CHAPITRE I".--DVFAIT IMB LA MIsàME CHEZ UES AMCIBN8. -^ Gé
néalQgie de la misère. — ^ Est-ce un ta\i nouveau ? — N'est pas que fille de la terre. — Porus. et la Misère au banquet des dieux.—- L'âge d'or et le paradis terrestre. — Misère de dos .premiers parents. — GaYn. — La misère surnage au déluge. — Nouyeaux 4ona, besoins nouveaux. — La faim, origine de la guerre. — Richesse et pauvreté, sœurs jumelles. — Le saint homme Job. — Pauvres et mendiants au temps d'Homère, d'Hésiode, de Moïse, des patriarches, etc. — Républiques de Lycurgue et de Platon. — Athènes et Rome. — Misère partout, miiière toujours. — Donc, ne date pas que de l'aboli lion de l'esclavage par le christianisme. — Problème des vieux temps, problème de nos jours 1
CHAP. II. — OBS DIVERSES SORTES Mi PAUVRES CHEZ UBS RO- MAINS. — Classification générale du peuple romain. — Plebs rutiica, — Plebsuràana, — Provinciaux alliés.-— Population mixte • 12
$ L — Classification gjéhéaale du peuple rohain. «^ Les Qulrites. — Patres et CoUntet. -^ Patriciens et plébéiens. «— Les trois ordres : Sénat, chevaliers, plèbe. -^ Les uns tout, les autres rien.— Exercice et partage du droit de souveraineté. — Suflhrage universel. — Son organisation. — Curies, centnries, tribus. — Plèbe rustique et plèbe urbaine 12
% H. — Plebs rustiga. — Les trente et une tribus de la campagne : éléments de leur population. — Part de terre attribuée à chacun. — Laboureurs-soldats. — Soldats-laboureurs. — Colons • 20
1. Laboureurs-Soldats. — La terre, op«, signe du droit de porter les armes. — Les inopea en sont exclus. — Exceptions. — Chair à canon de ce temps-là'. — Le laboureur-soldat tenu de s'équiper et de se nourrir à ses frais. — Dépenses qui en résultaient. — Mais la guerre nourrissait la guerre ;-^ sauf le partage du lion. ^— Razzias. — Quand la solde et le remplacement militaire furent institués. — Conséquences de cette double réforme.*— Dernier coup porté à la plèbe rustique 23
2. Soldats-Laboureurs. — Après l'épée, la charrue. — Générauxagriculteurs. — Mais guerre ôte plus qu'elle ne donne. — Sort du pauvre soldat, rentré dans ses foyers. — Absorption de sa terre et de sa personne dans la propriété et dans la personnalité du riche patricien. — Yirgidius. — Servitude et misère. -^Qflonat. . . » . 32
Pages.
8. Colons. -— Deux lortes : —Colons libres et colons esclaves. — Leur sort 36
$ III. — Plebs urban a. — Les quatre tribus de la ville : — Éléments de leur fwpulatlon : — Clients, — Prolétaires, — Citoyens ouvriers, — Ouvriers esclaves, — A£francbls, — Étrangers domiciliés 38
1. Clients. — Leur origine, leurs droits, leurs devoirs. — Rapports réciproques des clients et des patrons. — L'abus tue l'ioslitution. — Misérable condition des clients alors 40
2. Pbolétaires. — Inopes t capiie censi. — Leur nombre. — Leur droit de ne rien faire. — Leur misère fait leur richesse. — Tous sont rentiers de l'Etat. — Comment le tunicaïus popellus était nourri, vêtu, logé. — Prix des loyers. — Seul trafic que comportait sa qualité de citoyen : vendre son vote. — Que devient-il quand cette ressource lui manque? 45
8. Citoyens ouvriers. — Quelles professions appartenaient aux patriciens, quelles aux plébéiens. — Ouvriers des mains et ouvriers de la pensée. — Sellulariù — Tabemœ. — Cités ouvrières. — Ti'avail professionnel, travail d'esclaves. — Cependant des citoyens étaient ouvriers ; mais, quels citoyens ! — Commerce en grand, trafic honnête ; petit commerce, non. — Les entrepreneurs faisaient travailler les ouvriers esclaves de préférence aux ouvriers libres. — Pourquoi? — Sort malheureux des ouvriers libres sous la monarchie. — Le salaire même leur faisait souvent défaut. ~* La fosse aux qui rites. — Quid, sous la république? — Mépris et misère attachés au travail libre. — Concurrence du travail servile. — Quidf sous les empereurs? — Prix des denrées, etc. — Anéantissement du travail individuel 53
4. Ouvriers esclaves. — Deux fortes : mancipia rustica, mancipia urbana. — OfficiaUs et fabriles. — Hommes et femmes. — Leur nombre. — Quelles sources les alimentaient. — Les Mangones.
