‹ Du problème de la misère et de sa solution chez les peuples anciens et modernes (volume 2)Chapitre 1 sur 76 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Dn fait de la misère chez les anciens.

Généalogie de la m itère. Ksl>ce un fait nouveau? — N'cat pas que (Ule de

la terre. — Porus et la Misère au banquet det dieux. — L’âge d'or cl le paradis terrestre. — Misère de nos premier parents. — Caïn. — La misère surnage au déluge. — Nouveaux dons, besoins nouveaux. — La faim, origine de la guerre.— Richesse cl pauvreté, sœurs jumelles. — Le saint homme Job. — Pauvres et mendiants au temps d'Homère, d'Hésiode, de Moïse, des l>atriarches, etc. — Républiques de Lycurgue et de Platon. — Athènes et Rome. — Misère partout, mUère toujours. — Donc, ne date pas que de rabolilion de l'esclavage par le christianisme. — Problème des vieux temps, problème de DOS jours.

La misère, ce fait universel, permanent, normal, des civilisations avancées, est-elle un fait nouveau inhérent aux sociétés modernes? Ou bien, est-ce un fait éternel, primitif, élémentaire, contemporain de la première formation des peuples? C’est ce que nous devons d’abord examiner.

Platon, dans son Banquet, raconte l’anecdote mythologique suivante : Jupiter, voulant fêter la naissance de Vénus, donna un grand festin aux dieux. A la porte du j)alais de l’Olympe, se tenait, debout, une maigre jeune femme qui n’avait pas mangé depuis la veille et qui attendait, pour calmer sa faim, quelques restes des lubies du diner; c’était lu Misère.

DL' FAIT DE LA MISÈRE

Porus, le dieu de l’Abondance, dtant venu à sortir, l’envie prit à la pauvre femme de faire connaissance avec le dieu qu’elle n’avail jamais vu. Elle s’approcha donc très près de lui, et, comme il était fort en train, il accueillit chaudement sa recherche. De ce rapprochement accidentel naquit un fils, frais comme son père, nu comme la mère..., qui lui-môme eut plusieurs enfants...

Ceci prouve que la misère n’est pas que fille de la terre, et qu’elle est encore, hélas! fille du ciel.

Que Dieu, en créant l’homme, ne lui ait désigné pour sa nourriture que les végétaux', et que l’homme ait vécu parfaitement heureux, tant qu’il se contenta de cette nourriture et d’une eau pure pour boisson...

Salis rst pnpulis fliiviusque Ccrcsque '....

cela peut être... Ce qui est certain, c’est que la misère pénéira dans le paradis terrestre dès après le péché de nos premiers parents. Les feuilles dont ils cherchèrent à couvrir leur nudité en furent les premiers indices, la sueur qui tomba de leur front sur leur pain gagné en fut le fruit héréditaire, et le meurtre d’Abel par son frère la criminelle manifestation.

Caïn fonda les villes et l’iiiduslrie; ce fut le père des arts et de la civilisation. Est-ce pour cela qu’un auteur a dit qu’on lui doit aussi « la matière première de la misère, telle à peu près que nous la fournissent les Caïns de nos jours ’ ? »

‘ Genèse, 1, 29.

• Lucaiti, liv. IV, vers 381.

’ V. ilém. de l'Acad. des /rwcriptïonj et Belles-Lellret, IV, p. 296, 26 j.mvicr 1717.

