion pulmonaire des angio-scléreux albuminuriques est aussi fort souvent localisée à la base gauche.

C’est alors que M. Raymond nous fit examiner de parti |

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pris l’urine de ces malades. Ce n’était, du reste, pas au hasard que cette recherche fut prescrite. M. Raymond était, en effet, convaincu que le plus souvent les troubles locaux ne sont que la manifestation d’états généraux, et, maintes fois, nous lui avions entendu dire que l’examen le plus minutieux du malade ne vaut pas, pour faire un diagnostic exact, un tube d'urine.

Dès lors, le problème fut résolu, nous avions affaire à des brightiques et un examen plus approfondi nous permit de retrouver chez bon nombre d’entre eux les petits

symptômes du brightisme tels qu’ils-ont été décrits par

” M. Dieulafoy. Parmi les observations que nous avons re-

cueillies, nous rapportons celles qui nous ont paru le mieux résumer les modalités diverses que revêt cette première forme des troubles respiratoires dus à l’albu-

minurie.

OBSERYATION [I

Dans cette première observation, il s’agit d’un homme âgé de 48 ans. Sans antécédents morbides héréditaires ni personnels, il sé présente avec les apparences d’une forte constitution. |

Depuis huit jours environ, il tousse un peu, particulièrement la nuit et il est très oppressé ; cette oppression s’accentue au moindre effort, pour devenir particulièrement. intense

pendant la nuit, où elle revêt la forme d'accès. Ces accès sur-

= viennent pendant les premières heures du sommeil et dispa-

raissent ensuite, laissant le reste de la nuit relativementcalme.

Le malade les compare à des accès d'asthme.

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