— Condition des ouvriers esclaves préférable à celle des ouvriers libres; — Malgré le mauvais traitement des maftres; — Ces mauvais trailenunits étaient l'exception ; — L'intérêt des maîtres en était la mesure. — Le pécule. — Le Code noir des femmes esclaves 66
5. Affranchis. — Comparai^^on des libérés de la servitude et des litières des bagnes. — Purqués dans les quatre tribus de la ville et dans les métiers. — Finissent par envahir la cité et le pouvoir. — Leur nombre toujours croissant. — Leur insolence. — Instruments des partis. — Mépris qui les frappe. — Exemples d'affranchissements en masse. — Causes des alTranchissements.
— Lois pour en arrêter le danger et le scandale. — Efforls impuissant». — Dediiii. — Appauvrissement qui en résulte pour
la société libre 7T
6. Étrangers domiciliés. —Pere^jfr mi. — ^o«/f j.— Leur nombre.
— Exclcn an àroit de cité. — Cbnséqaences. — Relégués dans les métiers avec les affranchis et les esclaves. — L'empire est moins •sévère pour eax qae la répabli<^e. — Mais, charges compeasent avantages. — Plus k perdre qu'à gagner <MI
$ tV. — Provriciads alliés. — Ennemis vaincus. — Gent taillable et «orvéable. — Préteurs, gouverneurs, publicains. — Leurs dépenses, leura 4}uetiona, leurs rapines. — Ruines des provinees. — Dépopulation des eampagoes. — Misère générale 91
S V. — Population mixte. — Enfants. — Femmes. — Vieillards. — Débiteurs. — Mendiants. — BanditF. — Prostituées. — Aliénés. — Malades et infirmes. -— Prisomûers. 98
1. Enfants. — Condition sociale de l'enfant. — Pratique légalç djp l'infantieide. — Fait universel et humain ; — th*euves. — Fils
de famille pis qu'esclaves. >• Révolte des fils devenus grands.. . 98
2. Femmes. — Condition légale de la femme mariée. — Concubin.es et courtisanes. — Conduite des maris. — Droit de vie et
de mort. — Tribunal domestique^^^^^uren^ quid jemina possiti 102
3. ViBiLLARUS. —7 Depon^toR senes. — Droit de les mettre à mort. 108
4. péBiTEnits.T-Lttîr pombre, leur sort, leur condition légale. — Émeute du Janicule et du mont Sacré. — Ae«i, obœrati^jiddictù 7— Oiseaux en cage. — Une livre de farine et quinze livres dé fer. — Carcer lœdialis,^ — Créanciers ont le pouvoir de, les vendre. — Distribution du corps du débiteur. — Rigueurs de la loi des Douze Tables; — Tempérées par la loi Papiria. — Abolition de la contrainte par corps. — Cession de biens. — Lois de Sylla et de César, y Le préjagé prévaut sur Thumanité. — L'ergastulum et la pauvre famille 109
5. Mendiants; Bandits; Pbostituées. — La mendicité était-elle inconnue des anciens? — Non; — Preuves. — Loin de la produire rémancipation des esclaves la prévenait. — Loin de Tempècher, au contraire, l'esclavage la produisait. — Preuves. — Nomenclature des mendiants, bandits, prostituées. — Spéculateurs en mendicité. — Frb-es quêuurs, — Parasites, etc. — Pourtant, mendicité imputée à honte, et l'aumône réputée dangereuse^ comme chez nous. — Oui ; mais, chez nous, le travail ïionore; chez les Romains, il flétrissait 116
6. AuÉNÉs.» Existence légale et domestique des fous furieux. . 122
7. Malades, infirmes, etc.— En Tabsenee d'hôpitaux, qu'en fàisait-on? 123
8. Prisonniers. — Sort affreux des détenus dans les prisons de Rome. — Promiscuité des sexes et des âges. — Atrium libertatis. — Cachots. — Rapacité du geôlier. — Carnifex. — Cruautés envers les accusés, payées par les accusateurs. — Chaque prisonnier lié par une chaîne à un soldat. — Détenus malades. — Le fer et le poison vendus comme faveur.— Malpropreté.—
Pages.
