‹ Du pronostic et du traitement curatif de l'épilepsieChapitre 60 sur 80 · SULFATE DE (JUIVUE AMMONIACAL · texte numérisé non relu

SULFATE DE (JUIVUE AMMONIACAL

selles sont restées de consistance naturelle, mais elles étaient ordinairement verdàtres et fétides ; plus tard il y a eu un peu de constipation ; l'appétit est resté bon jusque vers la fin; il a diminué alors, probablement sous l'influence d'un énorme furoncle qui s'est développé sur l'abdomen, et pour lequel le traitement a été suspendu.

Dans la seconde cure, nous avons débuté par 0,006; à cette dose il y a eu d'abord de fréquents vomissements , ayant, lieu tantôt une demi-heure, tantôt une heure après l'ingestion du remède; les selles sont restées naturelles; plus tard il y a eu quelques coliques avec constipation. La tolérance s'est établie ensuite. Au bout de quatre semaines, la dose de chaque jour ayant été portée à 0,012, la tolérance a été parfaite, et elle s'est soutenue à^,025.

Il résulterait de ce fait unique qu'à cinq ans il faudrait ne débuter que par 0,006, n'augmenter que de la même quantité après chaque semaine, et atteindre au maximum 0,025 par jour (demi-grain) ; mais des faits ultérieurs nous ont prouvé qu'on pouvait commencer à une dose plus forte et marcher plus rapidement. Dans l'observation 27, quoique nous n'ayons pas eu des renseignements sur les effets physiologiques, il est probable qu'ils ont dii être peu marqués, puisque précisément la correspondance du père ne les a pas mentionnés ; or, dans ce cas oii l'enfant était âgé de sept ans, nous débutâmes par 0,025 et nous atteignîmes 0,075.

Au-dessus de dix ans, le sulfate de cuivre ammoniacal a été presque constamment donné en pilules , associé à l'extrait de réglisse; dans quatre cas seulement il a été administré en poudre : trois fois avec du sucre , une fois mélangé avec de la poudre de réglisse.

Sur les l/i cures, il n'y en a qu'une seule oui le malade (âgé de dix ans) n'a éprouvé aucun effet physiologique; nous avions

débuté par 0,017, atteint au maximum 0,11, et donné en tout 3,25 en 53 jours. Pendant une semaine le malade avait pris par erreur le sulfate de cuivre pur au lieu du sulfate de cuivre ammoniacal, à la dose maximum que nous venons d'indiquer; cette quantité figure dans le total ci-dessus.

Dans les 13 autres traitements les malaises observés ont tous appartenu, comme pour le zinc, au canal digestif.

Dans un cas , la diminution de l'appétit a été le seul symptôme : c'était un adulte. Chez tous les autres malades, l'appétit a été bon , malgré les malaises que nous allons énumérer.

Dans 3 cas il y a eu épigastralgie, mais temporairement; chez deux de ces malades les douleurs gastriques précédèrent les coliques et la diarrhée.

Les nausées suivies ou non de vomissements ont été l'effet le plus fréquent, nous les avons observées dans 9 cas; elles avaient lieu le plus souvent après la dose du matin à jeun. Dans li cas il y a eu des vomissements, mais très rares et presque toujours seulement au début de la cure. Les matières vomies ont été aqueuses, muqueuses, bilieuses ou alimentaires, suivant le moment du vomissement.

Chez 2 malades qui n'ont eu ni coliques ni diarrhée , ces phénomènes ont été remplacés par des borborygmes.

La diarrhée s'est montrée chez li malades. Le n° 26 a eu une selle liquide par jour pendant quinze jours, au début de sa cure commencée à 0,05. II n'en a plus éprouvé dès lors que très rarement et momentanément , malgré raccroissement de la dose à 0,15. Le n° 17 a éprouvé la môme incommodité, pendant cinq jours, à 0,15, et n'a plus eu de malaises ensuite, quoiqu'on soit allé jusqu'à 0,20. La diarrhée était presque toujours précédée de coliques chez les n"* 17 et 38.

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Enfin, dans un cas, à la dose de 0,15, des furoncles ont paru sur un bras. Nous avions déjà observé cette affection, comme on l'a vu, sur le n" 36. Nous n'avions point perdu de vue ce fait quand nous avons dit que tous les malaises observés par nous dans les cures de cuivre appartenaient à l'appareil digestif j on connaît la liaison des furoncles avec l'état gastrique.

Tous nos malades après le traitement sont restés dans un état de santé générale satisfaisant, quoique nous ayons administré jusqu'à 20 et 30 grammes de sel en six et neuf mois(l).

Le tableau suivant servira à apprécier l'influence des doses initiales sur la production des malaises.

Doses initiales.

Abs. de malaises.

Malaises.

gram. 0,017

dans 2 cas.

dans 3 cas.

Dans les deux derniers cas les malaises se bornèrent chez l'un à de rares nausées ; chez l'autre à de la diarrhée , mais il y était fort sujet.

Ainsi, au-dessus de dix ans on peut facilement commencer la cure par li centigrammes et même 5 (un grain).

Les effets physiologiques n'ont jamais duré ou ne se sont que rarement renouvelés d'une manière fatigante, à la condition de n'augmenter chaque semaine la dose journalière que de 0,05 d'abord, puis 0,10. Les malades qui voient les vomissements ou la diarrhée reparaître dans ces cas, sont presque toujours ceux qui, faisant irrégulièrement la cure, laissent se perdre, par des interruptions, l'habitude de la tolérance.

(1) Depuis la clôture de nos observations, la malade n° C4 a pris, en neuf mois, 68,00 du sel cuivreux. Elle a joui, iiendanl et après le Iraitementi d'une excellente santé générale.

586 TBAITEMliKT.

Dans les cas de notre série nous n'avons pas dépassé 0,15 et 0,20 par jour; mais un de nos malades (obs. 26) a pris plus d'une fois, de lui-même et sans transition, la dose de 0,30. Aujourd'hui, instruit par l'expérience, nous arrivons presque toujours à atteindre 0,60 et nous sommes très rarement obligé de redescendre à 0,45.

Quant aux deux formes, poudres ou pilules, sous lesquelles le cuivre a été administré, la dernière nous a paru préférable. L'extrait de réglisse est un excipient qui offre l'avantage de permettre de donner une assez forte dose sous un petit volume.

La plupart de nos malades ont pris le cuivre avant le repas; nous nous sommes assuré que la tolérance était plus facile en le donnant après, et nous avons adopté dès lors cette règle d'une manière invariable.

En résumé : Le sulfate de cuivre ammoniacal peut être donné pendant plusieurs mois sans occasionner d'autres effets que des malaises passagers, pourvu qu'on ne dépasse pas la dose journalière de 0,60.

On le fait assez promptement tolérer chez les adidtes, en débutant par 0,0Z|. ou 0,05, en trois ou quatre prises, et en augmentant chaque semaine f?e0,05 d'abord, et plus tard de 0,10, pour arriver à la dose maximum de 0,50 à 0,60.

Chez les enfants on obtient en général la tolérance en commençant par 0,010 ou 0,015 suivant l'âge, puis en augmentant, chaque semaine de la même quantité, pour arriver à 0,10 otf 0,12, doses maximum.

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