CHARLES X
Roi en 1824, détrôné en 1830, mort en 1836. Lorsqu'il céda à la malheureuse idée de refouler la vie morale des peuples modernes et d'y substituer par ses tro[) fameuses Ordonnances l'unité absolue du pouvoir, on put prédire, sans crainte d'erreur, la chute prochaine de son trône. Jusqu'au dernier instant de sa royauté trébuchante, il avait voulu garder le beau rôle, en paroles. « — Un roi qu'on menace, prononça-t-il, n'a de choix qu'entre le trône et Véchafaud. — Sire, lui répondit Talleyrand, Votre Majesté oublie la chaise de poste. » Ce fut la troisième solution qu'il dut adopter, en effet, et sans tarder, pendant que l'émeute grondait aux portes des Tuileries.
CHATEAURRIAND
L'Homère des temps modernes, il renouvela l'imagination européenne. Le rayonnement de sa gloire nous attire. Son génie nous fascine. On veut se rapprocher de ce buste; on le voudrait, dis-je, mais ses airs ailiers vous
repoussent/ Qui l'ignore? Chateaubriand resta en permanence l'homme d'un rôle et d'une profession de foi publique.
Chateaubriand et Talleyrand... Ces deux hommes supérieurs furent loin de s'entr'aimer. Le premier disait du second : « Quand M. de Talleyrand ne conspire pas, il tra/îfjue. » Et le second disait du premier : « M. de Chaleaubriand est sourd, depuis qu'il n'entend plus parler de sa gloire, j)
COBENTZL (COMTE DE)
Conseiller aulique, ambassadeur de Vienne, à Copenhague, à Berlin, à Saint-Pétersbourg, signataire des traités de Campo-Formio et Lunéville avec Bonaparte. La gravité de ce diplomate gros, gras et court, était imperturbable. 11 parlait très peu, ne riait jamais, mais prétait à rire, quelquefois. M. de Cobentzl avait des absences, et ses distractions l'exposaient à commettre des bévues. Dînant à la cour de Russie, il avait l'honneur d'être assis à côté de l'impératrice. Et quelle impératrice ! Catherine n. Celle-ci lui demandait, par jeu, s'il n'était pas un peu las de se trouver, matin et soir, auprès d'elle. « On ne choisit pas ses voisins », répondit-il. Catherine eut assez d'esprit pour seulement sourire de sa maladresse.