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CBS SIGNES, LE PREMIER EST PRÉFÉRABLE

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Nous reconnaissons et il est incontestable» en effet, que la com^ munauté de langage edt» en général^ l'un des signes distinctirs de l'affinité des races, et qu'il en est de môme de l'analogie de con* formation physique. Mais, nous soutenons que la communautâ d'instinels* d'aptiiudest de génie enfin, le sentiment d'une solidarité nationale» est un signe bien plus caractéristique de la communauté d'origine» un crUernm bien autrement infaillible; et, lorsqu'il y a contrariété entre ces signes, la préférence doit être acquise à la communauté d'instincts, an sentiment de solidarité nationale, par le motif, à nos yeux péremptoire, que, d'après des exemples fréquents et décisifs, le langage et la conformation originaires se modifient et changent même complètement suivant les vicissitudes des peuples et suivant les climatures. Nous pouvons, à cet égard, appuyer noire manière de penser sur deux graves autorités : celle de M. Alfred Maury qui s'est expliqué sur ce point, dans son beau livre La terre et l'homme: et celle de M. Adrien de Quatrefages qui a lu, en 1857» à la Société de Géographie» un rapport remarquable sur cet OuVrage. U noua suffit, pour donner Tidée de Topinion des deux savants académi-

eÎ6Di, de reproduire le passage du rapport de M. de QuatreftfBS,

qui nous intéresse :

« Les hommes qui ont voulu voir dans la linguistique comparée » un excellent moyen de découvrir la parenté des peuples, ont » eu raison. Mais, quand ils ont voulu aller au-delà, et présenter )> ce procédé comme devant, à lui seul, remplacer tous les au- » très, ils sont tombés dans une exagération évidente. M. Maary » cite des exemples de populations eolières, qui ont adopté la » langue de ceax qui les dominaient par la force ou l'iotelli- » geoee» comme les Gaulois et les Espagnols, qui renoncèrent à » Teurs langues ibérique ou celtique, pour parler latin. Il aurait » pu ajouter l'exemple de vainqueurs, qui, envaliis à leur tour » par le nombre ou la civilisation supérieure des vaincus, présen- » lem des faits semblables. Ce- n'est pas au langage que l'on re* » connaît encore, de nos jours, en Normandie, Tes descendants » des Scandinaves, ou, dans nos ports du midi, les petits-fils des D Hellènes. Par conséquent, dans bien des cas , la linguistique 7» seule est impuissante à résoudre les problèmes d'ethnographie.

)) Mais, d'autre part, les ancUoinùites exclusifs ne sont pas plus » fondés dans leurs prétentions. Nier la modification physique » des races humaines, par suite de conditions, dont quelques- » unes peuvent déjà être appréciées, et dont un grand nombre » nous échappent encore, c'est vraiment vouloir nier la lumière. » Quoiqu'on ait pu dire à cet égard, les populations des colonies » européennes, dans les contrées lointaines des deux eootinents, » fournissent de cette vérité des preuves InéeusdUes. Demandes » à Bordeaux, au Havre, i Nantes, si, dansjlmmense msjorilé » des cas, fon ne distingue pas, â premiéro vue, le créole des » Françab de nance, et partout la réponse sera affirmative. La » nce anglaise el1e*méme s'est modifiée d'une manière sensia ble, en subissant, pendant un nombre de générations pourtant » bien limité, l'action de milieux différents. Le type yankee est » aujourd'hui parfaitement distinct du type anglo-saxon. Et ce- TD pendant, l'Anglais est incontestablement, de tous les hommes, » celui qui sait le mieux résister aux influences du dehors, en » transportant partout uveo lut cet ensemble d'habitudes morales

i64 DU PRINCIPE

» el physiques, qui entre» pour une si grande part, dans la

» composition du milieu. En présence de ce grand fail, éludier

» uniquement les caraclères physiques des races, pour arriver à

» connaître et leur origine et leur filiation, c'est restreindre vo-

» lontairement les données d'un problème trop complexe, pour

» qu'il soit permis de négliger un seul moyen de le résoudre. » {BuUetin delaSocUUde Géographie, série» t. XllL, p. 1 l8-i20.j

lOTE I

DE L'EFFECTIF ET DES BUDGETS MILITAIRES DE L'EUROPE. — ÉGOfiOMIES A BÉÀLISEE PAR L'APPUGATiON DU PaUlGiP£ DES KATIDIIAUTÉS.

