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IMPORTAltCK ET PROGRES DES ÉTABLISSEMENTS RUSSES DANS L'ASIE ORIENTALE.
(Page 78.)
Nous empruntons à deux articles publiés successivement par M. Vivien de Saint-Martin et M. V.-A. Malte-Brun, nos savants confrères à la Société de Géographie, les renseignements suivants, relatifs à l'importance immense des découvertes faites et aux progrés rapides des étabiissememts fondés par les Russes, pendant les dix dernières années, dans l'Asie orientale, sur les rives du grand fleuvç Amour; «Comprenant toute l'importance que pouvait pré- )) senter à l'avenir commercial de la ^bérie la possession d'un » fleuve qui allait mettre ses grandes villes et ses établissements y> de la région Baïkalienne à quelques journées de navigation )» seulement de l'Océan pacifique, du Japon et de la Californie, » le gouvernement russe eut l'heureuse et sage id^ de faire » reconpaitre le coufs du fleuve Amour, et d'établir à son em- » bouchure une ville qui servit de tête de ligne et d'opérations )> à la nouvelle voie commerciale ; c'est ainsi que, dès 18^0, Niy> oolaïefsk était fondé et acquérait, en peu d'années, une certaine )) importance. x> (Extrait des Nouvdks Annales des toyages^ 6* série, juin 1860, page 272.) .
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a Nikolaïefsk, fondé, comme nous l'avons dit, près de l'erobott" D chure du fleuve, a pris rapidement une importance oonsidé- » rable, quoique, dans un avenir très-prochain, le grand entrepôt ï> du commerce de l'Amour doive être probablement, s'il ne l'est » déjà, transporté à cinquante lieues plus au midi, sur un mày> gnifique bassin de la mer du Japon, que La Pérouse, qui le )) découvrit en 1787, nomma baie de Castries... Dès 1856, un » pyroscaphe américain faisait un service régulier "sur l'A moùr, » entre Nicolaïefsk et la Pouarie russe; en 1857, on n'a pas » compté moins de vingt-neuf bateaux à vapeur, tant russes 1» qu'américains, qui ont remonté ou descendu le fleuve. Tout » le commerce extérieur de la Sibérie va prendre cette voie, » qui fera nécessairement abandonner les ports du Kamtchatka, » où la navigation est entravée par un climat arctique, et dont y> les communications avec Irkoust, centre général du commerce D sibérien, sont infiniment plus longues et plus pénibles que » par la voie nouvelle. Le commerce très-important qui se fait » entre la Chine et la Russie, et qui a le thé pour objet princi- X) pal, sera lui-môme grandement facilité...
» Ceci ne touche guère que la Russie; mais la nouvelle voie de i> communication ouverte entre les côtes orientales et l'intérieur » de l'Asie intéresse le commerce du monde. Un autre fait, » digne de la plus sérieuse attention se rattache à celui-ci : c'est » la colonisation qui déjà se porté, sur une large échelle, de la » Sibérie vers la nouvelle province russe. On peut affirmer que, » d'ici à peu d'années, les territoires que l'Amour arrose, seront » couverts d'une active et nombreuse population. Bien que, par » une loi générale des climats du globe, |es parties orientales » des continents subissent, à latitude égale, une température » beaucoup plus rigoureuse que leé contrées de l'ouest, et que le » bassin de l'Amoàr éprouve ainsi aujourd'hui, pendant plu- » sieurs mois de Tannée, sous la latitude des plus belles parties » de la France, des froids sibériens de 25 à 30 degrés, il n'est » pas douteux que la culture et le déboisement modifieront beau- » coup cette température hyperboréenne. On verra se reproduire y> ici le môme fait climatologique que^ans les anciens États
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i> de rUnîon américaine. Uki avenir inespéré de civilisation et
y> d'importance politique s'ouvre ainsi pour un pays qui semblait
D condamné, par la nature même, à rester, à tout jamais, le do-
y> maine de la barbarie, d (Ibid.y pages 274 à 276.)