Mort à plusieurs degrés. — Une mère ne peut visiter son fils. — Chrétiens condamnés aux bêles. — Le souper libre. — D^ tenus politiques traités comme assassins et voleurs, etc 124
GHAP. in. — DKS CAUSES DE LA MISàftE CHEZ LES ftOBIAIRS. — ServUus, — Familia. — Latifundia. — Usura, — Vecligalia, — DivUiœ, Luxus, — Libidines. — FlayiUa, crimes et délits. — BeUgio. — Otium^ Labor. 134
S I. — Servitus. ^ Caractères généraux. — Lèpre immense.— Foyer de dépravation, de dépopulation et de misère. — Guerre entre l'hérilité et Tesclavage. — Conséquences. — Complots , empoisonnements, brigandages. — Le soufiQe de Tesclavage stérilise l'homme et la terre. — La nation entière disparaît par l'efifet de ce régime affreux. 135
§ H. — Familia. — Constitution de la famille antique. — La gens, — Autorité absolue du père de famille sur sa femme, ses enfants, ses esclaves. — Foyer domestique, foyer de haines. — Joug secoué par les fils de famille. — Jdem par les femmes. — Divorce permis; pour quelles causes. — Loi Oppia, — Loi Voconia, — Vengeance des femmes. — Massacres du triumvirat. — Part qu'y prennent les femmes. — Décomposition de la famille. — Conséquences : — Célibat, stérilité, misère! 140
S UL — Latifundia. — Territoire primitif de Rome ; part de chacun.
— Avec Tagrandissement de Vager romanus s'agrandissent les besoins. — Lutte des pauvres et des riches. — Ceux-ci ont le dessous. — La petite propriété s'absorbe dans la grande. — Yiltœ, •«- Basileioê, — Cent domaines n'en forment plus qu'un. — Inconvénients de la grande culture. — Culture par esclaves. — Pascua,
— Plus assez de blé pour nourrir Rome. — Émeutes, peste, famine.
— Latifundia perdidere Iialiam 146
§ IV. — UsrRA. — Capital-terres et capital-argent concentrés en peu de mains. — Conséquences. — L'emprunt. — L'usure. — Qu'étaitce que l'usure centésime ? — Et l'usure oncière ? — Et l'as usuraire ?
— Manière de supputer l'as usuraire. — C'est aux calendes de chaque mois que se payaient les intérêts. — Rapacité des fénérateurs. — Émeute populaire du mont Sacré. — Concessions des patriciens. — Loi des Douze Tables. — L'intérêt légal est abaissé de douze à un pour cent. — Mais, en fait, le taux de douze pour cent prévaut.
— C'est l'usure centésime, — Loi Licinia de fœnore, — Loi DuilUa.
— Ces lois rognent seulement les ongles de l'usure. — C'est les arracher qu'il faut. — Système du crédit par l'État, et de la Banque du peuple. — Remède pire que le mal. — Réforme radicale du tribun Genucius: — Abolition de tout droit de prélibation; — Crédit gratuit substitué au crédit payé; — Le muiuum substitué au fœnus ; — Résultats de ce système de mutualité et de gratuité du crédit. — Misère plus grande. — L'usure échappe à toutes les pénalités. — Ses ruses. — Retraite du peuple sur le mont Janicule. — Nouvelles concessions des patridens. — Le peuple demande, non plus l'aboli-
Pages.
tioD de Vintérèi, mais Tabolilion de toutes les dettes. — A bas le capital ! — Banqueroute générale réduite par César à une perte de vingt-cinq sur cent. — Mort du crédit. — L'usure renaît plus vivace. — Prêts à douze, à quarante-huit, à soixante-dix pour cent.
— Usura sanguinolenta, — Le peuple est dévoré jusqu'aux os. ... 153
§ V. — Vegtigalia. — Deux sortes d'impôts : directs et indirects; — Foncier et personnel. — Gomment et sur quelles terres se payait l'impôt foncier. — Ager publiais ^ stipendiarius^ vectigalis. — DifiTérence entre la dîme et le tribut. — Solidarité entre les contribuables. — Comment et sur qui se payait l'impôt personnel. — Capiiatio, ' — Le Chrjsargyre. — Terres et personnes exemptées d'impôts. — Gomment, sur qui et sur quoi se payaient les impôts indirects. — Portoria, — Impôts sur les vins, etc. — Droits de dixième et de vingtième. — Progression des impôts. — LMmpôl du sang. — Gomment et sur qui se prélevait. — Agents préposés à l'assiette et à la collection des impôts. — Fermage des impôts. — Les publicains. — Leurs vols, leurs exactions. — Si récoltent l'impôt, sèment la misère. — Tableau lamentable 173
S VL — DiYiTiiS; Luxus. — Romains pauvres, modèles de toutes les vertus ; — Devenus riches, exemples de tous les vices. — Sources de l'opulence romaine. — Dépouilles du monde vaincu. — Perturbation jetée dans les mœurs. — Fortunes individuelles colossales.