CHEZ LES ANCIENS

Quoi qu'il en soit, cette » matière première de la misère, » qu’avaient engloutie les flots du déluge, dut reparaître, et reparut, plus vivace que jamais, dès que l’immense niveau d'eau , qui avait fait rentrer dans l’égalité du néant universel les inégalités sociales du genre humain, eut disparu de la surface de la terre. Alors, Dieu ayant transmis à Noé et à ses enfants, au sortir de l’arche, le droit de vie et de mort sur les animaux, en leur disant : « Nourrissez-vous de tout ce qui a vie et mouvement ; je vous ai abandonné toutes ces choses comme les légumes et les herbes de la campagne',» — des besoins nouveaux naquirent des dons nouveaux de l’Éternel, et l’homme se fit lui-méme plus malheureux par l’abus qu’il fit de ces dons. Alors, les différences de condition surgirent et s’implantèrent, plus fécondes en passions que jamais, dans le sol renouvelé du monde. Alors la guerre, alors la famine, alors la servitude, alors les plaies d’Égypte dont l’histoire sacrée nous raconte les douleurs, aux temps des patriarches.

L’histoire sacrée nous peint deux troupes de bergers oubliant la douceur des mœurs pastorales, et prèles à ensanglanter leurs houlettes, pour se disputer la subsistance de leurs troupeaux devenus trop nombreux; et leurs maîtres, Abraham et Loth, quoique unis par les liens du sang, forcés de se séparer pour mettre un terme à ces querelles. Ceci nous montre l’origine des guerres entre les sociétés naissantes. Ce ne furent ni l’ambition, ni la soif de l’or, encore inutile, ni l’amour de lu gloire, encore inconnue, qui les armèrent les unes contre les autres; — ce fut la faim.

* Cciièsc, I.\, 3.

DU FAIT DE LA MISÈRE

Des hommes, peu laborieux, avaient négligé la culture; d’autres, peu prévoyants, avaient dévoré ou dissipé leurs provisions; alors, pressés par la nécessité, ils allèrent, à main armée, chercher leur subsistance dans les greniers des cultivateurs, infatigables et prudents, qui avaient su semer, recueillir, conserver.

Prévoyance, travail, richesse, d’un côté : — imprévoyance, oisiveté, misère, de l’autre; — c’est l’histoire de l’humanité de tous les temps.

L’histoire du saint homme Job nous révèle surtout l’existence simultanée de la richesse et de la pauvreté, éternelles compagnes, au sein des sociétés primitives.

Ce riche et saint patriarche, accusé de n’ôtre tombé dans le malheur que pour s’élre montré dur envers les malheureux, se justifie de ce reproche injuste par le compte-rendu de ses traitsde bonté : «Loin de s’éteindre en moi, la compassion pour les malheureux s’est accrue dans mon cœur avec mes années; elle est sortie avec moi du sein de ma mère... J’étais le père des pauvres... Jamais je ne leur ai refusé les secours qu’ils m’ont demandés , et je n’ai point vu pleurer les yeux de la veuve sans les essuyer... Dans les assemblées publiques, quoique roi entouré de mes gardes, je ne cessais pas, pour cela , d’ôtre le consolateur des affligés... Je n’ai pas mangé mon pain tout seul; l’orphelin l’a partagé avec moi... Je n’ai pas négligé de donner des vêtements à l’indigent qui mourait de froid...; la toison de mes brebis a servi à réchauffer les membres de son corps... Aussi, ai-je reçu pour récompense la bénédiction de celui qui allait périr*.»

Il y avait donc des veuves, des orphelins, des mal-

■ Job, XXlX n XXXI.

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heureux, des pauvres, des affligés, des indigents mourant de froid et de faim, dès la troisième génération depuis Ésaü, chez le peuple de Dieu ' !

Il y avait aussi des pauvres chez les Hébreux, du temps de Moïse. « Il y aura toujours des pauvres parmi vous, » disait ce grand législateur à son peuple ^ ; — prédiction qui ne s’est que trop accomplie sous la domination des rois, dès le temps de David *, et, depuis, avec des preuves encore plus douloureuses et plus justifiées, sous les puissances étrangères de Babylone, de Perse et des empereui-s romains.

Quant aux mendiants, bien que Moïse ait dit : • Qu’il n’y ait point de mendiants parmi vous *, » il y en eut nécessairement chez le peuple hébreu ; car, dès que la pauvreté se fait misère, la misère forcément se fait mendicité.