♦ Il est vrai de dire que la paix extérieure, conséquence de la

mise en pratique du principe des nationalités, ne dispenserait pas les gouvernements de tenir sur pied un effectif militaire encore assez considérable, leqoel serait destiné à pourvoir à deux besoins : le premier, qui est le maintien de la paix publique, l'ordre et le respect des lois ; le deuxième» qui est racquisiiion et la conservation de conquêtes laites sur ^ popuUakm èortor et, auxquelles les nations policée^ sont ebaigées d'inoculer le virus de la civilisation. Notre Algérie est un exemple, qui se reproduira sur les continents africain, américain ou asiatique. Ce sont là de ces conquêtes, dont rhamanité, loin d'avoir à en gémir, se glorifie comme d'un pas accompli dans la voie du progrès. Mais, si Ton considère l'énormité accablante des frais occasionnés par la guerre ou la paix armée, la déperdition immense de forces que les ar- , mées permanentes entraînent chaque année, on reconnaît qu'en réduisant des 5/6 Tefleciif el le matériel militaires, on pourrait, tout en sauvegardant les intérêts que les troupes sont indispensa-

hE& NATlONAUIfiS. 165

blcmenl chargées do défendre, resliluer aux travaux productifs

5/12 AU MOINS DU REVENU PUBLIC DE l'EuROPE. Pour jusiifier CCS

dernières propositions, nous mettons sous les yeux du lecteur la résumé d'un intéressant travail statistique, couronné, en 18669 par lo comité du Congrès de la paix, à Londres :

a L'effectif des armées de terre et de mer de l'Europe, sans y » eomprendre les gardes nationales, milioes, réMrves et land-^ 1» werhs, est de 29805,414, et les sommes correspondantes à h 1» perte de leur travail, s'élèvent i 7S3,tOS,000 ir.

» La valeur improductive des propriétés mobilières et immobî- » lières affectées au service delà guerre, est de 18,785,485,806 9 francs, et les intérêts de la valeur de ces propriétés «''élèvent » à 761,417,412 francs. ^

» Los deiios publiques caus^ées par la guerre, forment un lolal » de 38, G2?, 677, 387 francs, elles intérêts de ces délies sont de » 1,748,700,355 francs. Pour certaine nation, l'intérèlde la dette » publique va jusqu'à dépasser les 6/7 du revepu total de ri'.lal.

» La dépense militaire annuelle, qui, dans les budgets officiels, » est portée à un total de 2,020,524,434 francs, s'élève, en réa- » lité, â un total de 5,253,794,201; c'est-à-dire qu'elle dé- » passe les 6/7 du chiffre de la recette totale, qui est de » 6,124,593,289 francs. Pour plusieurs États, elle dépasse le » chiffre des recettes du budget public.

» Voilà un résultat véritablement stupéfiant et bien éloigné de » celui auquel l'attention publique S'arrête ordinairement. Il » s'appuie en grande partie sur des chiffres officiels.

» Quoique je croie être demeuré au-dessous de laréalilé, dans » mon estimation de la valeur des propriétés mobilières et im- » mobilières afTeclces au service de la guerre, supposons qu'on )) la réduise de moitié. Au lieu du chiffre de 751,417,421 franc?, r> auquel j'ai porté l'intérêt à 4 p. 100 de la valeur de ces )) propriétés pour toute l'Europe, nous n'aurions plus que » 375,708,706 fraîios, et alors le cbitîre de 5,253,774,201 fr., » auquel j'ai porté le lolal de la dépense militaire annuelle, » ne serait plus que de 4,878,085, 195 francs. Or, ce dernier » chiffre approche encore des 4/6 de recette totale. Allons plus

UlQliiZ

166 DU PMHCIPB DBS MàTIOlUUltB.

» loin. Supposons même qu'on ne tienne aucun compte do l'in- I» terét de la valeur des propriétés mobilières et immobilières » affactées au service de la guerre en Europe. Le total de la dé- » pense militaire annuelle serail eneoro de 4,502,376,789 fr., » .e'eel-i-dire d'une somme qui est presque égale aux trois » quarts delà recette totale. On voit que la guerre ou, i son 4é- » fout» la paix année, dévore «me somme bien sopArieure ft la » moitié du revenu publie en Europe. »

(Larroque, De la guerre et de$ amiee penmmke, In-S*. Paris, 1866, p. 196-198.)

FIN DE L APFENDICK.

ÏABLË Û£S MATIÈRES.

If AMT-ilOM» ;

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