‹ Du prince de Benevent au due de MornyChapitre 89 sur 130 · EMILIE DE MARIGNAN · texte numérisé non relu

EMILIE DE MARIGNAN

Quand Mirabeau l'épousa, par sympathie d'humeur, de goûts et d'intérêts, elle avait des grâces, du piquant, la voix délicieuse, mais une beauté discutable, ce qui faisait dire au terrible marquis, son beaupère, quand il la vit, en sa vingt-troisième année, qu'elle lui produisait l'effet d'un siiige mélodieux. Entre de nombreux prétendants, aspirant à la possession de ses biens autant qu'à celle de sa personne, elle choisit le comte de Mirabeau, en fut ravie, étourdie, aveuglée d'abord, eut mille raisons de le regretter ensuite, et en vint où ils arrivaient tous, dans son entourage, à la séparation. Mirabeau porta d'elle cette appréciation qui la définissait toute, en bonne justice : « Ni Vàme forte, ni l'esprit élevé, mais née pour être raisonnable, elle l'aurait été, si je n'eusse pas été très fol et d'une volée trop haute et trop inégale pour elle... »

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