Homère et Hésiode, d’ailleurs, constatent qu’il y eut des mendiants et des pauvres chez les Grecs de leur temps * ; et le soin que prennent plus tard Lycurgue et Platon de bannir les pauvres et les mendiants de leur république prouve que les mendiants et les pauvres n'étaient pas plus rares à Athènes qu’à Lacédémone*.

Il est vrai que, dans les meilleurs temps de Sparte, tout le monde ayant une part égale dans le territoire

• Voy. sainl Augustin, Cilé de Dieu, XVtl!, 17.

• Deut., XV, i, 12.

• « Vos mains sont pleines de la d^'pouille du pauvre. Pourquoi foulez-vous aux pieds mon peuple? pourquoi meurtrissez-vous le visage des pauvres ? etc. » (Isaïe, III, H}. Le m£me prophète parle de pauvres nus, de pauvres sans asile et sans pain {Ibid., LVIII, 7}.

• Deut., XV, 4, 12.

• Hom., Odyss., liv. IV, vers217. — Hésiod., Opéra et dies, vers 310 cité par Plut., Vie de Thésée.

• Voy. Plut., Vie de Lycurgue, et Plat., De teji6.,lib. II.

DU FAIT DE LA MISÈRE

de la Fi^publique, et cette part sufUsant par son pro-< duit à la satisfaction do tous les besoins il dut n’y avoir à cette époque ni pauvres ni mendiants. Mais, après la guerre du Pcioponèse, le système de partage et de successions (fgalitaires de Lycurgue ayant été aboli, les terres, comme l’or et l'argent, ilnirent par devenir la propriété de quelques familles. Alors, la mendicité fut le partage du plus grand nombre, et amena progressivement la dépopulation. Alors, des 9,000 Spartiates de Lycurgue, il en resta à peine 700, dont 000 mendiants, au temps d’Agis. Agis et Cléomèuo essayèrent vainement de rétablir l'ancienne discipline, l’ancienne pauvreté individuelle qui était la richesse de tous. Ces deux grands hommes moururent à la peine; et Sparte, affamée, disparut du nombre des nations^.

11 est vrai que, dans les meilleurs temps d'Athènes, la fortune était assez divisée, et la propriété foncière assez morcelée, pour que la plupart des habitants eussent de quoi suffire à leurs besoins^. Après la chute des Trente, et le retour du peuple, il n’y avait, en effet, pas plus de 5,000 citoyens qui ne possédassent point de fonds de terre. Ou ne connaissait point alors, dit Denys d'Ualicaruasse, les étreintes de la misère, et personne n’était assez pauvre pour faire honte à l’État par la plaie de la mendicité L Mais ce temps

* Plut., Lycurgue, tO.

* Plut., Agis et Cléomine, — Polybe, IV, 9. — Duruy, Hist. des Rom., I, p. 48â.

’ Les besoins de la plus pauvre lamille de quatre personnes, adultes et libres, exigeaient au moins, terme moyen, 100 lAalers (environ 400 fr.) par an, si elle no vivait pas uniquement de pain et d’eau. Beeckh, Econom. polit, des Athéniens, I, p. 187, 191.

* Bœckh, u6. sup.

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dura peu, et Xënophou constate que, bien longtemps avant lui, la masse du peuple était pauvret Depuis, la paresse fut salariée comme on salarie ailleurs le travail *; et ce vers d'Aristophane put devenir proverbe en Grèce :

L’Athénien en mourant tend encore la main *.

Parlerai-je de Rome ? A en croire Virgile, l’âge de Saturne et de Rhée fut l'âge d’or des Romains et les bons vieux Sabins, ces aînés de l’Italie, trouvaient dans leurs vertus et dans les dons de la terre de quoi vivre constamment heureux :

Hanc olira veteres Tilam coluere Sabini...