— Luxe effréné des grands. — Est contagieux pour les masses. — Dépenses fabuleuses des empereurs. — Prodigalités folles. — Repas somptueux. — Frais de table insensés. — Gloutonnerie, gourmandise, ivrognerie. — L'argent s'en va comme il est venu. — Fortune honteuse. — Honteuse misère! 187
$ YH. — LiBiDiNEs. — La Grèce vaincue inocule ses mœurs à Romo Yictorieuse. — Tableau de la lubricité des mœurs. — Gomment Rome les imite. — Tableau de sa dépravation. — Cicéron lui-même en est infecté. — Éloge qu'il fait des courtisanes. — Séduction, adultère, inceste, jeux permis. — Vieillesse dégradée. — Mystères de la bonne déesse. — Messaline. — Digues posées par les empereurs à ce torrent d'impudicités. — Digues impuissantes, les empereurs euxmêmes les brisant par leur exemple. — Vices de tout l'empire incarnés dans un empereur. — L'empire romain s'anéantit dans la fange du vice et de la misère 203
S YIIL — Flagitia. — Grimes et délits. — Misère morale, source de la misère physique. — Crimes et délits, causes et effets de l'une et de l'autre 218
1. Définition et nomenclature des grimes et délits. — Quels sont ceux qui entrent plus spécialement dans les faits de causalité de la misère. — Vols magistraux 219
2. Vénalité; Concussion; Pécclat. — Triple source d'iniquités et de misère. — Les juges suivent l'exemple du législateur, et les gouverneurs l'exemple du sénat. — Traits monstrueux de
468 TABLB DES MATIÈRES.
Pages.
Ténalité et de corruption. — La probité est bannie de Rome. — Arrêts qu'on rendait dans ce temps-ià 221
3. Brigues électorales. — Manuel du candidat. — L'art de solliciter les places. — Moyens pour assurer le succès de la rogalion. — Ambiius, — Poignées de maïn, etc. — Argent distribué aux électeurs. — Agents offlciels de corruption. — Ce qu'il en coûtait dans ces marchés de votes. — Bataille électorale. — ttésultats du suffrage universel. — Les deux plateaux cle la balance. — L'or dans l'un, la misère dans Vautre. . 225
$ IX. — Religio. — La religion des Romains se grécise comme leurs mœurs. — Réseau qui enlace le peuple. — Dévotions des grands. — Six mille divinités. — Tous les vices déifiés par l'idolâtrie grecque. — Honteux mystères. — Pratiques abominables. — Superstition et incrédulité. — Remède de la misère en devient la source 230
$ X. — Otium ; Labor. — L'oisiveté citoyenne était plus qu'un fait, c'était un droit. — Raisons du fait; raisons du droit. — Avec le suffrage universel, impossible d'être laborieux. — Dans une république, impossible à des ouvriers d'êire citoyens. — Travail manuel, bon pour des esclaves. — Sans esclaves, Rome et Athèn^ h'eu'SBent pu faire ce qu'elles ont fait de grand. — DlJCférence entre labor et ne^ gotium, entre otium et pigritia, — Oisiveté n'était pas paresse. — Elle le devint. — Alors, panem et circenses, — Alors, misère augmente et chasse Rome de Rome 237
CHAP. iV. — SOLUTION DU PROBLÈME DE LA MISERE PAR LES IN- STITUTIONS SOCIALES. — Hêrilité. — Puissance paternelle. — Patronat. — Hospitalité 24Î
§ 1. — Hêrilité. — Esclavage, point de suture entré la barbarie et la liberté. — Le premier vaincu qu'on ne tua pas fût serf, e'est-à-dirè sauvé, servus, — L'hérilité ne fut pas qu'un joug ; ce fut aussi un refuge. — Preuves. — Objection tirée des révoltes d'esclaves. — Réfutation de l'objection. — Droits de l'hérilité incontestés. — Obéissance, de droit sacré. — Les maîtres durent rester les maîtres, et les esclaveSf. esclaves 247
S n. — Pdissance paternelle. — Ëerus et Pater , synonymes. — Étendue des familles antiques. — Polygamie. — Quid, quand trop débouches à nourrir? — Droit de vie et de înort. — Doctrine païenne de l'infanticide. — La doctrine de Malthûs n'est pas autre chose. — La doctrine malthusienne d'ailleurs n'est pas nouvelle.
