‹ Du pronostic et du traitement curatif de l'épilepsieChapitre 69 sur 80 · JUSQUIAME · texte numérisé non relu

JUSQUIAME

Le no 37 prit la poudre de feuilles. Ce malade, âgé alors de onze ans, en employa liOO grammes en trois mois et demi, et la dose initiale de 1,30 par jour, il n'y eut aucun effet physiologique sensible. Mais de 2,00 à 4,00 il se manifesta du trouble dans la vision : l'enfant, pour lire, éloignait son livre ; en écrivant, il n'alignait pas ses lettres et en mettait quelquefois une au-dessus d'une autre. Au quatrième jour de l'usage de 6,00, il y eut, quatre heures après le dîner, et peu de temps après avoir pris une poudre, des nausées, puis des vomissements de matières alimentaires, et ensuite des coliques; le lendemain il survint une selle liquide et les nausées continuèrent, quoiqu'on eût suspendu le remède depuis le premier vomissement. En revenant à 4,00, il n'y eut plus de malaises gastriques, mais de loin en loin quelque trouble de la vue.

Nous prescrivîmes, à la malade n° 38, l'extrait de jusquiame en pilules. Elle en employa 66 grammes en cinq mois, avec trois interruptions d'une semaine environ chacune. A la dose initiale de 0,30 par jour, le remède procura, après chaque pilule, des coliques qui duraient dix à quinze minutes; la malade prenait alors ses pilules une heure avant les repas. En les faisant prendre une heure après,- les coliques revinrent plus rarement et plus légères; elles cessèrent bientôt. A 0,60 il parut une légère vulvite. A 0,75 il y eut tolérance parfaite. A 0,90, dose maximum, survinrent des nausées constantes, des digestions pénibles, des vertiges; nous dûmes redescendre à 0,45; alors les nausées furent rares, les digestions devinrent faciles. Quelques jours après le retour à 0,60, la malade fut affectée de kératite sur un œil atteint de staphylôme de la cornée. A peine l'œil fut-il mieux, que survinrent des coliques et de la diarrhée. Nous dûmes suspendre la jusquiame; les

malaises cessèrent. Quand nous reprîmes le remède à 0,60, après une semaine d'interruption, les pupilles se dilatèrent, la vue se troubla; nous dûmes redescendre encore à 0,45. Après quinze jours de cette dose, nous pûmes sans inconvénient revenir à 0,60, dose terminale.

Ainsi la jusquiame, à des doses un peu élevées, non seulement procure les troubles de la vision que tout le monde connaît, mais amène des nausées, de la dyspepsie, des coliques et de la diarrhée.

Pour la poudre : 1,50 par jour nous paraît une bonne dose initiale, et nous croyons qu'il ne faut pas dépasser 4,00.

Pour l'extrait, il faut débuter par 0,15 et nous ne pensons pas qu'il soit convenable de dépasser 0,60 ou 0,75. C'est là, pour le dire en passant, un des inconvénients des pilules de Meglin, quand on les emploie dans l'épilepsie : le zinc peut et doit quelquefois être porté dans cette maladie à 2,00 et même 2,50; il y aurait, nous le croyons, impossibilité ou imprudence à donner, un peu longtemps, l'extrait de jusquiame à ces doses élevées.

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