Aureus hanc vitam in terris Saturnus agebat

Mais l’bistoire nous apprend que, dans tout le primitif Latium, les hommes du javelot, — ScAini, Sabelli, Samnites, — menaient une vie sauvage et misérable*; que, sous Rémus et Romulus, se pratiquaient le rapt et le brigandage; enfin, que Rome, avec son dieu Mavors et son peuple de Quirites, demeura des siècles enfoncée dans la barbarie', et ne se civilisa qu’en tran»* formant sa misère.

Sa misère même s’agrandit an fur et mesure que s’agrandirent ses richesses, et les trésors des nations

' Breckh, Ecoiiom. polit, des Athéniens, I, p. 28C.

* Voyez notre ouvrage du Droit à roisiveté, etc., p. 69.

* Lantier, f'oyage d'Antenor, ch. CVI.

* « Saturne, ainsi nommé de sata, semences ; ce qui explique pourquoi Fdge de Saturne du Latium répond h l'dge d'or des Grecs. * Vico, Philosoph. de l'hist., IF, p. 388.

' Virgil., Georg., Il, vers 532 et seq.

* Voy. Uichelet, Hist. rom., I, p. 47.

'' Ibid. Introd. ch. IV et liv. I, chap. II.

DU FAIT DE LA MISÈRE

qu'elle dépouilla ne firent que l’appauvrir de l'appauvrissement de l’univers.

Écoutez le poëte de Mantoue ; au plus haut point do la grandeur et de l’opulence de Rome, il chantait :

« Palès et Apollon ont abandonné l'Italie. Dans ces mêmes sillons où tant de fois, et si heureusement, furent confiées les plus belles semences, il ne vient plus, hélas ! que de l’ivraie, que des avoines stériles ; au lieu de douces violettes et de brillants narcisses, des ronces et des chardons :

Infelix lolium et stériles domioantur avenoe;

Pro molli violA, pro purpureo narcisso,

Carduus et spinis surgit paliurus acutis ‘.

K Le moyen qu’il n’en fût pas ainsi! Après tant de guerres, à une époque de troubles et de bouleversements, de violation des lois divines et humaines : l’agriculture, jadis si révérée, maintenant languit, sans honneur, veuve de ses anciens colons, presque tous ravis par l’émigration ou l’exil; la terre demeure en friche, et les faux des moissonneurs sont converties en glaives homicides : »

Squalent abductis arra colonis.

Et curTœ rigidum falces conflantur ia ensem

Et ce qui était pire pour le pauvre que la pauvreté elle-même, c’était la honte et l’opprobre qui s’attachaient à la pauvreté. « La pauvreté est une lèpre pire mille fois que celle des Juifs, » fait dire l’auteur des JVutls de Rome à l’esclave de Tibulle. « La porte du

• Virgil., Eclog., V.

• Virgil., Georg., I, in fine.

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pauvre est marquée d’un signe funeste, et le passant s’en éloigne en détournant la télé ‘ ! »

Ces témoignages suiïisenl pour prouver que la misère humaine n’est pas née de nos jours, et que celle dont la lèpre nous dévore a son origine dans la misère, bien plus profonde, des temps païens.

Cependant, c’est à l’ère chrétienne et à l’émancipation des esclaves par le christianisme, que plusieurs écrivains font remonter l’origine et lu cause du paupérisme et de la mendicité. <( La preuve , disentils, que l’émancipation des esclaves est la cause première et universelle du paupérisme et de la mendicité, c’est que, durant les périodes primitives, c’est-àdire durant les périodes d’esclavage pur, il n’y avait, il ne pouvait y avoir ni pauvres, ni mendiants, par la raison que chacun , se trouvant nécessairement ou maître ou esclave, s’il se trouvait maître, il possédait une certaine fortune, s’il se trouvait esclave, sou maître pourvoyait naturellement à tous ses besoins. Il est vrai, ajoute-t-on encore, que des pauvres se voient dès la formation des grands peuples ; mais ces pauvres proviennent uniquement des affranchis mercenaires, lesquels, ayant été livrés à eux-mémes avec leur pécule et leur industrie, c’est-à-dire, en termes d’économiste, avec un capital et un crédit peu importants, ont été exposés au risque de dépenser l’un et de perdre l’autre, et d’étre réduits ainsi à l’aumône pour y suppléer*. »

