PRURIT VULVAIRE CHEZ UNE FEMME ENCEINTE. — PRURIT CHEZ LE MARI
Jeanne M.., 35 ans, vient consulter à l'hôpital Saints! Louis, le 10 octobre, pour du prurit vulvaire. Rien à signaler dans les antécédents. è
Une grossesse normale, il v à 5 ans ; ne se souvient pas. avoir eu du prurit à ce moment. Ce RARES Pas. de pertes blanches avant la avessesse.
Actuellement enceinte de 4 muis et demi environ. Depuis une dizaine de jours, la malade a ressenti, au ni-
veau de l’orifice vulvaire d'ebord, puis se propageant sur la face interne des petites lèvres, des démangeaisons survenant par crises, environ 2 ou 3 par jour, sans aucune régularité dans leur apparition ; elles ne réveillent jamais la malade la nuit. .
Localement, on ne trouve rien de plus que la rougeur violacée et un certain degré de tuméfaction avec varicosités comme cela est normal dans ia grossesse.
Depuis un mois, pertes &bondauites blanc jaunâtre, crémeuses épaisses ; jamais de douleurs à la miction.
‘Le mari se plaint de ressentir lui aussi, depuis quelques
" À z Ë à =. . , jours, des démangeaisons du gland qui surviendraient
après les rapports sexuels. À l'examen, on trouve sur le gland de petites aires rouge vif desquamées ou en desquamation, de la grosseur d’un grain de millet, qui paraissent être le reliquat de vésicules, mais en aucun point on ne trouve de vésicules. Ces lésions évoluent en quel-
ques jours, se guérissent jpar simple lavage à l'eau
bouillie pour reparaître de nouveau après un rapport
sexuel. Bi Pas de sucre*, pas d’alburnine dans les urines. Traitement : Matin et soir, injections tièdes de 2 nee d’eau additionnée -de ftanain.
Pendant un mois et demi, la malade essaie successivement les injections de {annin, d'eau néolée (addition d’une cuillerée à soupe de néol pour un litre d’eau bouillie), de bicarbonate de soude (1 cuillerée à soupe par litre d’eau bouillie), de permanganate à 1 pour 2000, de nisanicline. Chaque fois qu'elle change de médication, elle obtient un soulagement de quelques jours, puis les crises de prurit reprennent, mais avec moins d'intensité. Au début, elles ne‘reprennent leur intensité première que si la malade cesse toute injection pendant quelques jours. ; , Les urines examinées deux fois par semaine n’ont jamais présenté ni sucre ni albumine.
pe
On ne trouve chez elle aucune affection de la peau, par
aile, et elle n’en a jamais présenté.
Février. — La malade, enceint: de 8. mois. ‘4 en parce que, depuis quelques jours, les crises de prurit ont reparu plus intenses et persistent malgré ss injections répétées, les lavages avec des solutions antiprurigineuses.
Pour la première fois on trouve des lésions de grattage
sur la vulve, excoriations sur les grandes lèvres, rougeur intense des petites lèvres, tuméfaction notable de toute la région. De plus, au niveau des plis génito-inguinaux et sur 2 à 3 millimètres au niveau de la partie adjacente de la face externe des grandes lèvres, on trouve des saillies papillomateuses formant des grains rosés peu élevés mais confluant en une nappe de plusieurs centimètres d’étendue, végétations peu élevées avec épithélium macéré. Aueune végétation sur le reste des organes génitaux. Les per-
.tes sont plus épaisses, sorte de crème jaunâtre. Examinées, «elles ne contiennent pas de gonocoques.
-Le mari ne présente aucune lésion, il n’a plus eu de rapports sexuels avec sa femme depuis plus d'un mois.
Traitement. — Lavages au permanganate 5e potasse, puis poudre de talc:.
Avril, — La malade revient À semaines près son accouchement ; elle est complètement guérie. Les végétations sont tombées d'elles-mêmes « comme de la peau morte », dit la malade. Elle n’a plus eu aucune démangeaison et localement on ne trouve qu’une teinte brunâtre de la peau.
En résumé, prurit vulvaire imtense chez une Has enceinte, causé surtout par l'irritation des pertes continuelles, terrain ne présentant pas de prédisposition marquée ni tare nerveuse-avant la grossesse. Amélioration facile et guérison immédiate ayec la cessation de la cause.
== 103 OBSERVATION IX (personnelle)
PRURIT CHEZ UNE ARTHRITIQUE AVEC MÉTRITE CHRONIQUE: ET INSUFFISANCE OVARIENNE., — PRURIT CHEZ LE MARI
Elise S..., 42 ans, ménagère, vient consulter à l'hôpital. Saint-Louis, le 12 février 1913, pour prurit vulvaire da- . tant de 20 ans, mais n'ayant augmenté que depuis trois. mois. PPS ES
Mariée à 20 ans, a eu deux enfants. Grossesses ét accouchements normaux. Réglée à 15 ans, règles irrégulières, toutes les 5 à 6 semaines, peu abondantes durant environ 3 jours. à z
Depuis longtemps, peut-être une dizaine d'années, pertes blanches tachant le linge. Soignée il y a 5 ans pour métrite ; pendant 4 à 5 mois, elle a pris ‘des injectionsau permanganate de potasse et un médecin faisait, deux fois par semaine, un pansement vaginal avec tampon médicamenteux. +
Le début des démangeaisons remonte à une vingtaine d'années, au moment de la première grossesse ; assez fortes, surtout les trois derniers mois, elles cessent après l'accouchement, apparaissent ensuite au moment des rè-
gles seulement ; puis à la 2° grossesse, à 26 ans, où elles.
sont peut-être moins fortes que la, première fois, mais la malade ne peut pas très bien préciser. La malade ne sait plus si après l'accouchement elle a été quelque temps sans démangeaisons ; en tous cas elles auraient peu cessé ; pourtant elles ne devaient, pas être très intenses, car lorsque la malade a été soignée pour sa métrite, elle n’en a pas parlé à son médecin.
Depuis environ 3 mois, le prurit a brusquement augmenté sans cause apparente.