ROUES
de faire des instantanés : un éclair est produit à l’aide d’un peu de poudre de magnésium ; l'éclat en est si intense que les personnes qui devaient être l’objet de l'épreuve, clignent aussitôt des paupières, ne pouvant soutenir une lumière aussi vive. On développe le cliché, et que voit-on ? Tous les sujets qui avaient dù si vivement fermer les paupières à l'éclat de la lumière, étaient photographiés les yeux grands ouverts ! La lumière avait donc impressionné le bromure avant d’avoir mis en action les réflexes des spectateurs.
Ces mouvements sont soumis à l'influence de deux muscles : l’orbiculaire et le releveur de la paupière supérieure. Au premier est due l’occlusion. Le second agissant comme antagoniste tient une place importante dans l'étude qui fait le sujet de ce travail.
La paupière supérieure recouvre à elle seule les trois quarts du globe oculaire au moment des contractions de l’orbiculaire : c’est à elle qu'est dévolu le principal rôle dans le clignement. Mais la paupière inférieure y concourt aussi, soit par constriction de l’orbiculaire dans l’occlusion, soit comme l’a démontré Richet, par la contraction du droit inférieur qui envoie à cette dernière un prolongement membraniforme ; sous l'action de ce muscle, la paupière inférieure s’abaisse. |
L'occlusion est-elle toujours due à l’action de l’orbiculaire, ou plutôt à sa contraction ? Non, du moins en ce qui concerne l’occlusion permanente dans le sommeil. Ici il faut invoquer la tonicité musculaire (Sappey, Béclard). Pendant le sommeil en effet, la tonicité de l’orbiculaire l'emporte sur la tonicité du releveur, de sorte que l’équilibre du repos des muscles penche en faveur du premier
SE GR Le
(Béclard). M. Sappey explique ainsi l’action prépondérante de l’orbiculaire: Quand deux museles sont antagonistes, le plus volumineux à une tonicité supérieure en vertu de laquelle il attire de son côté l'organe qui leur fournit une surface commune d'insertion. Les mouvements imprimés à cet organe ont pour limite l'équilibre qui s'établit entre les deux forces opposées. Pendant la veille, l’orifice palpébral est ouvert parce que son muscle dilatateur se contracte, mais au moment où le sommeil commence, les deux muscles antagonistes tombent sous l'influence de leurs forces toniques respectives et la tonicité du sphincter étant supérieure à celle du dilatateur, les paupières se rapprochent. Donc, l’orifice palpébral se ferme pendant le sommeil, non parce que le sphincter se contracte, mais
parce que le dilatateur cesse de se contracter (Sappey, Anatomie descriptive). :
M. Panas (voy. Dictionn. de médecine et de chirurgie pratiques et Terpaudros : thèse 1886) pense que la contraction volontaire de l’orbiculaire, à l’état de veille, amenant une fatigue de ce muscle, le releveur agissant par sa tonicité au moment où le sphincter, fatigué, cesse de se contracter, entraînerait en haut la paupière supérieure. Cette tonicité du releveur l’emporterait alors sur celle de l'orbiculaire pour cette raison que le muscle élévateur n'ayant point participé à la contraction et par conséquent à la fatigue, sa tonicité devient prépondérante tandis que celle de son antagoniste décroit.
C’est, comme nous l'avons dit dans le chapitre précédent, le nerf facial (septième paire) qui anime le muscle orbiculaire et qui tient sous sa dépendance le mouvement
le d’occlusion. Le mouvement d'ouverture est au contraire sous l’influence du nerf moteur oculaire commun (troisième paire), qui anime le muscle élévateur de la paupière supérieure.
Nous avons dit aussi que les paupières renferment dans leur épaisseur des cartilages (cartilages tarses). Ces cartilages conservent la forme des paupières et s’opposent à leur renversement dans les mouvements qu’elles exécutent. Enfin ils appliquent uniformément les paupières à la surface du globe oculaire et étalent ainsi le liquide protecteur (larmes) avec régularité, dans les mouvements de clignement (Béclard).
Les cils qui garnissent le bord libre des paupières protègent l’œil contre la lumière trop vive et surtout contre les poussières. Enfin, les glandes de Meibomius enduisent les bords libres et les cils d’un vernis gras, analogue à la matière sébacée, qui retient les larmes sur le globe oculaire.
Dans ce chapitre nous nous sommes étendu particulièrement sur l’action des muscles constricteur et élévateur. Nous ne pouvons omettre de signaler un autre rôle important lenu par l’orbiculaire : en se contractant, ce muscle comprime le globe oculaire, chasse le sang accumulé dans cet organe, et concourt ainsi à régulariser la circulation oculaire. |
En résumé, les mouvements des paupières permettent à l'œil de se reposer de l’action incessante de la lumière. Ils mettent notre organe à l'abri du contact des corps extérieurs et le défendent contre l'introduction des corps étran-
From gers d’un petit volume. Ils étendent à la surface du globe -oculaire une humeur lubréfiante (larmes) et dirigent cette humeur vers le grand angle de l’œil, où se trouve le sac lacrymal, enfin ils concourent à régulariser la circulation
oculaire.