— Est tirée d'Aristote et de Platon 2&3
§ III. — Patronat. — Origine du patronat. — Dut de l'institution. —
Deux sortes de patrons, et deux sortes de clients : forcés et libres.
— Devoirs réciproques des patrons et des clients. — Ces devoirs étaient sacrés. *- Droit de patronage héréditaire. — Patronage des campagnes. — Liens plus forts que ceux de la parenté. — Quand
se brisèrent. 257
§ IV. — HospiTAtiTÉ. — N'était point volontaire, comme chek nous,
TABLE DES lUTlÈaES. 469
Pages* mais obligatoire et foreée. — Droit international. — N'ava^it lieu que d'étranger à étranger. — Hospitalité chez les Hébreux, chez les Grecs, chez les Romains. — - Traits remarquables d'hospitalité. — Xenodochia, — Hospitei. — HospUia, — Tessère hospitalière. — Lien d^e parenté formé entre l'hôte et celui qui le recevait. — Manière dont l'hospitalité s'exerçait, — Vertu la plus agréable aux dieux. — Hère de la charité chrétienne 269
CHÂP« y, — SQI4IJTION DU PROBLÈME DE LA MISÈRE PAR LES IN-
sn^ITTlOisis DE BIENFAISANCE. — De la bienfaisance chez les anciens. — > Établissements, secours et sociétés de bienfaisance. — Leges agrctriœ, — Leçes annonariœ. — Congiaria. — Epulœ. — Sportula, . . .277
§ L — De la bienfaisance chez les anciens. — Non-seulement la fraternité, mais la charité, mot et chose, étaient connues des anciens. — Exemples tirés de l'histoire des Hébreux, des Grecs et des Romains. — Toutefois, en ce qui touche les Romains, la bienfaisance n'est souvent que de l'égolsme ; et le stoïcisme glace la bouté. — Ce n'est qu'à partir de l'en^pi.re que la bienfaisance s'organise et devient une institution. 278
$ U. — Établissements, secours et sociétés de bienfaisance. — Les anciens n'avaient ni hospices ni hôpitaux. — Mais divers établissements et institutions en tenaient lieu. — Réfutation, à ce sujet, de Voltaire et de Chateaubriand. — Les enfants et les vieillards secpurus à Rome comme à Athènes. — Id, les indigents de tout âge et de tout sexe. — Preuves. — Eranos. — Sodaliiates. — Taxe des pauvres organisée comme chez aucun peuple moderne. — La charité avait le temps de venir 286
S 111. — Leges ACRARiiE. — Histoire politique et économique des lois agraires, chez les Romains 295
1 . Définition des lois agraires. — Leur objet, leur but. — Erreur commune à ce sujet. — Lois agraires de Minos, de Lycurgue et de Platon. — Jubilé agraire des Hébreux. — Pythagoriciens, Esséniens, Thérapeutes. — Phalanstériens d'Athènes. — Communisme égalitaire. — Les lois agraires des Romains Tout toujours rejeté. — Railleries des poètes. — Droit de propriété individuelle chez les Romains ; son caractère ; son étendue. ^ Nombre des inopes, -r- Estril vrai qu'il n'y eût à Rome que deux mille citoyens qui rem haberent ? — Était-ce pour abolir la propriété que luttaient les prolétaires? — Pensée patriotique d'où sont sorties les lois agraires 295
2. Lois agraires de la monarchie et de la république. — Ne B'appliquent qu'au domaine national. — Ager romanut et ager jmbiicus, — Leur di£férence, leur extension, leurs limitjBS. — Assignations de terre» in4i)iri4uelle8. — Étendue de chaque lot. — Tirage au sort. — Clérouqules. — Propriété quiritaire et possédions emphytéotiques. — Redevances annuelles. — Coliçspjea. — Différence des colonies grecques et romaines. — Co-
Pages, lonies militaires et colonies agraires. — Ces dernières sont d*un grand secours pour les classes pauvres. — Cependant, ce n'est pas vers elles mais vers le champ sacré que se portent leurs désirs. — A la fin, acceptent des terres de Vager publicus. — Aisance qu'ils en retirent. — Jalousie qu'en ressentent les grands. — Pourquoi. — Ils usurpent et envahissent les domaines du pauvre. — Finissent par avoir tout, le peuple rien. — Réclamations du peuple dOC
3. Luttes au sujet des lois agraires. — De Spurius Cassius à LiciNius Stolon. — Le consul Spurius Cassius est le premier qui tente de rendre au peuple les parts du domaine publie usurpées sur lui par les patriciens. — Les patriciens captent le peuple. — Sp. Cassius est sacrifié. — Le tribun Icilius fait concéder des terres au peuple sur le mont Aventin. — Ce n'est pas assez. — Deux riches patriciens, Sp. Mœlius et M. Manlius, demandent plus pour le peuple. — Payent de leur vie leur témérité 315
