‹ Du pronostic et du traitement curatif de l'épilepsieChapitre 64 sur 80 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

VALÉRIAINE ET VArÉRIANATE DE ZINC.

La racine de valériane a été administrée à 10 des 55 malades de notre série concluante au point de vue thérapeutique. Elle a été donnée sous trois formes différentes : en poudre, en pilules composées de parties égales de poudre et d'extrait, enfin en infusion plus ou moins chargée.

Un seul épileptique nous a offert passagèrement un effet

physiologique fort léger Le n° 1 7, qui prenait les pilules

coraposées comme nous venons de l'indiquer, eut de la somnolence pendant quelques jours, quand nous le fîmes passer de 0,60 de chacune des deux substances, à 0,90 ; mais ce malaise ne se renouvela pas , quand nous portâmes la dose à 1,20.

Chez tous les autres, la valériane a passé inaperçue. Il est vrai que nous n'avons pas porté la dose journalière au delà de 16 pour le remède administré en poudre, et de 32,00 quand nous l'avons donné en infusion.

Sur les 10 malades. Il seulement l'ont prise avec succès; et il n'y a eu de rechute que dans un seul cas (56). Ce dernier malade, âgé de trois ans et demi, n'avait fait, malgré nous, qu'une cure de trois mois, partagée en deux parties par un intervalle de quinze jours. 11 n'avait pris que 9/i.,00 en poudre.

L'irrégularité des attaques ne nous a pas permis d'apprécier avec exactitude les quantités prises avant et après la suppression des accès; mais la quantité employée dans la première période fut évidemment plus forte que celle prise dans la seconde. La guérison se soutint plus d'un an.

Parmi les malades qui n'ont pas rechuté, il n'y a eu qu'un seul cas (obs. 15) pour lequel nous ayons pu distinguer les quantités données dans les deux périodes de traitement. Ce jeune homme n'a eu en tout qu'un accès incomplet et de rares vertiges.

La quantité totale du remède, extrait et poudre, fut de 30,00 avant la suppression des vertiges , et de 79,00 après: total, 109 grammes, quantité peu différente de celle prise par le n° 56 j mais le n° 15 offrait un pronostic bien plus favorable.

11 semblerait résulter de ces deux faits que la règle de

VALÉRIANK ET VALl'.RIAN ATI-, DR ZINC. 593

traitement complémentaire du zinc s'appliquerait aussi à la valériane.

Les autres malades guéris et n'ayant pas rechuté ^ savaient pris :

Le u° 9, ayant eu 1 attaque et plus de 100 vertiges, 300 à peu près de poudre en 8 semaines environ.

Le n° 48, ayant eu /i.00 (?) attaques, un litre par jour d'une infusion très chargée, pendant 16 semaines.

Les épileptiques chez qui la valériane a échoué en ont pris jusqu'à 750 et 1125 grammes en quatre et sept semaines.

Tous ces faits, sauf les deux premiers, ne nous apprennent rien sur les règles de traitement; nous dirons donc, avec tous nos prédécesseurs, qu'il faut, dans l'épilepsie, donner la valériane de /t à 120 grammes (un gros à quatre onces) par jour. Nous ajouterons toutefois qu'il nous paraît prudent, avant d'y renoncer, de l'administrer pendant trois mois, et de dépasser, dans le traitement de consolidation, la quantité qui aura été employée pour supprimer les accès.

Nous avons prescrit le valérianate de zinc à quatre de nos malades, mais tous placés, il faut le dire, dans des circonstances de pronostic peu favorables ou très défavorables, et chez qui l'épilepsie a résisté à plusieurs autres cures consciencieusement faites.

Ce sel a été donné, une fois en pilules associé à l'extrait de réglisse; dans les trois autres cas, mélangé avec du sucre.

II a passé inaperçu chez le n° 37, même à la dose de 2,00 par jour.

Chez le malade qui prenait le remède en pilules (obs. 32), il y a eu, au début et à la dose journalière de 0,30, quelques vomissements, plus tard seulement des nausées, et enfin tolérance entière. En portant graduellement cette

59/j TRAITEMENT.

dose jusqu'à 0,75, les vomissements se sont quelquefois reproduits le jour du changement des doses, et les nausées leur ont succédé. Arrivé à 0,75, nous avons dû, pour ce dernier motif, redescendre à 0,60 où la tolérance a été parfaite. Nous devons ajouter que ce petit malade est celui qui escamotait les pilules de cuivre j on ne peut donc donner une entière confiance aux détails que nous venons de retracer.

Les deux autres malades n'ont éprouvé que très rarement de légères nausées; et cependant ils prenaient le médicament en poudre. Chez l'un (obs. 3^) !a dose initiale a été de 0,/!.0 et l'on n'a pas dépassé 0,60. Chez l'autre (obs. 38) nous avons débuté par 0,/i5 et nous sommes montés jusqu'à 1,30.

Les quantités totales administrées infructueusement à ces quatre malades ont été :

N" 3Z|. . . . 9,30 en 3 semaines.

— 32. . . . 86,00 — 23 — avec quelques interruptions.

Le valérianate de zinc aurait les mêmes effets physiologiques que l'oxyde. Si ce n'était son prix élevé, on devrait l'administrer aux mêmes doses.

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