KELLERMANN (DUC DE VALMY
Maréchal et duc de l'Empire, il vota de bon cœur la déchéance en 1814, et reçut un siège à la Chambre des pairs. A Marengo, il avait achevé par une charge fougueuse la déroute de l'ennemi. « — Vous avez fait une belle charge, lui disait simplement le soir, après la victoire, le Premier Consul. — Une charge, répondit-il avec un peu d'aigreur, pour l'insuffisance de la louange, qui place sur votre tète la couronne royale l'i. »
RREUTZ (COMTE DE;
Ministre de Suède, à la cour de Louis XVI; très goûté, alors, dans la belle société parisienne pour ses dons d'intelligence, ses aimables façons, son amour des arts et le charme de ses propos, il n'avait contre lui que ses distractions; encore lui servaient-elles à garderie secret de sa diplomatie, d'où sa pensée était souvent absente. Il adorait la musique, Grétry et l'Opéra. Un soir, il entre dans la loge de M"" Laruette : « Dépèche z-vous, dit-il à la célèbre cantatrice, dépêchez-vous, on va commencer l'ouverture. » Là-dessus, il sort et ferme la porte, à double tour, en emportant la clef.
(KKUDENER (MADAME DE )
Enthousiaste jusqu'à l'illuminisme, avide d'apostolat et de prédication jusqu'à l'excentricité; ayant, au reste, l'àme généreuse, l'esprit élevé et la piété sincère, cette grande amie d'Alexandre I", pour être mystique n'en était pas moins femme. Elle avait de sa propre personne une haute opinion, au physique comme au moral. Étant à Florence, elle prétendait qu'on l'avait mesurée au compas et qu'on l'avait trouvée en tout semblable à la Vénus de Médicis.
(1) Voir dans le Catalogue des autographes de la collection La Jarriette, p. 180, n» 1571, la lettre de Kellermann à Bourrienne (8 février 1821), faisant valoir la vraie part, qui lui revenait dans cette victoire.