4. LiciNius Stolon. — Loi agraire de ce tribun. — Possession des riches dans le domaine public restreinte à cinq cent jugera. — Dîmes. — Têtes de bétail et têtes d'esclaves. — Peines contre les contrevenants. — Licinius, le premier, viole sa loi. — Le sénat en arrête l'exécution. — Les usurpations continuent. — Accroissement simultané de richesse et de misère. 318
6. Les deux Gracchus. — Tentative des deux frères Gracchus pour faire revivre la loi Licinia. — Tempérament qu'ils y apportent. — Malgré cela, vive opposition des grands. — Troubles et calomnies se mêlent aux difficultés d'exécution. — La loi passe. — Mais Tiberius et Caïus meurent assassinés. — De leur poussière naquit Marins 332
6. Des frères Gracchus a Rullus. — Le tribun Thorius fait abroger légalement la loi des Gracques. — Dès lors, l'usurpation se légitime. — Mais Marins et Sylla dépouillent à leur tour les spoliateurs. — Proscriptions. — Récompenses agraires. — Colonies de vétérans. — L'Italie en est peuplée. — Déplorables résultats , 326
7. Rullus ; Pompée ; César. — Mal universel de la république. — Royautés du désordre. — La propriété est en péril. — Loi agraire de Rullus. — Vente des biens nationaux. — Emploi du produit des ventes. — Capoue distribuée à cinq mille citoyens. — Cicéron attaque la loi et la fait échouer. — Pompée la reprend inutilement. — César, plus heureux, la fait adopter par le peuple, en la modifiant. — Son exécution jurée, sous peine de mort, même par les sénateurs qui l'avaient rejetée. — Toutefois César n'ose toucher aux usurpations de l'aristocratie. — Se borne à un essai de colonies agricoles et d'ateliers nationaux. — Trois cent
TABLE DES HATliftES. 471
Pages, vingt mille prolétaires! — Gomment conjurer ce danger P — Vaste projet de César. — César est assassiné 330
8. Les Triumvirs. — Le peuple se venge de la mort de César sur les biens de Tarlstocratie. — Hcee mea $nnt! — Partage de dixhuit villes et de leur territoire. — Octave» devenu l'empereur Auguste, reprend l'ceuvre de César et fait comme lui : — Tua rura manebunt, • . 336
9. Conclusion. — Coup d*œil rétrospectif. — Pourquoi les patriciens si ardents à repousser les lois agraires. — Pourquoi le peuple si mou à les défendre. — Effets des lois agraires. — Le principe de la propriété est sauf; — Mais, misère plus grande découle de richesse plus grande 339
% lY. — Leges ANNONARiiE. ^ Qu*était-ce que Tannone ? — Vente de blé à bas prix. — Qui fixait les mercuriales? — Distributions gratuites. — Quand commencèrent ? — Liste civile frumentaire. — En quoi consistait? — Livre d'or de la misère. ^- Qui avait droit d'y être inscrit? — Nombre des pauvres à Rome. — L'usage engendre l'abus. — Ce n'est plus la faim, c'est la sensualité qu'on a à salisfairr. — Petits pains blancs de deux livres. — Huile, lard et vin. — L'abus tombe devant une plaisanterie. — Quand et comment se faisaient les distributions. — Frumeniariœ tesserœ. — Panis gror dilis. — JEdium partis, — Kalamos. — Charge énorme pour le trésor public. — Peine de mort en cas de firaude. — Motifs politiques des lois annonaires. — Gâteau de miel dans la gueule de Cerbère. ... 343
$ V. — CoNGiARiA. — L'annone était le budget normal, les congiaria ou largiiiones le budget supplémentaire du prolétariat. — Trois sortes de congiaria; — Alimentaires, — Pécuniaires, — D'objets mobiliers.
— En quoi consistaient les uns et les autres. — Quand, comment, et par qui étaient distribués. — Poussés, sous les empereurs, Jus^ qu'à la folie. — Exemples. — A Athènes, les congiaria étaient pécuniaires. — Tous les citoyens étaient salariés. — Taxe des pauvres universelle. — L'assistance du peuple à chaque élection, à chaque jugement, à chaque assemblée, était payée. — Charge qui en résultait pour l'État. — Contributions forcées sur les riches, ^-l-e iheo^ ricon. — Ciment de la démocratie ! — But et efifets de ce système de secours. — Les mêmes abus produisent les mêmes effets à Rome.