Nous ne nions pas que l’émancipation des esclaves

* J. de Sainl-Felix, Les Nuits de Rome, I, p. 193.

* Voy. Granier de Cassagoac, üist. des classes ouvrières, p. 106, 170 et 37».

DU FAIT DE LA UISÈHE

il’ail été une source féconde de mercenaires, de pauvres, de mendiants. Jlais, d'une part, les airranchissemeuts nombreux ne datent pas que du christianisme', et, d’autre part, cette source de misère n'étnit pas la seule chez les païens. Il faudrait, pour cela, qu’aux temps mêmes de l’esclavage pur il n’y eût eu, dans le monde païen , que deux conditions sociales : l’hérilitc et la servitude. Or, il est constant, il est prouvé qu’entre ces deux conditions principales il y avait une classe intermediaire fort nombreuse, composée de citoyens pauvres ou d’une fortune médiocre, qui n’avaieut point d’esclaves, qui ne pouvaient en avoir, et pour qui leur liberté originelle était précisément une source d’indigence, de gêne, de misère, — cette liberté constituant pour eux une sorte de titre de noblesse qui ne leur permettait pas de déroger, en se livrant aux occupations manuelles exclusivement réservées aux esclaves *.

Quelle misère donc devait régner dans une société sans commerce et sans industrie, dont la guerre et le pillage étaient les seuls éléments de production, et dont les classes moyennes regardaient le travail comme œuvre servile, et l’oisiveté comme l’attribut du citoyen !

C’est surtout chez le peuple romain que ce système anti-économique était en usage. Aussi, que de fois le peuple affamé exhala sa misère en révoltes ouvertes contre le gouvernement, inhabile ou impuissant à le faire vivre! Le Janicule et le Mont Sacré sont là pour prouver que, dans ce pays à esclaves, il y avait, outre

' Voy. ci-après chap. II, § 3, n” 5.

* Voy. ci-après cbap. II, § 3, n° 3.

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les citoyens riches, et en dehors des affranchis, des citoyens pauvre.s, des prolétaires libres, en grand nombre, qui manquaient de pain.

Et quand il serait vrai qu’au temps de l’esclavage pur, et avant l’époque des affrancbissements, il n’y eût que des maîtres et des esclaves, peut-on rai.«onnablement soutenir que, par cela seul, on n’y voyait ni pauvres ni mendiants? Les e.sclaves étaient-ils donc toujours à l’abri de la misère, et trouvaient-ils toujours chez leurs maîtres de quoi satisfaire à tous leurs besoins? Pourquoi donc, alors, ces mesures si sévères contre les esclaves fugitifs ? Pourquoi le soulèvement des ilotes à Sparte ? Pourquoi les sanglantes révoltes d’esclaves à Rome? Pourquoi les ergaslules? Pourquoi Spartacus ' ?

Concluons donc, — et la suite de cet ouvrage n’en sera que l’évidente confirmation, — que le paupérisme, qu’on dit à tort d’origine chrétienne, est bien réellement d’origine païenne. Concluons que le paupérisme païen ne difiere du paupérisme chrétien que comme le père diffère du fils, le germe du fruit, l’efTet de la cause ; — c’est pure affaire d’époques et de dates.

C’est pourquoi le problème de la misère, qu’il s’agissait de résoudre autrefois, se présente encore le même à résoudre aujourd’hui.

* Voy. ci-après cliap. II, S 3, n“ 4.

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