— Exemples de dons pécuniaires prodigieux. — Missilia, — Raison de la grande popularité de Néron, Commode, Caracalla, etc. — Le gouvernement le plus aimé fut celui qui prodigua le plus. — De volontaires les dons deviennent forcés. — Conséquences de ces libéralités corruptrices 354
S VI. — EpuLuB. — Les repas conventuels de Lycurgue. — Le prytanée d'Athènes. — Les lectistemes de Rome. — Ordonnancements de ces diverses sortes de repas. — Règles d'admission. — Dépenses.
. — Fêtes épulaires des empereurs. — Le peuple, enûn, admis aux jouissances des grands I — Qu'en retire-t-il P 366
479 XiBLB lIEfl HATlàRBS.
Pages.
$ VI U. — SportoM- ** Eb <IU0& eomistait. — Pmariobtm, — Ccena xecta, —.Comment se dUlribuait la eportule. — Secoure qui avilit
^a l^rq^^.PMf^ • n ^ «.,... 372
CHAI^. Yi. — màUFwum dv >■•■■ Amw dk la suséiib »ae l»or- GAMiSA'^mii MJ T^A^AIL. — Garaelère du travail ches les anciens. — Ce otraeière esl double cbet let Bomains:— * Senrile, sou3 les rois et les consuls;^— Affranchi, sous l'empire.. 375
S I. — OftCANlSATION. DO TRAVAIL, SOqs LES ROIS. ET LES CONSULS. —
Ha^ine qu'inspiraient^ a^x tribi^ héroïques les populations agricoles et industrielles. — Causes et efCets. — Bf épris 4es, anciens ppur le travail. — Le Jf^^p\fi ^inali\ sq montre suçcessiveiQ^nt guerrier, pâtre, agriculteur. -- La vie ps^tpra^le ^t VMÇ ^f^ 4^. ^«Ql'^^* — L'agriquitu]ce était i^u^si la iu,tf e de l'homme contre la ter^e. — L^ laboureur était^ comme le soldat, sur un champ de bataille.-^ Pour vaincre il lui fallait de bonnes armes. — C'est pour cela que les plus illustres guerriers ne dédaig:naient pas die cultiver euxmêmes leurs champs. — Mais il n'en était pas de même de l' industrie et des métiers. — C'étaient là des œuvres serviles.— Exemples.
— Seuls, l'industrie et le commerce en grand ne déshonoraient pas.
— Mais, pour s'y livrer, il fallait les bras des esclaves. — Organisation du travail servile industriel. — Idem du travail servile agricole. — Résumé. ........'.,... 376
S IL — OBGArjlISATKM DD. T^AYAll; ^^S^ L^S. ^PEjREDRS. (pQ 2* «^U
4* siècle de notre ^re. ) Double et vaste réforme. — Libres et esclaves sont confqn^u^. — Ëg^ux sous ui) niveau, squs ua nom conimun, ol^quium. — Tous sont également soumis au service de l'Ëtiit.
— Tous B.ont Boldjkts d'une q)6me ari^ée^ armée divisée en autant c|e minces qu'i\ ; a 4q i^ervipes i^içUqcts. — M/lice 9i;^vrière. — Les enrôiemeqt^ n'y ^n^ pas volontaires, mais héréditaires et forcés. — L'empereiir, i'uo^ue producteur de l'empire. — Le travail individuel, 1$ i^ulique» la ferme, confisqués par l'Élat. — Idem, le tiavi|il qoojétaire, \s^ corporations ou jurandes privées. — Monopole universel.. -^ Fabriques impériales. — Corporations obligatoires. — Çy^tèn^ de I9. glèbe appliqué, aux métiers. — Ce système'avait alors ses avant^ge^. — Au fond, qu'était-ce que le travail ainsi affranchi?
— Point de production. — Opéra magna poUàs quàm necessaria. — Point 4e commerce* — Point d'échange. — Point d'exportation. — Romains n'exjporViient qqe^ leufor. — Ço^iséquences 385
CHAP. VIL -^ SOLUT^IOX DU PIIOBLÈU DB UL MISÀRB VA» USS
iKSTrrcTioss eépeipssites. -t- En quoi oonsistalent les Institutions répressives des anciens. -?- Leur application aux &it8 générateurs de U misère : — Qifijvet^ et mendicité ; — Vol, brigue et péculatj — Prostitution et mauvaises moeurs ; — Usure ; — Délits céréaux ; — police sompluaire 398
S L — Ststèiie pénal des anciens. — But moral de la peine. — Forquje? péj39lQS,.-rpi:is9iijietempri80Qivement 398
Pages.
1. But moral de la peine. — Expiation, satisfaction, Tengcahce, même chose que justice. — Exemple, but de la peine. — Théorie pénitentiaire de Platon -. 398
2. Formules pénales des Romains. — Nocuité des actes, sente règle des incriminations de la loi. •— Même règle "pour la proportionnalité des peines. — Nomenclature des peines, sous la république. — Id, sous Templre. — Pœna non irasciturf ted cavet 401
d. Des prisons et de l'emprisonnement. — Chàrtre libre. — Prisons fermées 406
Chartre libre. — Libéra cmtodia. — Confinatio, — En quoi consistaient ces deux modes de détenir. — Théorie des anciens sur la liberté individuelle et Tàrrestation préventive. — Même sort fait & l'accusateur qu à Taccusé 406
Prisons fermées — Deux sortes de prisons fermées : — Privées et publiques.— Carc^r non ad puniendos sed ad continendos homines. — Cependant, peine horrible. — Vincula, — Les gémonies. — La Force, — Les écoutes. — Régime intérieur des prisons. — Les anciens avaient-ils l'idée du système pénitentiaire.^ — Le système cellulaire et le panoplicon, — Système des catégories de Platon 412
§ II. — Lois contre l'oisiveté et la mendicité. ^- Lois de Dracon, de Solon, de Pisistrate, restées sans exécution, à Athènes. — Droit àl'oisiveté entraînait droit à la mendicité, à Rome. — Changement survenu à cet égard sous Tempire. — Tous les oisifs considérés comme vacants, — Mais ce n'^est que sous les empereurs chrétiens que la mendicité est légalement interdite 418
$ HL — Lois contre le vol. — Vols permis et vols punis, chez les anciens. — Grands et petits voleurs, à Rome. — Peines sévères contre les brigues, les concussions, le péculat. — Mais, que peuvent les lois, sans juges intègres pour les appliquer? 434
§ lY. — Lois contre la prostitution et les mauvaises moeurs. — Sévérité et partialité des lois sur Tadultère. — Les maris échappent à leurs rigueurs. — Crimes contre nature. »- Solon, pour y remédier, institue les lieux de prostitution* — La prostitution est un droit à Rome. — Impôt levé sur les lupanars. — Frein impuissant 429
$ y. — Lois contre l'usure. — L'usurier plus puni que le voleur. — Ce qui n'empêche pas l'usure de progresser 435
$ VL — Lois céréales. — Peines contre ceux qui coupent, égrènent, ou enchantent les blés d'autrui. — Idem contre ceux qui coupent les arbres ou les vignes, et font paître leurs troupeaux dans les champs d'autrui. — Peines contre les accapareurs de blé 436
$ VIL — I^is somptuaires. — Objet de ces lois. — Qui les provoquait et les faisait exécuter. — Tout était tarifé .- vêlements,: frais
Pages, de lable« fanéraillea. — Lois Oppia, Orchia, Fannia, Licinia. -^ Lois de Sylla et de César. — Le luxe brise ses digues 439
CHAP. VII. — INBFFlCAaTÉ DBS MOYENS PEATIQCÉS POUR LA SO- LUTION DU PROBLÈME DE LA MISÈRE CHEZ LES ANCIENS. —
CONCLUSION. — Résumé des efforts tentés par les Romains pour combattre et vaincre la misère. — Vains efforts ! — La misère brise ses digues, et son flot monte toujours. — Pourquoi. — - Causes multiples. — Les sept tètes de l'hydre. — La principale est la guerre. — L'art de la guerrci seule science économique alors connue. — S'enrichir par la ' guerre, c'est s'appauvrir dans la paix. — Cédant arma togœl — Paix improductive. — Ni industrie, ni commerce. — Plus même de commerce de grains. — Que devient l'or de Rome victorieuse? — Ploutocratie des capitalistes, et aristocratie des populaces. — Extrémités et pas de milieu. — Classe moyenne anéantie. — Vile multitude lui survit et lui succède. — Oisiveté. — Prolétaires. — Travail aux esclaves. — Justice aux mains des criminels. — JErarii, — Rome n*est plus qu'un cadavre. — Le pauvre n*a plus qu'à fuir. — Fuir Rome devient son idée fixe. — L'Orient est son espoir. — C'est de l'Orient que vient la lumière. — C'est de l'Orient que viendra son salut. — In hoc signo vinces. — f 445